Gao, Kidal et Ménaka : les populations à la découverte de la nouvelle loi électorale

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Gao, Kidal et Ménaka : les populations à la découverte de la nouvelle loi électorale

Les ateliers de vulgarisation de la loi électorale, organisés par le Réseau/APEM en collaboration avec la Minusma (Division des affaires électorales) pour Gao, Kidal et Ménaka, se sont déroulés à Gao le mardi 11 juillet. L’étape de Ménaka s’est tenue le jeudi 13 juillet. L’atelier de Gao et celui de Kidal ont eu lieu le même jour mardi 11 juillet dans la grande salle de conférence du gouvernorat de Gao. L’atelier de Ménaka, au CAP de la ville. En sus des directeurs de cabinet des gouverneurs de Gao et Ménaka, les autorités coutumières ont pris part à ces ateliers. L’exposé sur la loi électorale a été fait par Cheick Mohamed Cherif Koné, président du SAM, président de l’association des procureurs et poursuivants, et non moins Avocat général de la Cour suprême. 

Le mardi 11 juillet s’est tenu à Gao, dans la salle de conférence du gouvernorat de Gao, l’atelier de vulgarisation de la loi électorale pour l’amélioration du taux de participation des populations aux élections. C’était sous la coprésidence des gouverneurs des régions de Gao et Kidal en présence des autorités municipales de la commune de Gao. L’atelier a enregistré la participation de 200 personnes venant des régions de Gao et Kidal répartis en 100 participants par région avec un respect du genre (hommes, femmes, jeunes, vieux). Comme à Gao, le même exercice a été organisé à Ménaka au niveau du CAP. Tous les deux ateliers ont été facilités par Cheick Mohamed Cherif Koné.

Après les différents discours d’ouverture, le facilitateur a rappelé la date de création et les objectifs du Réseau/APEM, ainsi que les actions menées depuis 20 ans et leurs importances dans le processus démocratique électoral au Mali. Parlant du thème du jour, à savoir la vulgarisation de la nouvelle loi électorale en vue de l’amélioration du taux de participation des populations aux élections, il s’est tout d’abord appesanti sur quelques-unes des innovations relatives à la nouvelle loi électorale, et qui ont besoin d’être comprises par les populations aux fins de faciliter leur appropriation de la chose électorale. Cheick Mohamed Cherif Koné a ensuite donné d’amples informations sur l’importance du présent projet et a précisé que le peuple doit se l’approprier pour des meilleures élections. Enfin, il a remercié tous les participants et tous ceux qui de près ou de loin ont facilité ces ateliers.

L’exposé du premier thème a été suivi de la deuxième communication relative aux techniques d’animation de groupe. Le Thème I était : «la loi électorale : composantes et innovations majeures».

Après avoir rappelé le contexte de l’avènement de la démocratie pluraliste avec le multipartisme intégral au Mali en mars 1991, les première élections générales de 1992, sans la société civile, le regroupement de la crème des organisations de la société civile, notamment celles de défense des droits humains en Réseau APEM en novembre 1996, pour accompagner les premiers pas des processus démocratique et électoral au Mali, le conférencier s’est appesanti sur les définition et champs d’application d’une loi électorale ainsi que l’historique des lois électorales au Mali, dont celle en vigueur est la huitième du genre.

Ensuite, il abordera les principales innovations de la loi n°2016/048 du 17 octobre 2016 portant loi électorale, peu connue du public, toute chose qui a donné lieu à plusieurs supputations et malentendus à l’occasion des élections communales du 20 novembre 2016. Il a précisé que son intervention sur les seules innovations majeures de la loi sus-citée n’enlève en rien l’importance des 210 articles de cette nouvelle loi.  Ainsi, sa communication a porté essentiellement sur le rôle, l’importance et la place d’une loi électorale dans une démocratie. Il rappela que cette loi, au moment de son adoption, avait connu 92 propositions d’amendements dont 47 étaient seulement des erreurs matérielles. Il a passé au peigne fin les innovations majeures allant des organes de gestion au contentieux électoral en passant par l’inscription des électeurs, la campagne électorale, les opérations et le dépouillement des votes et les sanctions.

Avant «les techniques d’animation de groupe», Cherif Koné a répondu aux différentes questions des participantes et des participants. Les Kidalois ont beaucoup insisté sur l’obtention de la carte NINA, le retour des déplacés et réfugies et la possibilité d’organiser les élections à Kidal. Les participants de Gao ont surtout mis l’accès sur le retour de la paix et de la sécurité. Alors que ceux de Ménaka ont salué les responsables du réseau APEM, qui est la première ONG malienne depuis la crise de 2012 à venir tenir un atelier à Ménaka. Toute chose qui a été saluée par tous les participants, qui ont par ailleurs demandé à l’APEM de traduire le texte en tamasheq et sonrai. Ils souhaitent aussi d’autres ateliers pour une meilleure vulgarisation de la loi électorale à Ménaka.

Pour ce qui est de la technique d’animation, ce thème avait trait à l’élément de définition de l’animation, son introduction, les objectifs d’animation du Groupe, la démarche d’animation, l’animateur et son champ d’intervention, les qualités d’un bon animateur, les fonctions et rôles de l’animateur, quelques techniques d’animation du groupe, les supports de sensibilisation du groupe, l’évaluation, et l’élément de définition du groupe.

Au terme de ces deux communications, la parole a été donnée aux participants qui ont posé plusieurs questions, apporté plusieurs contributions et suggestions. À toutes les questions et inquiétudes, des réponses claires et précises ont été données par Cheick Mohamed Cherif Koné. Les participants de Gao, Ménaka et Kidal souhaitent une formation et l’information des citoyens, surtout en milieu rural, afin de tenir compte spécialement des chefs de fraction en milieu nomade, et pourquoi ne pas envisager un projet sur la vulgarisation de la loi portant sur le genre pour plus de participation des femmes aux instances de décisions.

Faire de la supervision (observation domestique) de toutes les élections par le Réseau/APEM une priorité ; des sensibilisations surtout à la veille des échéances électorales, mais aussi pour l’accès aux cartes NINA pour tous les Maliens ; prendre les dispositions adéquates pour inéluctablement superviser les élections à venir car la seule présence du Réseau/APEM dans les bureaux de vote est un gage pour minimiser certaines fraudes, étant entendu que les structures de supervision étatiques sont toujours aux ordres ; sont entre autres recommandations issues de ces ateliers.

Kassim TRAORE

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