Dérapages des épouses et enfants de militaires à Kati : Evitons l’amalgame!

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Hier, mercredi  1er février, des épouses et enfants de militaires de Kati ont de nouveau envahi la rue, après avoir marché la veille sur Koulouba pour exiger la vérité sur la situation au Nord où, depuis plusieurs jours, ils n’ont plus de nouvelles de leurs maris et papas.

La marche, légitime, a ensuite dérapé, puisque les manifestants se sont attaqués aux boutiques, magasins et pharmacies des «peaux rouges», et particulièrement les Tamasheks et les Arabes. Avant de se diriger vers des domiciles privés, notamment celui de l’ex – ministre du Tourisme du Président Konaré, Zakiatou Walette Hatine.

Les victimes de cette situation inacceptable ne doivent payer le prix de la forfaiture de leurs connaissances, amis, parents ou membres d’une même fraction ou aire géographique. Ce qui s’est passé à Kati est très grave, dans la mesure où nombreux sont les parents de ces victimes qui combattent en ce moment dans les rangs de l’armée contre les «rebelles»ou plutôt les bandits armés.

Ce qui s’est passé à Kati est très grave, parce que nul ne doit payer pour la faute d’un autre. En droit pénal, la faute est individuelle et la sanction n’est donc pas collective. Ce qui s’est passé à Kati est très grave, parce que c’est le prototype d’un amalgame qui arrangera le MNLA. Voici des parents à ses membres, que ceux-ci ont appelés à les rejoindre. En vain. Ils ont choisi de rester avec le Mali et les voilà qui payent le prix de leur loyauté, de leur engagement, pour la Nation.

Ce qui s’est passé à Kati est très grave, parce que les victimes de cette situation pourraient désormais écouter les chants de sirène venant du MNLA. Mais, l’on est loin de ce cas de figure, en tout cas pour l’instant. Ce qui s’est passé à Kati est très grave, parce que nombreux sont les Traoré, Dougnon, Diarra, Coulibaly, Touré, Haïdara, Cissé… qui ont eux aussi la «peau rouge» et ne sont pas pour autant favorables au MNLA.
Ce qui s’est passé à Kati est très grave, parce que cela arrange l’ennemi. Il faut donc éviter l’amalgame qui consiste à frapper toutes les «peaux rouges» avec le même bâton. Enfin, ce qui s’est passé à Kati est très grave, parce que «Peau rouge» n’est pas synonyme de rebelle, de bandit armé ou d’AQMI, dont des membres ont participé au carnage d’Aguel-hoc.

IBK a mis en garde, le week-end dernier à Tombouctou, « tous ceux qui céderaient à la tentation des amalgames. Les rebelles qui nous attaquent ne représentent qu’eux-mêmes, c’est-à-dire une infime minorité, isolée et contestée. Car l’écrasante majorité des populations du Nord Mali aspire à vivre en paix dans l’ensemble national, pour participer au développement du Mali ». Evitons donc l’amalgame et agissons en responsables.
Pour ce qui est du Président ATT, il doit rompre le silence radio actuel et s’adresser à son peuple, pour l’appeler au calme et au discernement et l’assurer que la défense du territoire national et la protection des personnes et de leurs biens est en des mains professionnelles.

A suivre…

Chahana Takiou

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.