Dérapages de la situation au Nord – Mali : Le domicile du ministre Aghatam perquisitionné à Gao Idem pour celui du Conseiller spécial d’ATT, Chikaye

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Suspicion, intoxication, règlement de comptes ou dérapage? On s’interroge dans la ville de Gao sur le bien fondé des perquisitions autorisées par le Procureur de la Cité des Askias. En effet, dans la nuit du mercredi 18 janvier, des gendarmes, munis d’un mandat en bonne et due forme, ont perquisitionné trois familles, toutes Touarègues, notamment Chamanamass. 

Toutes également sont originaires de la commune de Tilemsi, cercle de Gao. Les trois familles ont également la réputation d’avoir des parents et des proches dans la rébellion actuelle. Il s’agit tout d’abord du domicile du ministre de l’Agriculture Aghatam Ag Alassane, qui siège au gouvernement depuis 2007. Ensuite, il y a celui d’Abdy Ag Mohamed Ibrahim, Conseiller national et responsable ADEMA bon teint. Enfin, il y a le logement du Conseiller spécial d’ATT avec résidence à Gao, Chicaye Ag Ekawel, candidat malheureux aux législatives dernières. C’est un personnage respecté et respectable, au regard de sa grande culture, de son humilité, de sa sagesse et, surtout, de son engagement pour la patrie malienne.

Les perquisitions, faites selon nos informations après des dénonciations calomnieuses, n’ont rien donné. Aucune arme n’a été retrouvée chez les visités. Nous avons tenté de joindre les intéressés pour connaître leur point de vue, puisqu’ils occupent tous des postes importants dans les institutions du pays: Présidence de la République (Chicaye), Gouvernement (Aghatam), Haut Conseil des Collectivités (Abdy). Seul le second a répondu à notre appel.

«C’est vrai Takiou. Ma maison a été perquisitionnée. Je suis actuellement à Bamako avec mon épouse, laquelle est en évacuation sanitaire. Mon fils m’a appelé pour me dire qu’il y avait des éléments des forces de sécurité qui voulaient fouiller la maison, avec un ordre de perquisition. Je lui ai dit d’ouvrir toutes les portes. Ce qui fut fait. Ils ont tout visité. Ils n’ont rien trouvé d’autre que des livres et des brochures, certains datent de 1970. Non, Takiou, il ne peut pas y avoir de cache d’armes chez moi. Je suis parmi ceux qui ont manifesté contre la rébellion de 1963 et j’ai désapprouvé celle de 1990. Depuis, je travaille pour l’Etat à la recherche d’une solution durable. J’ai été étonné de savoir que j’étais suspecté. Mais c’est une bonne chose, puisqu’on s’est rendu compte que les informateurs, ou je ne sais qui, n’étaient pas sur la bonne piste. Je reste serein et rien ne me déviera de ma ligne de conduite…».

Pour ceux qui ne connaissent pas Chikaye Ag Ekawel, il est de la même promotion à l’Ecole Normale Supérieure qu’Adame Bah Konaré et a enseigné dans les lycées de Tombouctou et Gao, entre autres. Il a été Consul à Tamanrasset, Directeur régional de l’ANICT à Gao et consultant pour plusieurs organismes nationaux et internationaux. Ce n’est donc pas pour rien qu’il est Conseiller spécial d’ATT, avec résidence à Gao. Bref, c’est un esprit distingué. Et il est très difficile que des hommes aussi éclairés que lui puissent aider, de quelque manière que ce soit, des apatrides, même s’ils sont de la même aire géographique qu’eux ou encore des supposés proches parents. Alors, faisons attention! Evitons l’amalgame et faisons l’effort de distinguer la bonne graine et l’ivraie!

Chahana Takiou

 

 

 


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