Mali : un mort et neuf Casques bleus blessĂ©s dans l’attaque d’un camp de l’ONU

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Deux Casques bleus à Tombouctou. © LUCA PISTONE / NOTIMEX/ LUCA PISTONE
Deux Casques bleus à Tombouctou. © LUCA PISTONE / NOTIMEX/ LUCA PISTONE

L’attaque dans un camp de Tombouctou a Ă©tĂ© revendiquĂ©e par le Groupe de soutien Ă  l’islam et aux musulmans, une alliance djihadiste rĂ©cemment crĂ©Ă©e.

Mercredi, le camp des Nations unies Ă  Tombouctou, dans le nord du Mali, a Ă©tĂ© la cible d’une « attaque terroriste » au mortier ayant tuĂ© une personne non encore identifiĂ©e, selon l’ONU. Neuf Casques bleus ont Ă©galement Ă©tĂ© blesssĂ©s. L’attaque a Ă©tĂ© revendiquĂ©e par le Groupe de soutien Ă  l’islam et aux musulmans, une alliance djihadiste rĂ©cemment crĂ©Ă©e, dans un message diffusĂ© mercredi soir par plusieurs mĂ©dias spĂ©cialisĂ©s. Elle survient au lendemain d’une autre attaque, dans la rĂ©gion de SĂ©gou, qui a fait neuf morts et cinq blessĂ©s parmi des soldats maliens tombĂ©s dans une embuscade, d’après le gouvernement malien. Dans un communiquĂ©, la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) a expliquĂ© que l’attaque avait visĂ© ce mercredi en dĂ©but d’après-midi son camp appelĂ© « Super Camp » Ă  Tombouctou, chef-lieu de la rĂ©gion du mĂŞme nom, Ă  près de 910 km de Bamako, la capitale. « Selon les rapports prĂ©liminaires, six obus y ont atterri. Le bilan provisoire est de neuf blessĂ©s parmi les Casques bleus », dont quatre grièvement, mais aussi d’« un mort dont l’identification est en cours », assure la Minusma.

La force de l’ONU, comptant un peu plus de 12 000 militaires et policiers sur le territoire malien, « a dĂ©ployĂ© des moyens aĂ©riens de reconnaissance pour identifier la zone » des tirs, selon son communiquĂ©. Elle demande que tout soit fait « pour identifier les responsables de cette attaque terroriste » et les poursuivre. Le texte ne prĂ©cise pas les nationalitĂ©s des Casques bleus blessĂ©s, qui, selon les armĂ©es libĂ©rienne et suĂ©doise, comprennent des LibĂ©riens et un SuĂ©dois. Ă€ Monrovia, un porte-parole de l’armĂ©e libĂ©rienne a indiquĂ© que l’attaque de la base des LibĂ©riens Ă  Tombouctou a fait « plusieurs blessĂ©s et d’autres dĂ©gâts ». Ă€ Stockholm, l’armĂ©e suĂ©doise a fait savoir qu’un soldat suĂ©dois avait Ă©tĂ© lĂ©gèrement blessĂ© dans une attaque contre un camp abritant son contingent dans le sud de Tombouctou. D’après le dernier rapport du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU sur le Mali rendu public fin mars, le « Super Camp » de la Minusma Ă  Tombouctou, près de l’aĂ©roport, abrite des contingents d’une dizaine de pays.

Trois fois plus d’attaques

Dans son message, le Groupe de soutien Ă  l’islam et aux musulmans a affirmĂ© que ses combattants « ont bombardĂ© aux roquettes l’aĂ©roport de Tombouctou », ciblant « des forces d’agression ». Ils ont fait « plusieurs blessĂ©s parmi les forces internationales », dit-il, Ă©voquant « dix soldats, dont certains ont Ă©tĂ© grièvement blessĂ©s ». Plusieurs groupes djihadistes du Sahel, notamment ceux du Malien Iyad Ag Ghaly et de l’AlgĂ©rien Mokhtar Belmokhtar, ont fusionnĂ© pour former cette alliance, dont la crĂ©ation a Ă©tĂ© annoncĂ©e en mars. Elle avait revendiquĂ© l’attaque qui a coĂ»tĂ© la vie le 5 avril dans la zone de Douentza (centre) Ă  un militaire de Barkhane, force française antiterroriste au Sahel. Barkhane a annoncĂ© avoir tuĂ© ou capturĂ© une vingtaine de djihadistes dans le nord du Mali, vers la frontière avec le Burkina Faso, entre les 29 et 30 avril.

DĂ©ployĂ©e depuis juillet 2013, la Minusma est la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coĂ»teuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tuĂ©s en opĂ©ration. Mercredi, la CĂ´te d’Ivoire a annoncĂ© qu’elle envoyait au Mali pour la première fois une « unitĂ© combattante » de 150 soldats, qui rejoindra la Minusma Ă  Tombouctou. Tombouctou est une des rĂ©gions du vaste Nord malien qui Ă©tait tombĂ©e en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liĂ©s Ă  Al-QaĂŻda. Pour s’imposer, ces derniers avaient profitĂ© d’une rĂ©bellion touareg qu’ils ont fini par Ă©vincer. Les djihadistes ont Ă©tĂ© en grande partie chassĂ©s et dispersĂ©s Ă  la suite du dĂ©clenchement, en janvier 2013, Ă  l’initiative de la France, d’une opĂ©ration militaire internationale qui se poursuit toujours. Cependant, des zones entières Ă©chappent au contrĂ´le des autoritĂ©s maliennes comme Ă  celui des forces Ă©trangères. Longtemps concentrĂ©es dans le nord, les attaques se sont Ă©tendues depuis 2015 vers le centre, puis le sud. « Au total, le nombre des attaques revendiquĂ©es par des groupes extrĂ©mistes violents a pratiquement triplĂ©, passant de 28 en 2015 à 85 en 2016 », selon l’ONU.

 Publié le 04/05/2017 à 07:32 | Le Point.fr
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2 COMMENTAIRES

  1. Ni minusma, ni barkhane ont voulu dĂ©sarmĂ© les criminels du nord mali depuis 2013 alors c’est devenu un cancer mĂ©tastase pour eux. En voulant avoir tout des malien , rien n’est sous contrĂ´le.

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