Incursion de l’armée Saharouie à Tombouctou : 1 malien tué et trois autres kidnappés : toi aussi, Sahraoui ?

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Des combattants de l’armée Sahraouie ont effectué, jeudi dernier une incursion dans le territoire malien, à Tombouctou plus précisément où ils ont abattu un compatriote et enlevé au moins trois autres. « Toi aussi, le Polisario?», est-on tenté de dire à propos de cette invasion  sahraouie et au regard de l’histoire.

La victime de la barbarie sahraouie s’appelle Mohamed Yeyia Ould Hamed, surnommé  «Double-Tête». Les combattants sahraouis lui reprochent sa participation dans l’enlèvement, au mois d’Octobre dernier de trois occidentaux. Figurez-vous que les otages dont un homme et une femme espagnols et une Italienne – ont été kidnappés  jusque dans les camps de réfugiés de Hassi Rabuni qui abrite le siège du gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) près de Tindouf, dans le sud-ouest algérien. Et c’est au Mali, et plus précisément à Tombouctou, dans la localité d’El Hank à environ 70 km de la frontière algérienne que les sahraouis viendront chercher leur homme.

Arguant en effet un « droit de poursuite», ces militaires sahraouis ne se sont pas accommodés d’une autorisation malienne avant de passer à l’acte. Vives protestations de Bamako ! Le Mali a en effet dénié au Sahraoui, tout droit de poursuite sur son territoire et promis de « prendre ses responsabilités » en cas de récidive.  Et d’ajouter que les personnes ciblées n’ont aucune responsabilité dans ce dont l’accuse le Polisario.

Et selon toute évidence, les assaillants se sont trompés de cible. Yeyia Ould Hamed était certes un trafiquant arabe comme il en existe une multitude dans la région, mais pas un terroriste, encore moins un sous-traitant ayant pris part à l’enlèvement des trois coopérants occidentaux. Il nous revient d’ailleurs que les assaillants ont reconnu leur méprise et demandé des excuses à la famille du défunt. Mais les personnes enlevées (les maliens) n’ont toujours pas été libérées.

Une tentative de redorer le blason face à la communauté internationale

Cette invasion de l’armée Sahraouie est survenue jeudi dernier, au moment même où se tenait le 13ème congrès du Front Polisario dont le thème central était, «L’Etat sahraoui indépendant est la solution». Les assises étaient également marquées par l’enlèvement des 3 occidentaux à Tindouf jusque dans le fief contrôlé par front sahraoui au mois d’Octobre dernier.  Mieux ! Dans un communiqué rendu public, le Mouvement dissident du Polisario dénommé “Regroupement du Sahara démocratique, RDS”, dénonçait, il y a quelques mois, ce qu’il qualifie de trahison de la part du «Front Polisario».

Par ailleurs, tous les observateurs, l’ONU en tête (la MINURSO a relevé l’alerte à son niveau maximum  dans la zone sous contrôle sahraoui), sont aujourd’hui d’avis que les camps de réfugiés de Tindouf sont devenus “un terrain de recrutement fertile pour AQMI”. Pas seulement pour AQMI, mais aussi pour les narcotrafiquants et les passeurs.

 

C’est dans ce contexte plutôt sombre que devrait se tenir le 13ème congrès. Et il fallait mener une action d’éclat pour redorer un blason plutôt souillé. Ils ont choisi le Mali. 

 

L’ingratitude sahraouie

Le saviez-vous ? Le Mali reste encore l’un des rares pays à reconnaître le Polisario comme un Etat au grand dam du Royaume Chérifien.  Dans sa guerre de libération contre le Maroc, le Polisario a bénéficié du soutien militaire, matériel et logistique de la part du  le Mali de feu Modibo Keïta.

La deuxième République, a observé un léger recul sans pour autant, cesser de reconnaître ce bout de territoire indépendant du royaume chérifien. Idem pour la 3ème République qui s’est d’ailleurs plusieurs fois brouillée avec ses voisins et partenaires sans non plus cesser de  résister  à la pression marocaine. En clair, quand bien même les relations entre marocains et maliens soient plus anciennes et largement profitables, les seconds ont toujours préféré  le statu quo à propos du Sahraoui. Ils ont été visiblement bien récompensés.  Soutenir aujourd’hui « un droit de poursuite  au Mali » constitue véritablement une insulte contre l’histoire de la part de ces sahraouis.

C’est peut être un moyen de dire aux maliens qu’ils sont désormais à mesure de se passer de leur soutien. Disons-le franchement : Le sahraoui ne mérite pas le sacrifice que les maliens sont en train de consentir pour lui. Il est bien temps de changer de fusil d’épaule.

B.S. Diarra

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.