Léré : Les rebelles toujours maîtres de la localité

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A la suite de la prise de la localité de Léré, jeudi dernier dans l’après-midi, les rebelles s’y sont installés. Avec armes et bagages. Après les villes de Ménaka, Tessalit, Aguel Hoc et Anderaboukane, les rebelles du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) sont entrés dans la localité de Léré en véritables conquérants.

Comme l’affirmaient certains de nos confrères, les assaillants ont découvert une localité sans défense. Dans la ville de Tombouctou, où nous avons rencontré certains ressortissants de Léré, la stupeur prend de plus en plus le pas sur les propos rassurants de nos autorités militaires depuis le début de la vague d’attaques. Et pour cause, on ne comprend pas “la tactique que l’armée a voulu employer”.

Selon plusieurs témoignages, les combattants du MNLA ont pénétré dans la localité en tirant des coups de feu en l’air. Au camp, il n’y avait aucune trace de militaires, qui, avisés à temps, avaient pris la décision d’évacuer les lieux. Une fois à l’intérieur du camp, les rebelles auraient tout saccagé et demandé aux enfants de s’emparer de tout ce qu’il leur plaisait. Ils auraient ensuite dit aux populations “qu’ils ne leur voulaient pas de mal”, avant de leur demander de “quitter la localité”. Actuellement, c’est une vague d’arrivées que l’on constate à Niafunké, Tonka, Tombouctou et même Niono, plus au Sud, ainsi qu’en Mauritanie.

Toujours selon nos sources, les rebelles auraient pris en chasse les éléments de l’armée. Dans le combat qui a opposé les deux camps, on déplore la mort d’un ou de deux militaires de l’armée malienne. De plus, les rebelles, contrairement à leurs habitudes, auraient décidé de rester sur place, défiant nos forces de défense: “si l’armée malienne s’en sent capable, qu’elle vienne nous affronter”. Pendant combien de temps encore celle-ci acceptera-t-elle cela?

Paul Mben

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