Guerre au Mali : ne reproduisons pas les mêmes erreurs qu’en Afghanistan

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Un soldat français se tient prêt à tirer près de Gao. Le 21 février 2013. (STR/AP/Sipa)
Un soldat français se tient prêt à tirer près de Gao. Le 21 février 2013. (STR/AP/Sipa)

Alors que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu auprès des troupes françaises qui combattent dans le nord du Mali, le président annonçait que le retrait de l’arméecommencerait en avril. D’après certains observateurs, nous pourrions rester au Mali plus longtemps. Une hypothèse qui n’est pas sans rappeler à notre contributeur le bourbier afghan.

Malgré les déclarations de François Hollande selon lequel il devrait y avoir une diminution du nombre des soldats français au Mali à partir du mois d’avril, on n’est pas encore au bout du tunnel.

 

Manque d’effectifs, de temps, de connaissance du terrain

 

Et cela pour plusieurs raisons. D’abord l’extrême dureté des combats de ces dix derniers jours dans le massif des Ifoghas laisse penser que les troupes d’AQMI sont prêtes à combattre jusqu’à leur dernière goutte de sang. Si dans ce massif, l’armée a réussi à détruire des infrastructures importantes, préparées de longue date avec des caches souterraines et entièrement dissimulées, rien n’indique, pour les experts, que les soldats français et tchadiens puissent créer une “nasse étanche”.

 

Car “il est très difficile de quadriller une zone, si petite soit-elle, et on n’a pas assez d’hommes sur le terrain. Les ennemis connaissent par cÅ“ur le moindre caillou, certains sont basés là depuis des années. Ils ont des relations anciennes avec les tribus Touaregs des environs, qui pourront éventuellement les aider. Ceux qui voudront vraiment s’enfuir s’enfuiront. Ne vont rester que ceux qui ont la volonté de se battre jusqu’à la mort”.

 

C’est le syndrome Tora-Bora (Afghanistan). Le ministre de la Défense qui, hier, a rendu une visite surprise dans ce massif s’est bien gardé de toute prévision, alors que le porte-parole de l’état-major, lui, a jugé “probable qu’une partie des terroristes a réussi à s’échapper”. D’autres bases semblables existent elles ? Le général qui commande les troupes au sol, ne le croit pas : Ici, c’était le donjon. Voilà, on a cassé le donjon.  Il reste les basses-cours”. Reste à savoir la taille de ces basses-cours…

 

Bamako, le mauvais élève de la démocratie et des droits de l’Homme

 

De plus, pour partir, il faudrait que les troupes africaines nous relaient, or, elles sont loin d’être prêtes. Alors que les combats se concentrent très au nord, un quatrième soldat français a été tué près de Gao, ce qui revient à dire que les  terroristes n’ont pas totalement déguerpi de Gao, donc du centre du pays.

 

Et puis pour quitter le Mali il faudrait aussi que l’État malien, dont la déliquescence a agi comme un aimant pour toutes sortes de groupes, se remette sur pied. Une centaine de partis et d’associations ont demandé récemment que l’on veille au respect des droits de l’Homme et qu’on organise des élections libres que le président intérimaire a promises avant le 31 juillet.

 

Ce qui semble peu plausible. Car l’avenir du Mali se joue tout autant au nord qu’au sud. Or, dans le maelström des rivalités ethniques qui ont ensanglanté le pays, on ne voit pas Bamako faire les gestes indispensables pour tendre la main aux groupes qui ont accepté de renoncer à la lutte armée. Des gestes qui seraient pourtant indispensables pour rétablir une confiance minimum.

nouvelobs.com/ 

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8 COMMENTAIRES

  1. Je crois pas, mais soyons tres prudents. Le guerre comme la sorte a plusieurs facettes. On la minimise mais il faut la faire jusqu’au bout. Esperons.

  2. Loin de la réalité socioculturelle du Mali, tu n’as vraissemblement rien compris à la situation malienne. Il faut s’abstenir d’épiloguer sur un sujet que tu ne sembles pas du tout maîtriser M/mme du Nouvelobs.com

  3. “Or, dans le maelström des rivalités ethniques qui ont ensanglanté le pays, on ne voit pas Bamako faire les gestes indispensables pour tendre la main aux groupes qui ont accepté de renoncer à la lutte armée. Des gestes qui seraient pourtant indispensables pour rétablir une confiance minimum.”???
    VA LABAS CONNARD, IL N’Y A PAS DE RIVALITES ETHNIQUES AU MALI. ET AUCUN GROUPE ARME, a ce que je sache N’A DEPOSE LES ARMES.

  4. Aussi pessimiste que ça puisse paraitre cet article ne relaye que la vérité, surtout en ce qui concerne la situation au sud que nous connaissons tous.
    Que ça plaise ou non, pour l’instant, il n’y a quasiment pas d’Etat. Les “révoltés” de Kati, par leurs actes arbitraires, ont fini d’ achever le peu d’Etat qui existait encore.
    Il est irresponsable tant pour les politiques que pour les simples citoyens de ne pas se préoccuper de ce qu’il se passe au nord et de ne pas en tirer les leçons que s’imposent.
    La France ne jouera pas éternellement le rôle de l’armée malienne et les problèmes ethniques et religieux ne seront pas réglés ailleurs qu’à Bamako.

  5. “… Or, dans le maelström des rivalités ethniques qui ont ensanglanté le pays, on ne voit pas Bamako faire les gestes indispensables pour tendre la main aux groupes qui ont accepté de renoncer à la lutte armée…”
    De quels groupes qui ont renonce a la lutte armee parle t-on ici? mnla? ane-sardine? mujao? mia? maa? aqmi? Lequel?

    Pas un seul de ces regroupements de renegats, de trafiquants, de bandits armes n’a accepte depose les armes. Alors demander a Bamako d’accepter quoi que ce soit dans ces conditions est simplement irrealiste.

  6. J’ai l’impression que l’auteur était dans une salle d’examen et que le sujet était le suivant : Faites une analyse pessimiste de la situation du Mali. Tant il s’efforce à dramatiser.

    • @RST …….toi tu nous fais une crise d’optimisme 🙄 🙄 🙄 pour le moment les politiques se foutent complétement de ce qui se passe dans le Nord .Les français et les tchadiens vous debarrassent des barbus ,comme çà ils ont tous le temps de magouiller pour la presidentielle au Sud 👿 …..Hier le ministre français des armées est venu au Mali prés des zones de combats . A t’on vu Dioncounda ou Diango y faire un tour ,ce qui est la moindre des choses ?? NON ils s’en tapent 👿 👿

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