Mali: Nouveaux combats entre armée et rebelles touareg, qui attaquent au Nord-Ouest

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(AFP) – Les rebelles touareg maliens ont pris jeudi un camp militaire de la ville de Léré (nord-ouest du Mali), près de la frontière avec la Mauritanie, après des combats avec l’armée à Anderamboukane (nord-est) à la frontière avec le Niger, a appris l’AFP de sources concordantes.


"Une colonne de rebelles touareg composée d’une dizaine de véhicules a pris le contrôle du camp des méharistes de Léré jeudi", a déclaré une source municipale, information confirmée par une source policière selon laquelle "les gardes avaient quitté le camp deux heures auparavant".

"Les rebelles sont venus, ils sont allés au camp et ils ont mis un drapeau" du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion), a précisé cette source présente près de Léré, au sud-ouest de Tombouctou et à 45 km de la frontière mauritanienne.

Joint par l’AFP, un responsable militaire malien au Poste de commandement opérationnel de l’armée à Gao (nord-est) a affirmé jeudi soir sous couvert d’anonymat: "Nous avons donné l’ordre à nos troupes depuis mercredi soir de quitter le camp des méharistes" de Léré.

"Donc, par tactique, nous n’avions ni matériel, ni hommes dans le camp quand les assaillants sont arrivés", a-t-il dit, assurant, sans plus de détails: "A l’heure actuelle, nous contrôlons la situation".

La prise de ce camp est survenue quelques heures après des combats entre l’armée et des rebelles touareg dans la ville d’Anderamboukane (nord-est), à la frontière avec le Niger, après l’attaque de la rébellion contre trois villes dans cette partie du nord malien la semaine dernière.

Armée et rébellion ont ensuite toutes les deux indiqué que les combats étaient terminés, chacune affirmant désormais contrôler Anderamboukane.

Le 17 janvier, le MNLA avait attaqué Ménaka (nord-est, près de la frontière nigérienne), puis le lendemain Aguelhoc (ou Aguelhok) et Tessalit, villes situées plus au nord, près de la frontière algérienne. Ces trois villes avaient ensuite été reprises par l’armée, selon des témoins et le gouvernement malien.

Selon le porte-parole du MNLA, Moussa Salam, les rebelles "contrôlent le camp militaire d’Anderamboukane", ils ont récupéré des véhicules de l’armée et détiennent "huit prisonniers militaires", mais ces allégations ont été démenties par le responsable militaire joint à Gao.

"L’armée malienne n’avait aucun blindé sur place, et on maîtrise la situation à Anderamboukane", a-t-il dit.

En déplacement mardi à Nouakchott, le ministre malien des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga, avait affirmé que "toutes les villes du nord du Mali" étaient "sous le contrôle de l’armée".

Selon Moussa Ag Assarid, responsable de la communication du MNLA, il y avait cependant jeudi "des combats à Tessalit", pour permettre aux rebelles de "maîtriser complètement la ville".

Selon le ministère malien de la Défense, les combats des 17 et 18 janvier ont fait plusieurs dizaines de morts, essentiellement des rebelles: "plusieurs rebelles" et un soldat tués à Ménaka, puis 47 morts dont deux militaires à Aguelhoc et Tessalit. Ce bilan a été réfuté par la rébellion, qui a assuré avoir infligé de lourdes pertes à l’armée.

Le MNLA souhaite "la libération, l’indépendance et la création d’un Etat de l’Azawad", région naturelle du Mali s’étendant de Tombouctou (nord-ouest) à Kidal (nord-est) et considérée comme le berceau des Touareg.

Le retour de centaines d’hommes armés de Libye, essentiellement des Touareg, a accéléré la reprise de la rébellion qui avait pris fin en 2009 dans le nord malien. Cette vaste région quasi-désertique difficile à contrôler sert depuis plusieurs années de "sanctuaire" à des unités combattantes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) d’où elles rayonnent dans d’autres pays de la bande sahélo-saharienne, Mauritanie, Niger et Algérie.

 

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