EDITORIAL : Les rebelles au féminin

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Ouf ! Le Mali vient d’échapper à une seconde humiliation en l’espace de deux mois. La première fois, c’était avec la signature de l’Accord d’Alger qui a enrayé la tentative de rébellion de quelques insurgés issus de l’ancien mouvement des MFUA ; et la seconde, e fut grâce à l’Assemblée Nationale, avec le rejet du projet de loi électorale instaurant un quota obligatoire genre de 30% au moins.

Dans les deux cas, on espère avoir un répit de quelques années avant le pochain assaut. C’est un groupe de femmes qui réclamait la parité institutionnelle obligatoire, une notion qui ne figure pas dans la Constitution. De quoi se plaignent-elles? Les textes actuels ne permettent-ils pas d’avoir une Assemblée nationale à 100% composée de femmes? Il suffit pour cela que toutes les candidates remportent le siège visé. Le groupe qui revendique si activement le fait-il au nom de la masse des femmes? Et pourquoi y aurait-il une opposition exclusivement féminine?

Qui a dit que l’homme était l’ennemi de la femme? On dit qu’elles n’ont pas de terre, qu’elles sont asservies, exclues des instances de décision. Que nenni! comme aurait dit IBK lui-même. Les femmes participent pleinement à la propriété à travers leurs enfants, et au pouvoir à travers leurs maris. C’est, en effet, elles qui, de l’obscurité d’une chambre conjugale, tirent les ficelles et règlent le mouvement du village, de la commune et de l’Etat. Plus d’une fois d’ailleurs il y a eu guerre mondiale à cause des femmes. La belle Hélène fut l’enjeu de la guerre de Troie, qui opposa l’Asie à l’Europe, et, au début de notre ère, Cléopâtre au long nez mit aux prises Antoine et Octave, les deux maîtres du monde. Ce n’est pas tout : la plupart des petits villages de la savane et de la forêt ont été fondés à la suite de batailles épiques pour… une femme.

Et pourquoi des femmes au pouvoir prendraient-elles de meilleures décisions que les hommes en faveur des femmes? L’a-t-on prouvé? D’autre part, il est des femmes plus viriles que les hommes, qui n’accepteraient pas un pouvoir féminin, qui, on s’imagine, consistera seulement à inscrire dans le futur code de la famille que l’homme n’est pas le seul à pouvoir diriger la famille ou que l’héritage doit être partagé à part égale, deux lois islamiques que certains s’acharnent à combattre sans faire attention au désarroi psychologique que cela peut induire dans une société musulmane à 90%. Car, au jugé, le vrai pouvoir, l’économique, est déjà à 45% aux mains de femmes de chez nous, chiffre qui est de 60% dans les pays forestiers. Elles vont à Dubaï et à Bangcok, possèdent comme les hommes maison et voiture, et ont certainement plus de portables qu’eux. Les rebelles au féminin sont décidément comme les autres rebelles, qui en demandent toujours plus. Vont-ils tuer à la fin la poule aux oeufs d’or?

Ibrahima KOÏTA

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