LE PEUPLE ET LES ACCORDS D’ALGER: Jusqu'à quand le sursis ?

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Les accords d’Alger ont eu l’adhésion du peuple même si certains continuent à les justifier. Les autorités du pays ont mis les bouchées doubles pour faire adhérer le peuple à ces accords, ont réussi même si c’est dans la douleur. L’assemblée Nationale ayant donné son quitus suppose que ces accords engagent tout le peuple malien. Un sursis du peuple peut-on dire à l’endroit de ces hommes égarés. Mais jusqu’à quand ?
En effet, les accords d’Alger ont failli mettre en mal la cohésion du pays tant ils ont été perçus différemment. La manière dont Iyad et ses compagnons s’étaient attaqués aux symboles de l’Etat (casernes) n’a pas passé dans la gorge de bon nombre de malien. Et les revendications des insurgés ont été perçus comme une insulte à l’Etat tant certains ont trouvé inconcevable. Pourtant, les autorités du pays ont pensé qu’il faut trouver même dans la douleur une solution à l’amiable. Cette attitude de nos autorités au départ a grisé la conscience de bon nombre de malien. Pour certains, il faut écraser ces hommes dans le sang car considérés par ceux-ci comme des traites, des apatrides. Cette frange du peuple qui a prôné de recourir à la violence pour resoudre la situation n’a jamais encaissé l’affront de ces insurgés. Aussi ce groupe a trouvé que leurs revendications sont maximalistes et enclenchent la partition du pays. C’est ainsi que les accords d’Alger ont gagné vite les populations et ont marqué les esprits. La couleuvre fut dure à avaler. Mais les autorités dans leur décision de gérer le situation dans le calme, la sérénité, ont eu dans un premier temps du mal à faire adhérer le peuple à ces accords. Le président ATT et ses hommes n’ont pas eu de répit et ont réussi les tirs croisés de toute part. Après la déclaration du premier Chef du pays lors de sa tournée à Diéma, personne ne l’a entendu encore placé un mot. Ceux-là qui ont en charge du dossier ont mis cette campagne d’explication, de sensibilisation et aujourd’hui, force est de constater que l’esprit du Président dans la gestion de cette affaire a trouvé l’adhésion du peuple.
Après l’Assemblée Nationale, les politiques, les associations de la société civile, un seul jour ne passe sans que les uns et les autres ne manifestent leur adhésion à ces accords en réitérant leur soutien au Président de la République. Amadou Toumani Touré vient de gagner une deuxième épreuve durant son mandant de cinq ans. L’engagement de tous ces mouvements derrière les autorités ont démontré que l’homme de Koulouba reste le leader. Son attachement à l’idée de la paix a gagné les masses. Et, quand l’idée gagne les masses, elle devient une force matérielle  a dit Karl Marx.
Le Président ATT a donc cette force actuellement de matérialiser ces accords. Pour un observateur averti, il s’agit d’un sursis que le peuple a accordé aux insurgés. Mais jusque quand ira t-il ?. C’est du moins qu’un observateur averti pourra se poser quant on voit plus près dans les pays limitrophes
En effet, le pays frère d’Algérie qui a beaucoup participé à l’élaboration de ces accords dits "Accords d’Alger" a lui-même des problèmes face à ses islamistes. L’Algérie, dans sa partie qu’elle partage avec le Mali continue à subir les assauts de ceux-là qui ont pris les armes contre elle. Une raison fondamentale de ce pays à dissuader le Mali d’un recours à la force pour ne pas embrasser cette partie de notre frontière. Ce pays ayant opté pour la voie de la négociation n’est pas encore arrivé à trouver une solution définitive.
Selon certaines sources, pas plus de 200 islamistes n’ont encore accepté de rendre les armes en Algérie. Le cas malien qui semble en connivence avec celui de l’Algérie reste une problématique. Autant de questions qu’un observateur averti ne pourrait s’empêcher de se poser ? Est-ce que Iyad et ses compagnons vont-ils rendre toutes les armes ? C’est là la grande question. Quant on sait que l’homme est un stratège et versatile. L’on ignore pas que Iyad qui a embrassé cette secte islamique "les Dawistes" sont engagés, perspicaces et déterminés à aller au bout de leurs idéaux. Ceci serait un pan à tenir en compte par les autorités pour savoir que la situation est plus complexe que la rébellion de 1990. Ni la guerre n’est une solution mais que la fermeté soit de mise. A chaque parcours dans l’exécution des accords, les autorités doivent cirer un bilan et rendre compte de la situation au niveau national et international. Actuellement, l’heure du bilan du côté Algérien n’est pas luisant. Avec ce refus de ces islamistes parqués au Nord de rendre les armes l’on se demande si Iyad, Fagaga et autres ont renoncé à toutes leurs ambitions. C’est pourquoi le doute est permis même si ce sont ces insurgés qui ont demandé à ouvrir les négociations. C’est pourquoi, l’on se demande jusqu’à quand ce sursis du peuple quand on sait que plus la situation dure ? L’Etat souffre par ses dépenses et le citoyen devient impatient pour une résolution définitive du problème.

Fadio SANOGO

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