Intégration des ex combattants dans l’armée : Les modalités définies par la hiérarchie militaire

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Intégration des ex combattants dans l’armée : Les modalités définies par la hiérarchie militaire
Des groupes armés à Kidal

A l’heure de l’intégration des ex-combattants, gage du retour définitif de la paix et de la sécurité dans notre pays, le ministère de la Défense et des Anciens combattants veut éviter les erreurs du passé et doubler de vigilance afin « d’éviter des recrutements au rabais ». Pour relever ce défi déterminant pour la reconstruction en cours d’une armée plus forte et réconciliée avec elle-même, le chef du département en charge de la Défense a consulté la hiérarchie militaire au cours d’un atelier de trois jours sur les thématiques suivants : les principes de base de l’intégration, les conditions d’attribution de grade et de mission de commandement et les mesures d’accompagnement de l’intégration. Aux termes des travaux, fermés le dimanche 10 avril 2016, la hiérarchie militaire a fixé à 900 le nombre d’ex-combattants à intégrer dans les forces armées maliennes.

Il ressort des recommandations de la hiérarchie militaire désormais soumises à l’appréciation  du gouvernement malien que 900 éléments, soit 10% des prévisions de la loi d’orientation et de programmation militaire estimées à 9000 recrutement d’ici 2019. « Les 10% viennent du prorata du poids démographique des trois régions du nord qui font 7% de la population nationale suivant les résultats du recensement démographique général de 2009 », peut-on lire dans le document qui ajoute que ce nombre n’a pas pris en compte la proportion des populations du nord déjà existante dans les Fama par le recrutement normal. Aussi une partie de l’effectif du Mécanisme opérationnel de coordination (Moc) est comptabilisée dans l’effectif à intégrer.

Parlant des critères d’éligibilité d’intégration dans les Fama, il apparaît dans les recommandations que sont concernés seulement les ex-combattants de nationalité malienne âgés de 18 à 30 ans physiquement aptes et jouissant de toutes leurs facultés. Au-delà, les candidats ne doivent être poursuivis pour violation des droits de l’homme et ne pas être en collision avec les terroristes et les groupes de criminalité organisée.

« Le processus d’intégration se déroulera sur six mois », ressort-il des recommandations.  Et elle comprendra les étapes qui sont entre autres : le cantonnement des ex combattants comme pré requis pour l’intégration, la visite médicale et enrôlement dans la base du système d’information de conseil et d’orientation et le Ravec, la validation des critères, qotas et modalités d’intégration  par la commission d’intégration, la validation  de la liste des candidats à l’intégration par la commission d’intégration, des la validation des modalités d’attribution des grades par la commission d’intégration, l’entrevue d’orientation et de sélection par la commission d’intégration.

Au titre de l’attribution des grades, les participants à l’atelier appellent à se référer à la composition des GTIA en matière d’effectif. « Le grade consacrant l’aptitude à exercer des fonctions déterminées, toutes les fonctions de commandement restent ouvertes. Dans le cadre de l’harmonisation des grades : que les déserteurs soient requis avec leurs grades d’avant désertion, que les nouveaux éléments bénéficient des grades prévus et mis à la disposition des mouvements signataires », recommande la hiérarchie militaire.

Youssouf Z.

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