Libération des jihadistes : La CNDH s’indigne…

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Houka Houka Ag-Alhousseyni
Houka Houka Ag-Alhousseyni

La libération sans condition de jihadistes, auteurs présumés des amputations, des exécutions sommaires sans nom et de mauvais traitements infligés aux populations du Nord, notamment le juge islamique de TombouctouHoga Hoga Alhousséiny, et Yéro Ould Daha chef de la police islamique, a indigné la commission nationale des droits de l’homme (Cndh). Et elle a tenu à le faire savoir. C’était au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue le jeudi 29 août dernier.

 

Cette dénonciation de la CNDH intervient après celle de plusieurs autres organisations de défense des droits de l’homme. La conférence avait pour but de dénoncer la persistance de l’impunité et de l’injustice sous nos latitudes.

 

Pour mémoire, le 23 Octobre 2013, le gouvernement malien a procédé à la levée de six mandats d’arrêt, qui a conduit à la libération politique de 23 éléments du MNLA et du HCUA, ainsi qu’à celle de 42 éléments de divers groupes armés en juillet.

 

La récente libération de Hoga H. Alhousseyni et de Yero Ould Daha a soulevé la colère de plus d’un dans l’opinion publique nationale et internationale. Nombreux sont ceux qui ont crié au scandale. Le président de l’AMDH, Me Moctar Mariko, a fermement condamné ces faits : « L’ancien juge islamiste de Toumbouctou, Hoga Hoga Ag Housseyni, qui a été arrêté en janvier 2014, et, a été inculpé pour son rôle présumé dans la commission de violations graves des droits de l’homme à travers des sentences extrajudiciaires notamment les amputations, les exécutions sommaires, les arrestations arbitraires, les mauvais traitements. Cet auteur de crimes exécrables vient d’être libéré le 15 août dernier dans la plus grande opacité. Nous nous indignons de cet acte abominable de l’Etat malien. Et le but recherché par les défenseurs des droits humains est de mettre une barrière à ces libérations injustes ».

 

Pour sa part, Me Kadidia Sangaré a mis l’accent sur le cas de Yoro Ould Daha, ancien membre influent du Mujao, arrêté dans la nuit du 28 au 29 juillet. Il a aussi été libéré le 7 août par les autorités maliennes. «Nous ne voulons pas que le gouvernement sème la culture de l’impunité chez les citoyens. Si l’Etat veut pardonner, qu’on n’oublie pas les victimes. La population a besoin de connaitre toute la vérité dans cette affaire. S’ils sont vraiment innocents, qu’on le dise», a-t-elle dit.

 

Et le président du réseau des défenseurs des droits de l’homme, Salim Traoré, a déclaré que « les auteurs de ces graves délits après leur arrestation ne se sont pas inquiétés car ils étaient convaincus qu’ils seraient libérés».

 

Ils ont exhorté le gouvernement à appliquer la déclaration de Bamako adoptée lors du Symposium International sur le bilan des pratiques, des droits et des libertés dans l’espace francophone, le 3 novembre 2000. Les organisateurs ont  recommandé  au  gouvernement  de prendre les mesures suivantes : lutter contre l’impunité, respecter le principe de la séparation des pouvoirs en laissant les juges faire leur travail ; adopter rapidement le décret d’Application de la loi n°2012-025 du 12 juillet 2012 portant indemnisation des victimes de la rébellion du 17 janvier 2012 et du mouvement insurrectionnel du 22 mars 2012 ; mettre en place rapidement des mécanismes de justice transitionnelle comme la Commission justice vérité et réconciliation ; prévoir des garanties de non -répétitions  des crises ;  recenser les victimes des régions concernées et évaluer leurs  préjudices…

 

Seydou Karamoko KONÉ

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