Crise au Nord Mali vue par l’étranger : ATT payé en monnaie de singe

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Le constat est alarmant. Depuis les attaques de la semaine dernières dans des localités du Nord-Mali et la prise d’un camp militaire, les rebelles touaregs ont réussi à semer la terreur dans la région. Comme il fallait s’y attendre, ce sont désormais des milliers de civils qui, fuyant les combats entre l’armée régulière et les combattants de l’Azawad, cherchent refuge, qui en Mauritanie, qui en Algérie ou aux confins du Niger.

Un exode qui a de quoi alarmer les humanitaires, à la grande satisfaction des rebelles du MNLA qui, plus que jamais, entendent bien «libérer» leur territoire ancestral de l’occupation illégitime qu’à leurs yeux lui font subir l’Etat malien et ses suppôts.

Un revers particulièrement douloureux pour le président Amadou Toumani Touré qui, à la fin de son ultime mandat, doit faire face à l’un de ses pires cauchemars, la résurgence du spectre de la sédition dans des contrées qui en ont vu bien d’autres : on se souviendra longtemps des heurts sanglants qui, dans les années 90, avaient opposé les militaires maliens aux seigneurs du désert.

Mais les choses semblaient être rentrées dans l’ordre, notamment après le dernier accord en date, signé en 2009. La paix apparemment revenue, il ne restait plus à l’Etat malien qu’à arroser copieusement ces vastes contrées désertiques d’un vaste éventail de projets de développement.

L’un des fleurons de cet arsenal n’était autre que le Programme spécial pour la paix, la sécurité et le développement du Nord-Mali. Financé par une longue liste de bailleurs de fonds et pas des moindres, il reposait sur ce qu’ATT appelle lui-même «le binôme sécurité développement». Destinée à offrir aux hommes bleus une place au sein de la nation, cette initiative présidentielle partait du principe que seul le développement constitue une réponse à l’insécurité chronique et au terrorisme.

Mais voilà qu’à peine empaqueté, le somptueux présent fait les frais d’un nouvel accès de fièvre sécessionniste. Foulée aux pieds à travers les attaques répétées de ces derniers jours, la belle initiative du président malien, à peine mise en œuvre, se retrouve désormais dans une impasse tandis que son auteur est payé en monnaie de singe.

L’Observateur Paalga

 

 


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