Mali, la guerre aux mille inconnues

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Après le vote de la résolution 2085, l’ONU autorise, enfin, une intervention armée au Mali… qui n’a jamais semblé aussi loin… et à laquelle tout le monde veut se substituer.

Séance d’entraînement de l’armée malienne, Sévaré, novembre 2012. © REUTERS/Stringer .

Adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, le 20 décembre, la résolution 2085 autorise le déploiement d’une Mission internationale de soutien au Mali (Misma) «pour une durée initiale d’un an», afin de libérer les régions du nord du Mali occupées depuis neuf mois par des groupes djihadistes.

Comme un défi à la communauté internationale —et de quoi lui donner raison— le Mujao a amputé deux personnes vendredi et annoncé que «huit autres vont bientôt connaître le même sort».

Le «oui» de l’ONU à une intervention armée est donc à priori une bonne nouvelle pour les Maliens, qui ne comptent plus sur les militaires pour leur salut, neuf mois après un coup d’Etat mené en réaction à «l’incapacité notoire du régime à gérer la crise qui sévit au nord du Mali».

A Douentza, «les gens sont contents mais chacun se garde de le montrer, témoigne un habitant touareg. Depuis longtemps les gens attendaient ça. C’est un premier pas dans la récupération des régions du nord».

Car en fait tout ne fait que commencer.

«On est loin d’un résultat auquel on aspire tous, mais il y a des progrès manifestes, notamment dans l’implication de chacun», observe le député français François Loncle, rapporteur du groupe permanent sur le Sahel, de retour du Mali.

Les huit députés membres de ce groupe remettront, le 15 janvier 2013, à l’Assemblée nationale française, un premier rapport, la veille d’une rencontre entre le président malien Dioncounda Traoré et le président français François Hollande, à Paris.

Si la résolution 2085 sonne le temps de la reconquête, elle laisse surtout aux groupes armés de longs mois pour se renforcer et jouer les caméléons avec la communauté internationale —favorable à la négociation avec «les acteurs du nord qui ont rompu tout lien avec les organisations terroristes»— en prenant la couleur qui leur sera la plus favorable.

L’intervention armée ne serait en effet déclenchée qu’à l’automne 2013, après la saison des pluies. Si intervention il y a.

«Il est prématuré d’indiquer quand l’opération militaire aura lieu. En fait la question est même de savoir si cette intervention aura lieu», a déclaré le 20 décembre Bernard Arnaud, représentant de la France aux Nations unies.

Une aubaine pour le chef malien d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghali, accepté comme interlocuteur par le Mali et la communauté internationale en dépit d’un parcours de girouette, de crimes revendiqués et de son refus de renoncer à la charia, le 21 décembre, à Alger.

Seule une intervention de l’armée malienne, dans un sursaut d’orgueil, ou celle des milices, à force d’impatiente, pourrait bouleverser le calendrier de l’ONU.

Mais les milices sont pour le moment peu armées, et François Loncle doute que l’armée malienne aille seule au combat.

«Pour que cela réussisse il faudrait s’en donner les moyens, explique-t-il. La cote de Sanogo n’est pas forcément en hausse (…) On ne peut pas dire qu’il soit l’homme de la situation.»

La grande peur

Alors que la paix profite aux groupes armés, qui n’ont aucune revendication politique à l’exception du MNLA, la guerre ne profitera pas forcément au Mali.

L’ambassadeur étasunien à l’ONU Susan Rice aurait dit selon Foreign Policy que le plan d’intervention franco-africain est «de la merde». Les ONG ne sont pas loin de penser la même chose.

Elles ont publié à la veille et au lendemain du vote de la résolution 2085 une rafale de communiqués et de rapports alarmistes. Irin estime à 700.000 le nombre de personnes qui pourraient être déplacées en cas d’intervention militaire (il y en a déjà près de 400.000).

Dix ONG dont Oxfam et Handicap International ont demandé à l’ONU «d’accorder une priorité élevée à la recherche d’une solution pacifique».

Human Rights Watch pousse pour sa part le gouvernement malien à «adopter de toute urgence des initiatives pour faire face aux tensions ethniques croissantes dans le pays».

«Les milices comme les résidents locaux ont fait des listes de ceux qui devront payer… Qu’il s’agisse de rebelles, d’islamistes, de trafiquants de drogue ou de ceux qui ont profité personnellement de la souffrance des résidents, ils sont dessus», rapporte un homme «ayant eu connaissance des listes», cité par l’ONG.

«D’où la nécessité que la Cédéao vienne pour que les choses se passent le moins mal possible», pense François Loncle.

La Cédéao n’est pas le seul acteur à se voir comme le soldat idéal pour cette guerre.

Le MNLA pense que «si la communauté internationale [lui] faisait confiance et [lui] déléguait la libération du Nord-Mali (…) il y aurait moins de dommages collatéraux, de dégâts, de massacres et l’opération serait un succès».

Les milices s’estiment également les seules à connaître suffisamment les subtilités démographiques et culturelles du nord pour faire la différence entre les civils et les combattants, et éviter les bavures.

Le mot qui fait peur est prononcé par Moussa Ag Assarid, du MNLA:

«Cette intervention sera un génocide. Derrière l’intervention étrangère pour libérer le territoire des mouvements narco-terroristes, il y a un objectif très clair des autorités maliennes : éliminer les populations de teint clair et nomades de l’Azawad», affirme-t-il sans plus de détails.

Fabien Offner-Slate Afrique

24 Réactions à Mali, la guerre aux mille inconnues

  1. Mon chère Oran, n’est pas peur tu peux rester avec nous si tu te sens africain. L’appellation de cette terre importe peu! Une question: sur quel autre continent as tu vu des nègres originaires? Ne défends rien ici, étranger. Va chercher tes origines en Syrie ou au Kurdistan si tu veux être propriétaire. Regardes toi bien et compares toi bien a tes parents là-bas. A part toi je n’ai jamais vu quelqu’un qui renonce à ses origines dont il n’en est pas fière. Tu me diras aussi que le mot continent est d’origine Berbère. Mais connais tu que quoi qu’il soit l’être humain au monde il est venu après le nègre sur cette terre? Le Berbère n’est qu’un métis de Nègre et d’Arabe et le Maure un métis de Berbère et d’Arabe. TU N’AS PAS HONTE ESPÈCE D’ETRANGER! Soi sage sinon casse toi de là avec tes livres d’histoire que tu pourra lire chez toi là-bas; pas ici en terre Nègre! Esclavagiste patenté! Le moment de cette sale pratique est désormais révolu tu le sais bien. La paresse aussi!

  2. abdourhamane dicko

    Le Mali doit s’affirmer en tant qu’Etat souverain. Nous savons les raisons pour lesquelles le pays est tombe si bas. Maintenant que les causes sont connues, il est clair que les solutions aussi sont claires. Le Mali doit liberer son territoire sans attendre qui que ce soit. Consacrons-nous tous a cette liberation pour que nous puissions demain regarder le monde droit dans les yeux. Les militaires maliens doiveht liberer les regions du nord, mais il faut que le pouvoir politique donne rapidement son quitus. Il doit se montrer digne de la confiance des Maliens et non afficher cette volonte de la sous-region ou de la communaute internationale. Monsieur le Président doit immediatement declarer la guerre dans son message de nouvel an. Signalons au passage que ni le Mali ni la communaute internationale ne doivent commettre l’erreur d’imposer le MNLA et Ansar dine au peupple malien en general et aux populations des regions du nord en particulier. Cela ne reposerait sur aucune logique si ce n’est celle d’avoir pris les armes. Le Mali doit travailler a eviter demain que la majorite demographique des regions du nord ne prenne les armes pour quelle que revendication que ce soit car si l’on impose ces criminels aux populations, cette solution est juste politique au sommet de l’Etat mais elle ne represente rien sur le terrain.

  3. abdourhamane dicko

    la solution pour le Mali réside dans l’obligation pour le Mali de s’affirmer en tant qu’Etat et non une quelconque colonie des NU dont le conseil de securite n’a jamais empeche les USA d’attaquer l’Irak, la Fr

  4. ferga

    il y a des peaux noires partout au mali sans problème et chacun est respecter c’est gens comme ag qui se croient supérieures aux autres qui seront régler ou sont libre d’aller là ou ils ont leurs égaux.Laisser les autres vivre en liberté maintenant le mali est laïc et tout les bon ont leurs places ici,le reste est faux.

  5. 29 Décembre 2012
    Les TOUAREG QUI NE SE SENTENT PAS MALIEN NE SONT QUE DES GENS D’ORIGINE MOYEN-ORIENTAUX. LA TERRE AFRICAINE N’APPARTIENT QU’AUX NÈGRES. QUI NE SE SENT PAS NÈGRE PEUT LA QUITTER! ! ! Y’A FOYE ! ! !
    TOUTE MES EXCUSES A MES FRÈRES NOBLE TOUAREG RÉPUBLICAINS ! ! !
    AG 29 Décembre 2012
    Je suis touareg republicain mais pas nègre Mr ; cette terre africaine que chacun de nous peut appeller comme il veut est pour nous les touaregs ce qu’est l’Amazonie pour les indiens d’Amérique et ce qu’est la jungle Congolaise pour vous les nègres.
    le nègre qui ne se sent pas a l’aise dans la diversité culturelle,ethnique, raciale et religieuse de ce pays peut nous excuser et retourner au congo
    REPONSE:
    Mr AG! Mais le Congo c’est bien l’Afrique, cette terre ferme et continue sans rupture d’Alger au Cap et de Djibouti à Dakar!!!!! VIVE L’AFRIQUE!!!! Si tu n’est pas nègre tu peux rester avec nous nègre sur notre patrie sans problème, à condition que tu soi sage. Sinon prends la porte pour la Syrie votre patrie. Regarde toi bien et compares! Y’A FOYE !!! Je précise d’ailleurs que ce sont tous ceux qui se disent maghrébins qui sont étrangers sur notre continent. Ils sont soient Syriens, Arabie saoudite, palestiniens etc…. IL Y’A 180 ans qu’ils ont envaillis l’Afrique par le canal de Suez.
    Vous êtes malien Mr AG si vous le croyez, pas de problème, le Mali est grand et accueillant. Mais si vous en doutez un seul instant, veuillez prendre la porte du coté nord de notre pays d’où vos ancêtres sont rentrés.
    Toutes mes excuses envers ceux qui croient en la réalité de la diversité ethnique de notre pays et qui donc sont républicains.

    • oran

      Je corrige ton ignorance :

      cherche l’origine du mot africain et Afrique tu verras mon petit que c’est nous les berbères maghrébins qui portions ce nom en premier et que bien après il fut généraliser au reste de l’Afrique ! d’ailleurs la Tunisie actuel portait le nom afriquia anciennement !!!

      sinon mon petit malcom X africain les maghrébins sont génétiquement majoritairement berbères meme si certains se revendique arabe vu que les arabes ne se sont pas vraiment installer en masse sur le continent mais avait convertis les populations autochtone !!

      sinon pour l’histoire des dynastie et royaume berbères et pharaonique en Afrique jusqua 5000 ans avant J.C , et bien pas la peine de débattre de cela parceque c’est les plus ancienne des civilisations au monde meme !! et que ton pauvre royaume songuoi senrai ou autre petit royaume recent ne font pas le poid historiquement