Le président de l’Adpm, Abidine Ould Ahmed Ganfoud, à propos de la situation au nord : «Non au harakiri malien, non à une guerre totale au Mali»

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Le Président de l’Alliance pour la défense des populations du Mali (ADPM), Abidine Ould Ahmed Ganfoud, part de sept constats fondamentaux pour expliquer la situation d’insécurité actuelle dans le septentrion de notre pays. Des constats qui lui ont fait dire ceci : “Il ne faut pas être un devin pour prédire cette nouvelle rébellion”.

Comme après l’échec de la création, sous l’ère coloniale, de l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) que prévoyait le Loi française N° 57-7-27 du 10 janvier 1957, parue dans le journal officiel de la République française du 12 janvier 1957, qui envisageait l’instauration d’un espace spécifique touareg, “une nouvelle rébellion des touareg vient d’être lancée” selon Ganfoud. A l’opposé des hauts responsables du Mali, poursuit-il, camouflés dans des villas climatisées à Bamako et des militaires en mal de guerre, qui ont décidé de lancer des jeunes Maliens s’entre-tuer et soucieux du bien-être des populations concernées dont surtout celui des jeunes, je dis “Non au harakiri malien“, “Non à la guerre totale au Mali prônée par des inconscients” “Non à la surenchère électoraliste de certains candidats aux élections présidentielles maliennes qui sont prêts à tout dire et à tout faire pour grappiller quelques voix“.

 

Abidine Ganfoud part de sept constats essentiels pour expliquer l’insécurité au Nord Mali.

Dans son premier constat, il met l’accent sur la diversité des populations maliennes et l’immensité du territoire. Etat d’Afrique, le Mali couvre une superficie de 1.240.190 Km2, soit deux fois et demie celle de la France. Ses 14 millions d’habitants (cinq fois moins peuplé que la France) ont une espérance de vie de 46 ans. Les principales ethnies sont : les Mandingues 40%, les Peulhs 13,9%, les Sénoufos 9%, les Soninkés 8,8%, les Dogons 8%, les Songaïs 7,2% , les Malinkés 6,6%, les Dioulas 2,9%, les Bwas 2,4%, les Touareg 1,7% et l’Ajjma ou Maures 1,2%.

Deuxième constat, le Président de l’ADPM évoque la banalisation de la rébellion et la non résolution de ses causes. D’après lui, avant l’indépendance qu’il qualifie «d’aumône donnée au Mali par le Général De Gaulle», il y a eu, dans la région du Sahara (Mali, Niger etc.), plusieurs rébellions dont les plus meurtrières se sont déroulées dans la période allant de 1960 à 2012, sous la présidence de Feu Modibo Kéïta, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré.

 

Dans son troisième constat, Ganfoud dénonce la pauvreté endémique des populations du Mali et dit avoir l’impression que «celles du Nord sont abandonnées». Car, selon lui, du point de vue économique, «toutes les maigres richesses sont concentrées dans le sud du pays alors que le nord du pays ne doit sa survie que grâce aux dons et autres aumônes qui lui sont octroyés par les Occidentaux et les organisations internationales».

Le quatrième constat évoqué par Ould Ganfoud tient au rejet systématique des gens du nord. De façon persistante, déplore-t-il, «on met dans le même sac toutes les populations du Nord qu’on qualifie de rebelles. Ce qui crée chez elles un sentiment de rejet».

Le cinquième constat est relatif à l’insécurité permanente instaurée dans le Sahara. Selon lui, «le nord Mali et le Sahara sont devenus des “No man’s land” où sévissent divers trafiquants».

 

Le sixième constat se rapporte à la chute de Khadafi et au retour des combattants touareg. Après la chute du guide libyen, dit-il, «de nombreux jeunes, potentiels chômeurs, sont rentrés au Mali, armés jusqu’aux dents, les poches momentanément pleine et les têtes pleines de projet de société».

Enfin le septième constat fait par le leader de l’APDM a trait au changement potentiel de Président pourrait expliquer la crise au nord. Aux dires de certains, relève Ganfoud, «le Président actuel semblerait chercher toutes les combines possibles pour se maintenir à son poste et bénéficier du château présidentiel climatisé à Koulouba». Il ajoute : «Aux dires de certains, les candidats à la présidentielle aux abois, chantent tous les airs imaginables quels qu’ils soient et sont prêts à s’allier à Satan pour grappiller quelques voix».

 

D’après Ould Ahmed Ganfoud, qui avait lui-même annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle avant de se retracter, face à la situation très grave, créée par cette nouvelle rébellion, aucun Malien, où qu’il soit, ne peut rester les bras croisés sans rien faire. “Ayant une grand-mère paternelle bambara de Sikasso, une grand-mère maternelle Peulh de Mopti, un grand-père paternel Al Gawinine de Mauritanie et un grand-père maternel songhaï du Niger, j’ai décidé de m’impliquer, plus que quiconque, dans cette lutte pour la sauvegarde de nos populations, quitte à y perdre ma propre vie, pour éviter que des Maliens ne se fassent harakiri entre eux” a-t-il déclaré avant de conclure : “C’est dans ce but que j’ai créé l’ADPM à laquelle je vous demande d’adhérer massivement pour le triomphe de nos objectifs“.

Kassoum THERA

 


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