IBK sort le grand « Je »

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IBK sort le grand  « Je »La cérémonie de signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale a eu lieu, vendredi dernier, au Centre international de conférence de Bamako. L’évènement était présidé par le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Kéita, en présence d’une vingtaine de présidents de la République et de représentants d’institutions et d’organisations internationales.

La signature de l’accord apprécié, en dépit de l’absence de la CMA

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération  internationale, Abdoulaye Diop, a souhaité la bienvenue aux invités : Il a parlé d’un accord, qui, il le souhaite, va sceller la paix, la réconciliation et le développement au Mali. « Nous sommes les témoins privilégiés de la détermination des filles et fils du Mali pour se donner la main pour un avenir commun. », a-t-il dit. Pour Ramtane Lamamra , ministre des Affaires étrangères de la République algérienne : « l’Algérie sera toujours aux côtés du Mali. » Il a appelé les populations du Nord du Mali à se joindre au sursaut national des Maliens et de la communauté internationale et à mettre fin à l’effusion de sang.

Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, représentant la CPA, membre de la CMA, a lancé un appel à la population de  l’AZAWAD à s’inscrire dans l’accord de paix. Représentant les mouvements de la plateforme, Me Harouna Touré, a indiqué: « Nous avons été, malgré nous, engagés dans une lutte à mort pour assurer la légitime défense de nos populations respectives…Nous voilà aujourd’hui, enfin sortis du doute et projetés vers la certitude  d’un lendemain meilleur   que nous offre l’accord du 15 mai 2015, qui reste une œuvre humaine, que seule la bonne foi de toutes les parties, l’esprit de compromis et de dialogue, constructives, peuvent parfaire pour le bien être collectif. »

Le député Bajan Ag Hamatou, au nom des autorités traditionnelles du nord du Mali, a lu la déclaration d’adhésion et de soutien à l’accord.

Pour Kabré Désiré Ouédraogo, président de la Commission de la CEDEAO, « Point n’est besoin de rechercher un accord parfait pour tout le monde, sinon on risquerait d’attendre longtemps et de ne point l’avoir. L’essentiel est d’investir toutes les ressources intellectuelles pour exploiter judicieusement les opportunités qu’offre le présent accord afin de trouver les solutions les plus appropriées possibles aux causes profondes des crises récurrentes, selon le génie créateur du peuple malien. »

Michäelle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, a indiqué que pour la paix, la francophonie est déterminée à soutenir le Mali. La secrétaire d’Etat chargée du Développement,  de la France, Annick Girardin, a déclaré : «  les Maliens ont su surmonter leurs mésententes afin de sauvegarder l’essentiel, l’essentiel c’est leur unité, l’essentiel, c’est la paix. »

Pour Abdel Kader Ben Salah, le représentant du président algérien : «  ce jour constituera sans nul doute un repère historique pour le peuple malien, pour la région, pour l’Afrique, et pour la communauté internationale, dans son ensemble. »

Moustapha Niass, président de l’Assemblée nationale du Sénégal a salué les qualités du président IBK, confronté à un contexte difficile.  C’est à ce titre qu’il a cité Platon : « toute action humaine commence par une incitation, l’incitation progresse et devient l’idée, l’idée se transforme en idée de projet, on arrive au projet, mais entre le projet et l’action, il y a la volonté, il y a la raison ».

Le président Alpha Condé  a rappelé la citation de feu le président Sékou Touré : « La Guinée et le Mali, c’est deux poumons dans le même corps. » Donc, a-t-il dit, la Guinée ne pouvait pas être absente à cette cérémonie. Il aurait aussi souhaité que les présidents Amadou Toumani Touré  et Alpha Oumar Konaré soient présents dans la salle. Il a fait observer l’importance de l’intégrité territoriale du Mali et la nécessité de la présence de l’armée malienne dans tout le pays.

Mme B. Williams, sous secrétaire d’Etat américain, s’est félicité de la signature et appelé la CMA à faire de même. Comme le représentant du Secrétaire général de l’ONU, elle a réitéré la volonté des Etats unis à faire respecter le cessez-le feu.  Michel Reveyrand De Menthon,  représentant spécial de l’UE pour le Sahel, a indiqué que l’Union européenne jouera tout son rôle dans l’accompagnement du processus. A propos de la CMA qui n’a pas signé, Djibril Bassolé, envoyé spécial de l’OCI pour le Mali et le Sahel a demandé à IBK de rester ouvert et de continuer le dialogue.

Mongi Hamdi, chef de la Minusma a déclaré : « Permettez-moi de réitérer ici devant vous, encore une fois, l’engagement de la part de la MINUSMA de s’acquitter pleinement des responsabilités qui lui sont confiées tant par le Conseil de Sécurité que par l’Accord pour accompagner et faciliter cette mise en œuvre et son respect par toutes les parties. Soyez tous assurés que les Nations Unies et la MINUSMA seront aux cotés des Maliennes et Maliens dans leur quête d’une paix pérenne. Cependant, je demeure convaincu que l’établissement d’une paix durable nécessite le concours et la bonne foi et de la bonne volonté de toutes les parties. »

Robert Gabriel Mugabe, président de la République du Zimbabwe, a fait le rappel historique de la Fédération Guinée-Ghana-Mali, en rendant un vibrant hommage au feu président Modibo Kéita. C’est à ce titre qu’il a indiqué l’importance pour les leaders africains de l’époque, notamment pour ceux qui tenaient à la fédération, de réaliser l’unité africaine. Il est tout à fait déconcerté qu’aujourd’hui, avec les rébellions et le terrorisme, c’est surtout vers la rupture des grands ensembles nationaux que se dirigent certains Etats, contrairement au voeu jadis formulé par certains leaders africains. C’est pourquoi, il a demandé aux belligérants de déposer les armes et de dialoguer. Il s’est dit persuadé que le Mali est sur la voie de l’unité. L’intervention tant attendue du président IBK a marqué les esprits. En effet, après avoir félicité la médiation internationale, notamment son chef de file, il a commencé par pourfendre le terrorisme qui s’est attaqué à un pays de grande civilisation. Il a ensuite fait remarquer que le Mali n’a jamais violé le cessez-le-feu. Il a demandé aux Nations unies de faire preuve de justice et d’équité à cet égard. « Le Mali, a-t-il dit, a beaucoup accepté, mais que l’on ne s’y méprenne, ce n’est nullement de la faiblesse. » L’accord, selon lui, reste ouvert à ceux qui n’ont pas compris l’urgence de sa signature. Son discours a fait réagir les représentants des Nations unies qui ont fait un communiqué, pour ente autres, signifier leur neutralité.

B.D.

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