Mali : les négociations au point mort entre le MNLA et Ansar Dine

6
Un membre d'Ansar Dine près de Tombouctou, le 24 avril 2012. AFP

A Gao, l’alliance entre le MNLA et Ansar Dine, deux des mouvements qui occupent le nord du Mali depuis la fin mars, a du plomb dans l’aile. Selon nos informations, les négociations entre les séparatistes et les islamistes se sont même interrompues ce mardi 29 mai, trois jours seulement après un protocole d’accord signé dans la douleur. Le chef de la délégation d’Ansar Dine a quitté les discussions. Iyad Ag Ghali, le chef du mouvement islamiste est toujours attendu à Gao. Lui, l’ancien chef rebelle touareg qui a réussi à redevenir l’homme incontournable de l’Azawad.

On le dit manipulateur, orgueilleux, avide de pouvoir, Iyad Ag Ghali la figure charismatique de la rebellion des années 90 est devenu un fou de Dieu, un islamiste qui prône l’application de la charia à travers tout le Mali. Iyad a même pris un nom djihadiste, Abou Fadil.

Fin 2011, il crée son mouvement, Ansar Dine. Il s’agit d’une façon d’exister aux côtés du tout nouveau MNLA qui revendique l’indépendance de l’Azawad et qui n’a pas fait appel à lui. Iyad va alors chercher ailleurs les moyens d’exister et de retrouver le leadership qu’il est en train de perdre.

Ses soutiens, il les trouvera auprès du groupe terroriste Aqmi. Ce dernier, originaire d’Algérie, a des connections chez les touaregs ifoghas. Au fil des semaines et des mois, Ansar Dine et son parrain Aqmi vont multiplier les victoires sur les frères du MNLA. Iyad continue à fasciner au point que de nombreux combattants du MNLA, attirés par les moyens financiers d’Ansar Dine, mais aussi par la personnalité de son chef, vont rejoindre le mouvement islamiste.

Iyad souhaite-t-il vraiment un accord avec le MNLA?

Certains de ces proches assurent qu’il est et restera un touareg avant d’être un islamiste. Certains pourtant doutent aujourd’hui de son indépendance vis-à-vis des djihadistes : « Iyad a perdu la main. C’est Abou Zeid et Belmoctar qui lui dictent ses décisions », entend-on à Gao. Hier, un de ses proches, un modéré du mouvement qui conduisait la délégation Ansar Dine à Gao, a quitté la négociation pour rejoindre Kidal.

Au MNLA , des voix s’élèvent désormais à Gao pour refuser cet accord avec Ansar Dine. Un accord incompatible avec les valeurs et l’ identité profonde de la région, affirment ces militants et cadres touaregs.

NORD DU MALI : QUI CONTRÔLE QUOI?
Aucun calendrier n’a été établi à ce jour pour mettre en oeuvre la fusion des effectifs du MNLA et d’Ansar Dine, telle que prévue par le protocole d’accord signé dans la douleur samedi 26 mai. En attendant, le MNLA et Ansar Dine continuent de revendiquer, chacun de leur côté, le contrôle de la plupart des localités du nord du Mali.

Le MNLA contrôle la ville de Gao ainsi que l’aéroport. Avec entre 1 500 et 2 000 hommes revendiqués dans la zone, Gao représente son quartier général, même si le mouvement – il ne le nie pas – a accusé d’importantes défections ces dernières semaines. Elles portent sur plusieurs centaines d’hommes à Gao au profit d’Ansar Dine, qui s’en félicite.

Les hommes de Iyad Ag Ghali, il est vrai, sont bien mieux lotis. « Ils ne discutent pas les prix dans les commerces, alors que les gens du MNLA achètent peu de choses et marchandent tout le temps », relève un habitant de Tombouctou. Ansar Dine domine la ville sainte même si le MNLA tient l’aéroport. Dans l’extrême Nord-Est, le groupe islamiste règne aussi en maître à Kidal, Tessalit et Aguelhok. Plus au sud, les deux groupes se partagent Goundam, mais là encore, l’aéroport est aux mains du MNLA.

Dans le Sud-Ouest enfin, le mouvement contrôle les localités de Léré et Niafounké. Mais Ansar Dine envisage sous peu une présence à Niafounké et se prépare, selon un porte-parole, à investir étape par étape toutes les zones qui comptent dans le nord du Mali.

 

rfi/ mardi 29 mai 2012

PARTAGER

6 COMMENTAIRES

  1. ont sen fou nous ils sont tous pareil ses deux organisations térroriste nous il faut les frapper tous il ne sont que des ennemisdu mali de la démocratie de notre civilation ancestrale et millénaire il ne se sont pas digne ni honnette avec eux meme regarder toute cette population vivre en dehors de leurs maisons sans espoir de retour a cause de ses aigris raciste et malhonnettes 😆

  2. Ce n’est que du mensonge. Ces bandits armes sont soudes entre eux depuis le debut et le serons jusqu’a la fin. Tout cela n’est que de la desinformation a vouloir redorer les bandits et terroristes.

  3. Chers compatriotes, reconnaissons que la solution de ces bandits armes est loin d’etre la negociation.C’est une crise qui date de long temps, comme savent tous les maliens.Reflechissons et agissons ensemble afin d’avoir une bonne solution autre que la negociation.On est fatigue de signer de faux et trompeurs accords(accords d’Alger, d’Abidjan..)au sujet de ce probleme.Nous savons tous que la CEDEAO n’est la solution a ce probleme. Elle ne vise qu’a ses propres interets(impositions,emgargos…)et complique d’avantage la situation 🙁 .

  4. mais on s’en fout de ses details tout ce qu’on veut c’est qu’ils debarassent le planché point barre, qu’ils aillent exercer leur perversité ailleurs

    • Aly@, je suis d’accord avec toi. On en a rien à foutre des “gesticulations” de ces bandits terroristes violeurs voleurs, qui occupent les 2/3 du Mali. Il faut que se terroristes soient liquidés ( si les Americains pouvaient nous preter des drones pour liquider un à un les pricipaux chefs terroristes, celà allait faire du bien à tout le monde).

Comments are closed.