Crise au Nord-Mali : L’Algérie disculpe provisoirement la Libye

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Décidément, la crise du 23 mai à Kidal ne finit pas de maintenir le suspens. Chaque jour qui passe, lève indéniablement un coin du voile sur les véritables commanditaires, leurs réelles et sincères motivations.

Après l’éclatement de la crise, le guide de la révolution libyenne, Mouammar Kadhafi, avait maintes fois été désigné, à tort ou à raison, comme l’instigateur de cette insurrection. Cette accusation gratuite avait en son temps embarrassé le guide de la révolution libyenne. Au point que son directeur de cabinet, Bachir Salah, y avait dépêché à tripoli des journalistes maliens pour édifier sur la position de son pays au Nord-Mali. Cela, en vue de plaider la cause de son pays et blanchir par la même occasion l’insaisissable Kadhafi qui, auparavant ne se faisait pas prier pour être au cœur d’une telle levée de boucliers

«Comment pouvez-vous imaginer que la Libye pouvait être derrière les attaques du 23 mai au Mali. La Libye n’a pas intérêt à mettre le feu au Mali, malgré tout ce que nous faisons comme investissements pour vous. La Libye est un pays qui a les moyens financiers. Nous voulons aider le Mali qui dispose des ressources pour les travailler…», avait dit en substance le directeur de cabinet Bachir Salah.

Malgré ses explications, beaucoup de Maliens s’étaient accrochés à l’idée que Kadhafi est le financier de la rébellion et son consulat à Kidal en constituait leur base. La suite vous la connaissez.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Les récentes évolutions de la crise dévoilent que l’Algérie du président Bouteflica est bel et bien derrière les insurgés du 23 mai. En plus, l’attitude de l’Algérie vis-à-vis de l’Etat malien s’apparente aux yeux de beaucoup de Maliens à de l’hypocrisie

Après s’être employé à mettre le feu au Mali, on joue aux sapeurs-pompiers. Si non comment comprendre la promptitude avec laquelle l’Etat algérien a fait montre, en influençant la décision des insurgés d’avoir comme médiateur l’Algérie. L’état malien de son côté a manqué de flair en se précipitant entre les mains d’un Etat qui ne lui veut pas du bien.

La dotation de l’alliance du Nord, par l’Algérie en véhicules et armes de guerre est plus ou moins la matérialisation et la concrétisation de la capacité de nuisance du voisin algérien.

Iyad et Fagaga ont tronqué leur kaki régionaliste, pour le dinar algérien, au détriment de la population de Kidal à qui ils avaient promis des lendemains merveilleux. 

Alassane DIARRA


Le Mali en passe de perdre le Nord

Sans exagérer, le gouvernement ne contrôle plus le nord du Mali. L’immense Sahara est en proie à une série d’accrochages entre bandes armées de part et d’autres de la frontière Mali-Algerie. Les salafistes algériens refugé dans le Nord-Mali depuis la prise en otage des touristes allemand en 2005 assistent aujourd’hui à un véritable retournement de situation. Leurs alliés d’hier, Iyad et sa clique, ont changé de camp.

Nourris et hébergés par l’Etat algérien, la bande à Iyad, à la demande de ce pays, livre désormais une bataille sans merci aux salafistes. Depuis quinze jours, les combats ont gagnés en intensité. Avec des victimes de part et d’autres. La situation s’apparente à un véritable no man’s land. Les bandes armées dictent leur loi et font chanter dans la foulée l’Etat malien.

Où est donc passée l’armée malienne ?

A. DIARRA

 

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