Le film d’attaque d’Aguel Hoc par les bandits armés : Les preuves des crimes commises par le MLNA

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Les élèves maîtres, le personnel de l’Institut de formation des maitres (IFM) et quelques habitants d’Aguel hoc doivent aujourd’hui leurs vies sauves grâce au sacrifice ultime du jeune capitaine de l’armée malienne, Sékou Traoré,  affectueusement appelé BAD. Le jeune officier  d’une trentaine d’année sortant de l’EMIA et ancien leader de l’Association des élèves et étudiants du Mali, a été froidement égorgé par les bandits armés le mardi 24 janvier dernier dans la matinée. Un rescapé sous choc qui a été sauvé par ce brave militaire relate les faits qui confirment les accusations de crimes de guerre et crimes  contre l’humanité du gouvernement malien contre le MLNA.

Aguel hoc est une localité située à 150 kms de la ville de Kidal dans le cercle de Tessalit à peu prés à 200 Kms d’Algérie (village frontalier Borge). Une petite commune rurale dont les habitants sont majoritairement des tamasheqs sédentaires  et quelques fonctionnaires composés d’enseignants, des régisseurs, des agents de santé et un camp militaire abritant quelques centaines d’élèves. Une zone hostile aux allogènes. 90% de la population vivent du commerce et d’élevage. Deux jours avant l’attaque soit le 16 janvier 2012, des familles tamasheq ont commencé à quitter la ville pour aller s’installer à quelques kilomètres du village sous les tentes. Certains enseignants même ont été avertis par leurs logeurs de la menace d’attaque. Avec l’attaque du camp de Ménaka le mardi  17 janvier 2012, la peur s’est alors installé à Aguel hoc qui fut finalement pris d’assaut le mercredi 18 janvier  2012 à 4 heures 30 du matin  au sud du camp vers le quartier nouveau appelé quartier rouge et d’autres assaillants sont venus du centre ville vers 5 heures pour attaquer l’IFM (Institut de Formation des Maitres) situé à 700 mètres du camp militaire au nord.  Aux environs de 8 heures, les rebelles ont détruit la  centrale téléphonique  de la localité.  L’armée a tenté en vain de réparer l’équipement et fut obligé de recourir aux téléphones satellitaires dont les communications étaient interceptées par les rebelles.  Les échanges de tirs  ont continu jusqu’à 18 heures. Entre temps, aux environs de 16 heures,  les fonctionnaires logés dans la cour de l’IFM  comprenant les administrateurs et quelques enseignants et ainsi que 200 élèves maitres ont été pris en otage par les assaillants qui finiront par faire d’eux un bouclier humain afin de quitter la ville totalement pillée.

Ils se sont repliés dans la brousse avec leurs otages à l’exception du  directeur, Adama Yah Samaké et du directeur des études Boicari Traoré à cause de leurs âges très avancés. Ceux-ci craignant la réplique de l’armée, abandonnés par les bandits sont restés jusqu’au lendemain matin dans le froid. Ce premier raid des rebelles n’a fait qu’un seul mort (un certain Goita promotion 2006) dans le rang des hommes du capitaine Sekou Traoré dit Bad commandant du camp d’Aguel hoc alors que les rebelles déploraient la perte de plus de vingt combattants.

Etant sûrs de la venue du renfort du coté de l’armée, les assaillants sont allés monter des embuscades sur les passages obligés menant à Aguel hoc sur les routes de Gao, de Kidal et de Tessalit.  Ils ont par la suite les otages après les avoir retirées les cartes d’identité sans oublier de les mettre en garde contre de nouvelles attaques sur la ville.

Avec  la psychose d’une nouvelle attaque, les gens ont commencé à quitter la ville en groupe le jeudi 19 janvier 2012 pour rallier Inamzi,  un village situé au sud ouest et à 16 kms  d’Aguel hoc à pied. « Après avoir fait 5 kms, on est parti trouver les bandits devant nous, ils ont fait asseoir à terre tout le monde afin de contrôler l’identité de chacun et c’est le directeur qui était chargé de faire ce travail sous la menace des armes. En fin de contrôle, on a été libéré parce qu’il n’y avait pas de militaire parmi nous.  Arrivé à Inamzi à 20 heures, on s’est installé à l’école fondamentale vers 22 heures 30 et nous attendions des coups de feu, alors on pensa directement à l’arrivée du renfort de l’armée. Le lendemain vendredi 20 janvier, fête de l’armée, de 8 heures à 10, des échanges de tirs se font entendre, un autochtone d’Inamzi nous informe que les bandits ont fait disperser le renfort venu de Gao pour épauler les hommes du capitaine Sekou Traoré et ont brulé deux véhicules et tué  deux soldats. Vers le petit soir, les bandits sont venus s’approvisionner au château d’eau du village Inamzi et en aliments dans les boutiques  au bord de plus 27 véhicules BJ équipés d’armes semi lourdes. Et certains étaient dans les tenues correctes de l’armée et d’autres habillés en taliban histoire de donner une connotation djihadiste et visant à ternir l’image de la religion musulmane comme le montrent les médias occidentaux. La population est restée à l’écart pour les observer impuissamment. Aux environs de 18 heures 30, ils ont quitté sans que l’on ne voie quelqu’un prier parmi eux  à la prière du crépuscule ou 18 heures si réellement c’était des islamistes comme on veut faire croire aux gens » raconte un enseignant d’IFM, M Denon, qui nous a rendu hier visite.

« Après une trêve  de 72 heures observée, le mardi 24 janvier 2012 lorsque nous apprêtions à venir à Kidal dans le camion du maire d’Aguel hoc loué par le HCR (Haut Conseil des Réfugiés)  au moment de l’embarquement, on entendait toujours des bruits de fusils vers le coté d’Aguel hoc. On était au nombre de 75 personnes dans le véhicule sans le directeur général de l’IFM, et cinq enseignants et plus d’une centaine d’élèves maitres bloqués à Aguel hoc. On est arrivés à Kidal à 15 heures  afin d’attendre les autres qui sont restés à Aguel Hoc. Vers le petit soir, nous apprenons la prise du camp et le décès du capitaine   Sékou Traoré et beaucoup de ses éléments » relate-t-il les larmes aux yeux.

Selon notre source, le camp serait tombé dans la main des assaillants parce que les éléments  du capitaine Sékou Traoré dit Bad auraient  épuisé toutes leurs minutions et les convois du ravitaillement de l’armée sont tombés dans les embuscades tendues par le camp ennemi.  Ce brave  capitaine de l’armée qui avait toutes les possibilités de s’enfuir, a préféré la mort que de laisser une partie de patrie entre les mains des mercenaires.  « Le capitaine Sékou a été égorgé alors que ses éléments étaient  fusillés» lâche notre source.  « Je n’oublierai jamais ce digne fils du pays qui partageait le peu qu’il avait avec nous tous. Je me souviens encore  de   la remise de la somme de 100 000 F CFA aux femmes du camp pour les préparatifs de la fête de l’armée du 20 janvier dernier  qui n’a malheureusement pas eu lieu à Aguel hoc pour des raisons que tout le monde connait. Dort en paix Bad, je suis fier de toi et le peuple se souviendra toujours de toi car tu as respecté ton serment », a lâché notre enseignant en sanglot.

Aujourd’hui, il n’y a plus personne à Aguel Hoc devenue une ville fantôme.

Aliou Badara Diarra

 

 


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