Cet accord d’Alger cause des remous entre Pouvoir et citoyens maliens Ce Pouvoir paniqué emprisonne ces fous du drapeau malien

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De gauche à droite : Oumar Touré, Mantala Camara, Ibrahima Kébé, Check Odi N. Tangara dit Tafari, Lacine Diawara, Yamadou Keita, Abdoulaye Mahamane Touré, Mamadou Souwaré(Le guinéen), Bakary Diabaté(Le chauffeur) et Moussa Mallé Sissoko(Journaliste).
De gauche à droite : Oumar Touré, Mantala Camara, Ibrahima Kébé, Check Odi N. Tangara dit Tafari, Lacine Diawara, Yamadou Keita, Abdoulaye Mahamane Touré, Mamadou Souwaré(Le guinéen), Bakary Diabaté(Le chauffeur) et Moussa Mallé Sissoko(Journaliste).

Utiles discussions informelles entre manifestants pacifiques séquestrés

– Un premier intervenant : Hé camarades ! nous sommes chanceux de retrouver notre drapeau national sans aucune déchirure. Alors, étendons devant nous ce drapeau, symbole de notre unité, qui a heureusement échappé aux saccages de nos oppresseurs. Maintenant, comment commencer la narration de notre odyssée horrible…

– Deuxième : Attention camarades, évitons d’utiliser des mots ou phrases difficiles pour que notre message soit bien compris. Nous n’avons pas besoin d’user de gros mots ou de belles phrases comme d’autres le font mais plutôt d’actions concrètes pour faire avancer ce pays. Que signifie le mot odyssée ?

– Premier : Cela veut dire seulement un récit d’aventures plein d’imprévus. N’oublions pas que nous sommes dans un pays où on impressionne des gens par des gros mots ou grands diplômes occidentaux. Ici le beau parleur est plus écouté, plus crédible que bon faiseur. Même les dirigeants fous ont compris cela.

– Troisième : Cessons ces discussions peu importantes. Tout le monde sait que ce sont des fous d’en haut qui aiment bien parler et promettre pour tromper des citoyens et se faire élire en utilisant des mots sensibles comme, honneur, bonheur et dignité. Par contre, nous, qui sommes considérés comme des fous d’en bas, préférons agir pour faciliter le vrai et utile changement. C’est pourquoi, nos meeting et sit-in sur le boulevard de l’Indépendance et sous le Monument de l’Indépendance, dérange tous ceux qui, par incompétence ou ignorance approuvent la division de fait du Mali dans l’Accord d’Alger paraphé le dimanche 1er mars 2015.

– Quatrième : Faisons d’abord un petit rappel historique concernant les bizarres liens entre les fous d’en haut et les fous d’en bas. Pendant la période de transition suivant la chute du régime du général Moussa Traoré en mars 1991, Amadou Toumani Touré dit ATT qui dirigeait la transition n’a pas hésité de lancer cette phrase surprenante au peuple maliens : «  Seules les fous et les idiots chercheront à devenir président de la république du Mali » Il était fâché parce qu’il fut traité de « pouvoiriste » qui ne voulait pas vite organiser les élections ayant permis au président Alpha oumar Konaré d’avoir le pouvoir. Dix ans plus tard en juin 2002, le même ATT, piqué par la mouche de la folie du pouvoir, s’est présenté pour être président de la république. Il a été élu. Victime de coup d’état en mars 2012, ATT a quitté le Mali pour se réfugier au Sénégal. Il parait qu’il y parle très bien la langue Ouolof maintenant.

En plein campagne des élections présidentielles en 2013, Ibrahim Boubacar Keita qui était un « canbidat » bon parleur avait laissé entendre avec tout son sérieux :

« Fanga ko fa tè n’na. Mali ko fa dé bè n’na. Je n’ai pas la folie du pouvoir mais je suis fou du Mali ». Il se justifiait ainsi pour contredire ses adversaires qui mentionnaient : « IBK, cet ancien premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, n’est qu’un bourgeois dictateur qui, sans programme de société, ne cherche le pouvoir que pour le pouvoir.» A l’époque rares étaient les maliens qui considéraient de tel propos d’adversaires politiques.

– Cinquième : Nous étions parmi les rares citoyens qui n’ont pas douté d’une telle déclaration contre lui. La bonne preuve, il vient de nous inscrire sur sa liste dictatoriale. Nous voulons qu’il nous dise courageusement, entre lui président et son ministre de la Sécurité, Sada Samaké, qui a initié notre arrestation et séquestration inhumaines. Car, selon des sources concordantes, le directeur nationale ou régional de la police et le commissaire du 1er arrondissement n’ont été que des exécutants.

– Sixième : Nous, nous sommes parmi les gens qui ont voté pour lui, IBK, mais avec un grand regret aujourd’hui. Au lieu de passer notre temps à parler de cela, choisissons quelqu’un qui expliquera bien le comment et la raison de notre arrestation et détention lors de la conférence qui commencera bientôt à la Maison de la Presse.

Conférence de presse d’explication du pourquoi et comment de leur séquestration

– Septième : Nous ne saurions vous parler de ce qui nous est arrivé hier vendredi 27 et ce samedi 28 février sans faire une mise en contexte sur l’évolution de la situation depuis fin janvier.

Les 26 et 27 janvier dernier, la répression meurtrière d’une manifestation pacifique des jeunes de Gao par les militaires de la Minusma, a été la goutte de violence qui a fait déborder le vase de patience des populations maliennes. Surtout qu’une telle violence a été commise par cette structure onusienne qui devrait protéger les civiles contre les agressions des bandits armés dans le nord du Mali. Un comportement de trahison inacceptable et insupportable. Dans ce contexte révoltant, plusieurs associations de la société civile et des leaders d’opinion se sont concertés, le mercredi 28 janvier, pour une réunion urgente le lendemain.

Ainsi, le jeudi 29 janvier 2015 à 16h00, au Carrefour des jeunes, près de cinquante  responsables de collectifs, d’associations et des leaders d’opinion de la société civile malienne se sont rencontrés.

A l’issue de leur réunion de crise, ils ont décidé de tenir un meeting patriotique le lendemain vendredi 30 à la Bourse du travail. Dans la Déclaration commune lue lors de cet évènement, les organisateurs ont, entre autres : Réaffirmé leur soutien à la population de Gao ; Condamné la répression des forces de la Minusma ; exigé des enquêtes sérieuses sur ce crime et le rappel du contingent impliqué.

La deuxième réunion tenue le mardi 10 février au même lieu a regroupé plus d’une centaine de responsables de la société civile autour des questions de la violence au nord et du pré-accord en discussion à Alger entre les représentants des groupes armés et du Mali entier. Il a été exigé par une large majorité de soutenir les populations du nord et de rejeter ce pré-accord destructeur du Mali. Comme moyen, il a été décidé de faire, à partir du vendredi 13 février, un sit-in autour du monument de l’indépendance, tous les vendredis soir de 15h30 à 19h00.

Ce premier vendredi 13 de sit-in a été sécurisé par les agents de la police du commissariat du 1er arrondissement. Après quelques discussions, ceux-ci nous ont dit de terminer la manifestation plutôt que prévu sous prétexte que le monument est proche du chemin qu’emprunte le cortège présidentiel pour aller à Sébénicoro. Ainsi, au lieu de 19h00 prévus, nous avons terminé à 17h30.

Le vendredi suivant, 20 février, nous avons tenu le sit-in sur l’esplanade de la Bourse du Travail non loin du Monument de l’Indépendance en réduisant le temps de 15h30 à 18h00 au lieu de 19h00. Les policiers venus pour sécuriser cet sit-in nous ont demandé d’entrer dans la Bourse du travail en soutenant que l’esplanade se trouve à l’intérieur mais pas à la devanture qui, selon eux, s’appelle : Tribune du boulevard de l’indépendance. Suite aux discussions, nous avons interrompu le sit-in un peu avant l’heure prévue.

Afin d’éviter toute confusion dans les appellations, nous avons choisi de revenir au Monument de l’Indépendance en maintenant la réduction du temps comme cette lettre adressée à la Mairie le précise :

Monsieur le Maire  de la Commune III – BAMAKO

Objet : Lettre d’Information.

Monsieur le Maire,

Conformément à la constitution Malienne, nous avons l’honneur de vous informer que les Organisations : MALI TE TILA, MALI KA WELE KAN, BIPREM-FASOKO, LES RESSORTISSANTS DU NORD, UNION NATIONALE, NJA, RJPPM, ALLO KLEDU, MERITOCRATIE, FENACOF, PJD, Le CNJ, Allô KLEDU, AJDS Mali, CLAAK, AJDS-APEJ, PGD, AMNITY Mali, GP/DCF, AJDB, ……..

Organisent un sit-in  pacifique le Vendredi 27 Février 2015 de 15h 30 à 18 h 00 au Monument de l’Indépendance du Mali de Bamako.

Nous vous saurons gré de prendre les dispositions nécessaires pour la bonne tenue de l’activité.

Nous vous prions d’agréer Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments patriotiques.

 

Pour les Organisations P/O

 

Seinabou TRAORE                Mamadou Lamine DIARRA             Ibrahima KEBE

66 71 48 50                               66 12 54 53                                 66 83 25 30

 

Cette lettre d’information, déposée et qui a été déchargée par la Mairie, n’a jamais fait l’objet d’annulation avant le début de l’évènement d’hier vendredi 27. C’est après le commencement du sit-in, vers 16h00 qu’un camarade organisateur de la manifestation, présent sur le site, Baba Diakité, nous informe qu’il a reçu un appel du commissaire du 1er  arrondissement. Ce dernier lui aurait précisé qu’il est en possession d’une lettre d’annulation de notre Sit-in. Baba Diakité et deux autres personnes sont allés chercher ladite lettre. Kébé et moi, nous avons décidé de rester pour accueillir les manifestants. Vers 16h30, ils sont revenus avec une copie de la lettre datée du 26 mars. Immédiatement, son contenu a été lu au micro :

 

MINISTERE DE L’ADMISTRATION                          REPUBLIQUE DU MALI

TERRITORIALE                                       UN PEUPLE UN BUT UNE FOI

ET DE LA DECENTRATION                          ——————————————–

——————————————-

GOUVERNORAT DU DISTRICT                       Bamako, le 26 février 2015

DE BAMAKO

—————————————–

MAIRIE DE LA COMMUNE III

039 – 2015

                                                     LE MAIRE DE LA COMMUNE III DU DISTRICT DE

BAMAKO

A

MESSIEURS LES RESPONSABLE DES ORGANISATIONS

DE LA SOCIETE CIVILE – BAMAKO.

Suite à votre lettre d’information relative à la tenue d’un Sit-in ce jour vendredi 27 février 2015 au Monument de l’Indépendance, je suis au regret de vous faire part de mon interdiction en ce lieu précis pour des risques de troubles à l’ordre public.

En effet, le Monument de l’Indépendance constitue un rond point très important pour la circulation au centre ville et votre manifestation est très susceptible d’y entraver cette circulation ; de même que tout débordement prévisible en de telles circonstances pourrait causer des dommages à l’édifice.

Aussi, l’esplanade de la Bourse du travail est un endroit indiqué pour un Sit-in

Trouvez ici, Messieurs, l’expression de mes salutations distinguées.

Le Maire

 

Abdel Kader SIDIBE

Chevalier de l’Ordre National

Ampliations :

Gouvernorat du District de BKO…….1

Commissariat de Police du 1er Arrdt…1

Chrono et archives…………………….2

Non seulement, les organisateurs ne sont pas dans la liste des ampliations mais aussi aucun employé de la Mairie ni du commissariat n’a daigné adresser le moindre appel téléphonique à un des signataires de notre lettre pour signifier l’annulation de notre manifestation qui est un droit constitutionnel. Des responsables d’associations et journalistes ont voulu avoir leurs copies de cette lettre d’annulation. Baba a quitté le site pour aller faire des photocopies.

Avant son retour, je me suis fait accompagner par Kébé pour demander à un agent de police chargé du contrôle de la circulation d’arrêter momentanément les véhicules d’une voie( sur 4 voies) permettant au manifestants de sortir sans incidents. L’Agent de police a exigé qu’on lui montre une copie de la lettre d’annulation qui se trouvait avec Baba pour faire des photocopie. Donc, il fallait nécessairement attendre le retour de Baba ? Dans cette attente, vers 17h10, le commissaire de police, Ousmane Diallo et plusieurs policiers armés de fusils et de grenades lacrymogènes, portant des casques et gilets pare-balles, transportés par deux grands camions et véhicules ordinaires, ont fait irruption dans le Monument. Ils ont arrêté et frappé des manifestants pacifiques dont un qui a été gravement blessé au pied dans sa tentative de se sauver hâtivement. Nous demandons à ce jeune homme de prendre contact avec un des organisateurs ou le journal Option pour que nous puissions l’aider à se soigner.

N’ayant pas été arrêté, j’ai suivi les policiers qui tenaient Kébé par ses bras et son collet, en les suppliant de le relâcher. Devant leur refus catégorique, j’ai pris moi-même place dans leur véhicule à côté de Kébé. Nous avons tous été dépossédés de nos téléphones sur instructions du commissaire avant que nous n’arrivions au commissariat. Nous étions dix personnes détenues dont trois, un journaliste en reportage, un jeune chauffeur qui était venu prendre son patron et un guinéen qu,i assis dans sa voiture, achetait un chargeur de téléphone avant de partir en Guinée. Nous avons en vain demandé de les relâcher. Sans nous permettre au moins d’informer un parent ou un avocat de notre arrestation, ils ont vidé toutes nos poches, enlevé nos chaussures et chaussettes pour nous mettre les pieds nus comme des malfrats dans une cellule où se trouvaient cinq personnes.

Appelée par euphémisme, Garde à vue, notre cellule de d’incarcération n’a rien n’à envier d’une véritable prison. D’une dimension d’environ 6 mètres sur 4 et ayant ni chaises ni matelas. Dans son coin droit un semblant de toilette d’à peu près un mètre 30 carré est muni d’une porte sans battants. Dans cette toilette de fortune, au milieu d’une eau puante stagnante, est posé un seau( récipient cylindrique destiné au transport des liquides) dans lequel les incarcérés doivent uriner et déféquer( faire caca). Ce récipient ne doit être vidé dehors qu’une fois par 24h00.

Le samedi matin, dans les environs de 10h00, j’ai vu bouger près de mes pieds nus deux vers de terre de couleur blanchâtre. C’est Abdoulaye Mahamane qui a pris un balai mouillé pour les tués. Dans de telle odeur nauséabonde ambiante, nous avons tout simplement refusé de manger des nourritures apportées par nos parents pour éviter d’avoir envie d’aller aux toilettes. Heureusement que nous n’y avons passé que 24 heures du vendredi 27 à 17h au Samedi 28 à 17h grâce aux nombreuses pressions de plusieurs personnes honnêtes et engagées que nous remercions ici infiniment.

Convoqués le lundi 02 mars à 08h au commissariat, le commissaire nous a informé que nos dossiers ont été envoyé au tribunal qui se charge de nous convoquer ultérieurement.

La révolution du 26 mars 1991 a-t-il été utile aux maliens ? Aidez-nous à comprendre de tels abus de pouvoir d’un régime pourtant civil piloté par celui qui a été « plébiscité » par les maliens : IBK.

Lacine Diawara, Option

 

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1 commentaire

  1. FOUTAISESSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

    LES POPULATIONS DE KIDAL N’ONT JAMAIS ETE CONTRE LE MALI.
    ELLES SONT SOUS L ‘EMPRISE DE LA MENACE DES ARMES ET CERTAINS ESPIONS DU GROUUSCULE CRIMINEL QUI S’Y ATTELENT A MONTRER CEUX QUI OSENT…………………SE MONTRER CONTRE LEUR CHIMERE……VOILA POURQUOI IL FAUT RAPIDEMENT LIBERER LES BRAVES POPULATIONS DE KIDAL………..

    IL EST MALHEUREUX QUE CERTAINS JOURNALISTES CONTINUENET A DEFORMER DES SITUATIONS REELLES………………… 💡
    💡

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