La Mauritanie fait échouer une tentative de trafic d’armes au Mali

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Les forces de sécurité mauritaniennes ont mis la main sur des armes qui avaient été volées le mois dernier sur un site militaire proche de Nema.

Un bataillon spécial de la gendarmerie dans l’est de la Mauritanie a fait avorter, le mercredi 2 janvier, une tentative de faire entrer clandestinement des armes destinées à un réseau terroriste dans le nord du Mali.

Quatre Kalashnikov qui avaient disparu il y a un mois dans un dépôt de la cinquième Région militaire ont été saisis à Amat Lakarish, près de Nema.

Les armes volées sur un autre site, la caserne de Bassiknou près du Mali, sont encore introuvables, a indiqué le journaliste Rajel Oumar citant des sources militaires. Selon des sources proches des services de des renseignement, ces armes seraient entrées au Mali par la suite et font encore l’objet de recherches.

Les groupes armés s’efforcent d’obtenir un plus grand nombre d’armes qui transitent dans les pays du Sahel, a expliqué Mohamed Ould Kaabash, ancien officier de la cinquième Région militaire.

“Les réseaux de trafic tentent d’attirer des personnels de l’armée pour obtenir le matériel présent dans les casernes de l’armée mauritanienne”, a indiqué Ould Kaabash à Magharebia.

Les trafiquants qui se cachent derrière la disparition des armes des casernes de Nema et de Bassiknou font partie d’un réseau comportant des cellules dans l’est de la Mauritanie et au Mali, a confirmé cet ancien officier.

Lors de l’enquête sur cet incident, plusieurs soldats et officiers de la cinquième Région militaire ont été arrêtés. Certains ont par la suite été libérés.

Un officier mauritanien en formation à la base militaire d’Ajrida, près de Nouakchott, a également été arrêté en liaison avec cette disparition d’armes.

Cette opération de sécurité s’inscrit dans le cadre des efforts de lutte contre les activités des réseaux de trafiquants au Sahel qui approvisionnent les groupes terroristes dans le nord du Mali. Les islamistes liés à al-Qaida souhaitent en effet à tout prix obtenir des armes avant que les troupes ouest-africaines n’interviennent au Mali.

Pour sa part, l’armée mauritanienne a ouvert une enquête à Aleg le 1er janvier pour rechercher des obus de char qui auraient été perdus par un régiment blindé présent dans la région.

Craignant que de nouvelles armes ne tombent entre les mains des terroristes, comme cela s’est produit au Mali et en Libye, l’OTAN a déjà financé un programme militaire de 2,25 millions d’euros destiné à détruire les stocks d’armes en Mauritanie.

Ce projet concerne 1 800 tonnes de munitions, notamment 141 systèmes de défense anti-aérienne portable (MANPAD) répartis dans plus de vingt dépôts d’armes en Mauritanie, a fait savoir Taqadoumy le 3 janvier.

Une telle prolifération des armes et les précédentes opérations de trafic à Larneb et à Lemtara, dans le nord du Mali, constituent une source d’inquiétudes pour l’armée mauritanienne, selon Mohamed Mahmoud Ould Cheyakh, journaliste spécialisé dans les questions relatives à l’est de la Mauritanie.

Sheikh Mohamed Ould Harmah, analyste et journaliste à Sahara Media, a expliqué que l’approche sécuritaire adoptée par les agences de sécurité mauritaniennes s’était améliorée.

Elles sont désormais en mesure de suivre et de récupérer les armes que les trafiquants tentent de faire passer par la frontière malienne, a-t-il ajouté.

Cette approche est extrêmement importante, a-t-il déclaré, dans la mesure où la demande d’armes est très forte de la part des groupes qui recrutent de nouveaux combattants dans le nord du Mali.

Par Raby Ould Idoumou pour Magharebia à Nouakchott – 10/01/13

Magharebia

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