Crise malienne : « Kidal a un statut spécifique», dixit Alkaidi Mamoudou Touré

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Alkaidi Mamoudou Touré
Alkaidi Mamoudou Touré

Dans une interview  qu’il a accordée à La Révélation, cette semaine, le député élu de Diré sous le couvert de l’URD, non moins membre de la haute cour de justice, ne mâche pas ses mots. Il répond à nos questions sans détour et s’insurge contre ce qu’il prend comme responsables du blocage actuel du pays. Il propose et s’explique dans ses opinions.

 

 Pour cet opposant qui croit que la dernière invitation que le Président IBK leur a faite est un bon signe pour une réelle union nationale, « l’opposition se sent très bien. Et comme le statut à eux promis tarde à venir,  à ce point la majorité traine le pied, ajoute-il.» A l’entendre, ce statut permet à l’opposition de savoir son vrai rôle, ses prérogatives et ses limites.

« Puisqu’aujourd’hui, il suffit que l’opposition dise ‘’oui’’ à un petit projet de la majorité pour qu’on les taxe d’être vendue.»

Sur l’achat du nouvel avion présidentiel, « je ne peux pas comprendre que dans un Etat sérieux, on puisse attendre qu’en plus des journaux et des radios, des élus nous interpellent jusqu’à l’hémicycle, pour informer l’opinion nationale de ce qui la concerne.  En clair, c’est de l’eau versée, car ce gouvernement aurait pu informer l’opinion nationale et internationale, la nécessité et les conditions d’achat de cet avion avant l’assemblée qui, elle, n’est au courant d’aucune loi des finances de l’année en cours, prévoyant une telle dépense.»

Sur les derniers événements de Kidal, l’honorable ne reste pas indifférent, il pense que la responsabilité quant aux pertes enregistrées à Kidal n’incombe qu’en la responsabilité du Premier Ministre qui, à l’assemblée leur avait tout simplement montré sa détermination d’y aller quoiqu’il advienne. Alors que dès la fin de la présentation de la politique générale, « nous lui avions demandé à quand était prévu son départ ? Mais, il nous avait fait savoir sa ferme décision de responsable qui y sera par ce que Kidal c’est le Mali. Alors que nous savions que Kidal a un statut spécifique, sinon Serval n’allait pas abandonner le PM et sa délégation à Gao.»

Pour apposer son inquiétude sur Kidal « Vous savez, tout ce temps, on nous cache des choses sur Kidal. Puis il s’insurge en posant la question à comprendre ce qui se passe pour qu’un Président de la sous-région puisse aller sans problème à Kidal, alors que notre Président ne peut le faire. Pourquoi ? Je me demande ce qu’on nous cache ? »

Pour celui qui soutient mordicus que le dialogue est la meilleure des issues pour la paix, il fau vite repartir à la table des négociations tel que l’a stipulé l’accord préliminaire de Ouagadougou.

Hormis l’unité nationale du Mali qui est non négociable, que négocier ? A cette question l’honorable fulmine vite par ces mots : «  Sachez qu’on ne doit pas encore refaire les mêmes erreurs. On a vu dans notre armée, par injustice, des colonels réinsérés au nom de la paix, qui ne savent même pas ce que signifie leur grade. Alors, il est prouvé qu’on ne peut réparer l’injustice par l’injustice encore pendant que des hommes capables pavanent avec leurs diplômes sans obtenir quelque chose à exercer. C’est de l’injustice.

Je demande alors qui a donné l’ordre d’arrêter les combats ? Qui a demandé le cessez-le-feu ? Vous verrez de vous-mêmes celui qui a donné l’ordre. Oh, mais c’est grave tant que l’Etat ne sait pas où va l’armée, car on se demande où est la sécurité ?

« Qu’il soit forcé ou volontaire, c’est un acte de courage, salue-t-il la démission du Ministre de la défense Soumeylou Boubeye Maïga. Car, un responsable, si vous réalisez avoir failli ou que des hommes sous vos ordres ont failli, vous devez tout simplement vous assumer et démissionner.»

Contrairement à ce qui croit qu’elle était juste mise en place pour juger l’ancien Président ATT, « c’est faux ! Elle est la sixième institution du pays. Et pour que nous commencions notre travail, nous demandons à ce qu’on nous mette dans nos locaux, nos bureaux. Il y a plein de dossiers de Ministres compromis aux mains du pôle économique, qui ne sont pas celui de l’ancien Président ATT. Qu’attend-on pour juger ces dossiers-là ? C’est aussi un garde-fou pour le gouvernement en cas de mal gouvernement.»

Pour celui qui n’attend que la conjugaison des efforts pour la sortie définitive de la crise, « il est facile de dire ‘’je peux’’. Cependant rien ne change. Alors, il faut que l’on se ressaisisse avant que ça ne soit trop tard afin de sortir du trou. En somme, ce dont le pays a besoin c’est de tirer les leçons du passé et que nous allions vers l’union sacrée des Maliens», finit-il comme message.

Par Ibrahim Boubacar Yoro Maïga

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1 commentaire

  1. Une autre grande injustice honorable, c’est de laisser Soumaila Cissé pavaner dans la nature, alors qu’il doit figurer en tête de lice d’anciens Ministres à juger pour détournements et dilapidation des maigres ressources financières des maliens du Sud.

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