Mali: La question de Kidal toujours en suspens

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Kidal en 2006, Mali. (KAMBOU SIA / AFP)
Kidal en 2006, Mali. (KAMBOU SIA / AFP)

Laurent Fabius, en visite Ă  Bamako, a rĂ©affirmĂ© que l’Ă©lection prĂ©sidentielle devait se tenir sur tout le territoire. Mais quid de la ville du Nord, encore aux mains des rebelles touaregs ? C’est presque un ouf de soulagement gĂ©nĂ©ral qui a traversĂ© les acteurs de la crise au Mali, Ă  l’annonce officielle par les autoritĂ©s maliennes de la tenue du premier tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle le 28 juillet. La confirmation de ce scrutin, sur lequel repose de nombreux espoirs de normalisation de la situation, rĂ©pond notamment Ă  la demande pressante de Paris, qui s’Ă©tait dit “intraitable” sur le calendrier Ă©lectoral. Pour François Hollande, le Mali doit se doter d’un prĂ©sident lĂ©gitime, qui ait autoritĂ© pour entreprendre la transition. Cependant de nombreux observateurs regrettent la prĂ©cipitation de ce scrutin : les problèmes logistiques restent importants, la situation sĂ©curitaire n’est pas stabilisĂ©e, les tensions communautaires ne sont pas Ă©teintes et surtout, la situation de Kidal n’est pas rĂ©glĂ©e.     Le nom de cette ville du Nord du Mali est sur toutes les lèvres depuis des mois. Les rebelles touaregs du MNLA (Mouvement de libĂ©ration nationale de l’Azawad) et du MIA (Mouvement islamique de l’Azawad, une dissidence des islamistes d’Ansar Dine), qui tiennent la ville, refusent que l’armĂ©e et l’administration malienne y pĂ©nètre. Difficile du coup d’y organiser un vote… Or l’Ă©lection doit se tenir sur l’ensemble du territoire, pour Ă©viter tout risque d’aggravation de la situation. Laurent Fabius, qui s’est rendu Ă  Bamako dans la soirĂ©e du mardi 29 mai, a rĂ©affirmĂ© que “pour la France, il est Ă©vident qu’il ne peut y avoir deux pays dans un mĂŞme pays. Les dispositions seront prises pour qu’Ă  Kidal, on puisse voter comme partout ailleurs”.     Pour rĂ©soudre ce problème principalement, des discussions ont Ă©tĂ© entamĂ©es depuis lundi à Ouagadougou avec le mĂ©diateur et prĂ©sident burkinabĂ© Blaise CompaorĂ©.

Pression de Bamako

Comment donc parvenir Ă  un accord ? CompaorĂ© est Ă  pied d’Ĺ“uvre, avec les autoritĂ©s maliennes et les Touaregs. L’opĂ©ration devrait se dĂ©rouler par Ă©tapes. Selon une source Ă  l’AFP, il y aura des consultations sĂ©parĂ©es, puis des discussions avec les partenaires (France, ONU et Union africaine) et enfin un dialogue direct. Le MNLA a envoyĂ© le chef Bilal Ag Cherif, Bamako sera reprĂ©sentĂ© par TiĂ©bilĂ© DramĂ© et le MIA par son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral, Algabass Ag Intalla, au nom du Haut conseil pour l’unitĂ© de l’Azawad (HCUA), organisation qui veut fĂ©dĂ©rer tous les groupes armĂ©s encore installĂ©s dans le Nord. Cette dernière a indiquĂ© qu’elle ne s’opposerait pas Ă  la tenue d’Ă©lections, afin qu’un “pouvoir lĂ©gitime” puisse ĂŞtre installĂ©, ainsi qu’un “prĂ©sident Ă©lu”, avec qui “il y aura des nĂ©gociations sur l’avenir de l’Azawad”.     Le MNLA de son cĂ´tĂ© avait indiquĂ© se tenir prĂŞt Ă  permettre la tenue du scrutin mais a rĂ©clamĂ© qu’il soit sĂ©curisĂ© par l’ONU et non par l’armĂ©e malienne. L’entrĂ©e des militaires semblaient donc, voici quelques jours, une option encore Ă©cartĂ©e. Sauf que lundi, le chef de l’Etat malien par intĂ©rim, Dioucounda TraorĂ©, de passage Ă  Paris, s’est voulu plus ferme et a assurĂ© que “l’armĂ©e malienne doit ĂŞtre Ă  Kidal avant le premier tour […] Nous sommes dĂ©jĂ  engagĂ©s dans un processus de dialogue. Kidal sera libĂ©rĂ©e”. RĂ©elle intransigeance ou simple coup de pression avant le dĂ©but des nĂ©gociations ? Cette dĂ©claration a en tout cas froissĂ© quelque peu les Touaregs Ă  qui a Ă©tĂ© proposĂ© que seule l’administration malienne pĂ©nètre dans la zone, provisoirement.

Un compromis possible

L’enjeu Ă  Ouagadougou doit, a priori, se concentrer sur un accord intĂ©rimaire. “Cela peut-ĂŞtre une solution transitoire, le temps du scrutin”, admet une source diplomatique française. “Il y a une urgence, ce sont les Ă©lections. Cela implique une administration civile qui puisse fonctionner sans avoir la peur au ventre. Ensuite on pourra avoir quelque chose de plus complet…”, explique la mĂŞme source. Et de reconnaĂ®tre : “Il n’y aura certainement pas un transfert gĂ©nĂ©ral de compĂ©tences du jour au lendemain entre le MNLA qui exerce rĂ©ellement sur la zone et le retour plein Ă  la souverainetĂ© malienne dans toutes ses formes”.     Paris, impatient de voir reprendre les nĂ©gociations, se dit enfin “relativement optimiste” depuis que le mĂ©diateur est entrĂ© dans les discussions. Selon une autre source proche de l’ElysĂ©e, “les autoritĂ©s maliennes ont donnĂ© des signes forts de vouloir pousser le dialogue et la rĂ©conciliation avec des groupes comme le MNLA”. Avant d’ajouter : “il y a aussi une comprĂ©hension du cĂ´tĂ© du MNLA qu’il faut que leurs revendications soient raisonnables”.

Le rĂ´le de la France

Reste Ă  savoir quel sera le rĂ´le de la France dans l’organisation de ces Ă©lections. Toujours en première ligne, mĂŞme sur le plan politique, elle devrait jouer un rĂ´le de supervision, bien qu’elle se dĂ©fende de toute implication dans les affaires maliennes. “Dans certaines rĂ©gions compliquĂ©es, l’administration malienne doit ĂŞtre transportĂ©e et aidĂ©e. Le mandat des Nations unis n’est pas un mandat de supervision des Ă©lections, mais la sĂ©curisation sera le fait de la Minusma installĂ©e”, explique une source diplomatique avant de prĂ©ciser : “On aidera si nĂ©cessaire”.     Si les Maliens restent reconnaissants envers François Hollande pour son intervention, la France supporte quelques critiques sur son indulgence envers le MNLA, dĂ©signĂ© par les populations comme les principaux responsables de la crise. La France a en effet toujours mĂ©nagĂ© un acteur encombrant mais prĂ©cieux. Fins connaisseurs de la rĂ©gion, les Touaregs ont proposĂ© leur aide pour aider la France Ă  dĂ©busquer les djihadistes, voire pour retrouver les otages français. De nombreux membres du MNLA sĂ©journent souvent en France, alors mĂŞme que des mandats d’arrĂŞt ont Ă©tĂ© lancĂ©s contre eux par Bamako. Paris a toujours dĂ©menti tout traitement particulier. “Les discussions Ă  Ouagadougou vont permettre Ă  d’autres groupes que le MNLA de s’exprimer. Tous ont vocation Ă  participer au dialogue”.     Reste un problème non rĂ©solu pour la France : le dĂ©sarmement des groupes touaregs. Au quai d’Orsay, on indiquait qu’il Ă©tait nĂ©cessaire que le MNLA dĂ©pose les armes et pourquoi pas, que le mouvement devienne un parti politique. Cette hypothèse n’a pour l’instant pas Ă©tĂ© reprise et des mesures de cantonnement ne sont pas l’ordre du jour. “La ligne des Touaregs fluctue, mais il est certain que nous ne pouvons pas souhaiter un parti armĂ©”, indique un responsable diplomatique. “Nous souhaitons que toutes les forces qui se disent politiques soient dĂ©sarmĂ©es pour qu’elles puissent entrer dans un cadre dĂ©mocratique. Si le MNLA devenait un parti politique, ce serait positif”.     Si un accord n’est pas trouvĂ© Ă  Ouagadougou, le calendrier Ă©lectoral pourrait ĂŞtre chamboulĂ©.     tempsreel.nouvelobs.com

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2 COMMENTAIRES

  1. ETA peut-il interdire l’acces du pays Basque a l’Armee Espagnole? Les Independantistes Corses peuvent-ils demande a Paris de rester en dehors de la petite Ile?
    DIONCOUNDA, CESSE DE TE GRATER LA TETE DEVANT HOLLANDE ET SOIT UN HOMME: DIT LA VERITE A “TON AMI”. ES TU VRAIMENT INDEPENDANT? ALORS EPARGNE NOUS …, TU NE PEUX PAS DIRE QUE LE MALI EST SOUVERAIN ALORS QU’UNE AUTRE NATION TE DIT LA OU TON ARMEE PEUT ETRE OU NE PAS ETRE. Aux maliens, c’est maintenant qu’il faut se lever, sinon la France Colonisatrice concoterait avec ses “sbires africains” comme le crimminel et assassin Blaise Compaore une connerie qui nous peterait a la guele. L’ARMEE ET L’ADMINISTRATION A KIDAL TOUT DE SUITE. QUAND A LEUR ‘AIDE” DE 3, MILLIARDS, J’ESPERE QUE L’HONNEUR ET LA DIGNITE VALLENT PLUS QUE CA. ALORS, SI C’EST CELA LA CONDITION, DISONS A “CES AMIS” QUI PEUVENT REPRENDRE LEUR ARGENT ET “SHOVE IT”… WHERE YOU KNOW.

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