Mali : Washington aidera Paris Ă  acheminer des troupes

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AFP/DIBYANGSHU SARKAR

Les Etats-Unis ont accĂ©dĂ© Ă  la demande de Paris de mettre des moyens aĂ©riens Ă  sa disposition pour acheminer des troupes et de l’Ă©quipement au Mali, a annoncĂ© jeudi 17 janvier un responsable amĂ©ricain. Cette dĂ©cision, qui Ă©tait attendue, intervient après un examen par des experts juridiques de l’administration Obama de la nature de l’assistance que pouvait apporter Washington. Selon iTĂ©lĂ©, ce sont “600 AmĂ©ricains qui seront dĂ©ployĂ©s en France et au Mali”.

Un autre responsable militaire a prĂ©cisĂ© que le commandement chargĂ© du transport (Transcom), le commandement chargĂ© de l’Afrique (Africom) travaillaient maintenant sur les dĂ©tails opĂ©rationnels avec la France. “Nous soutenons l’opĂ©ration française au Mali avec des renseignements et du transport aĂ©rien”, avait plus tĂ´t dans la journĂ©e rappelĂ© la secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricaine Hillary Clinton.

  •  ArrivĂ©e des premiers soldats africains

Près de cent soldats nigĂ©rians et togolais sont arrivĂ©s jeudi Ă  Bamako, premiers Ă©lĂ©ments de la force armĂ©e ouest-africaine dĂ©ployĂ©e au Mali. Ces soldats – une cinquantaine de NigĂ©rians et une quarantaine de Togolais – sont arrivĂ©s Ă  l’aĂ©roport de Bamako oĂą ils ont Ă©tĂ© accueillis par des militaires maliens et français.

La force ouest-africaine qui comprendra plus de 3 000 hommes – plus 2 000 soldats tchadiens – devra prendre à terme le relais de l’armĂ©e française qui intervient au Mali depuis le 11 janvier. Cette force, la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), crĂ©Ă©e avec le feu vert de l’ONU, sera dirigĂ©e par un gĂ©nĂ©ral nigĂ©rian, Shehu Abdulkadir.

Quelque 2 000 soldats sont attendus d’ici le 26 janvier Ă  Bamako, environ 1 300 dans les semaines suivantes. Au total, ce seront quelque 5 ,300 soldats du continent africain qui seront dĂ©ployĂ©s au Mali. Pour sa part, la France a dĂ©jĂ  dĂ©ployĂ© 1 400 hommes, un chiffre qui devrait rapidement atteindre 2 500 soldats.

  • Des islamistes se rapprochent de Bamako

Selon un reportage du Guardian,la bataille pour le contrĂ´le du Nord Mali se rapprochent de la capitale Bamako, dans le sud du pays. La ville de Banamba, Ă  seulement 145 kilomètres de la capitale, a Ă©tĂ© mise en Ă©tat d’alerte après que des djihadistes ont Ă©tĂ© aperçus dans les environs. L’armĂ©e malienne aurait dĂ©ployĂ© une centaine de soldats dans la ville et attendrait encore des renforts.

“Banamba est en Ă©tat d’alerte. Des renforts ont Ă©tĂ© envoyĂ©s. Les troupes nigĂ©rianes qui doivent arriver aujourd’hui Ă  Bamako pourraient y ĂŞtre dĂ©ployĂ©es pour sĂ©curiser la zone”, a indiquĂ© Ă  Reuters un haut responsable militaire malien.

Le point sur l’opĂ©ration Serval du ministère de la dĂ©fense

  • Des pays europĂ©ens pourraient apporter un soutien militaire Ă  la France

La chef de la diplomatie europĂ©enne, Catherine Ashton, a affirmĂ© jeudi 17 janvier que plusieurs pays europĂ©ens n’excluaient pas d’apporter un soutien militaire Ă  la France dans son intervention au Mali. “Un certain nombre de pays ont dit très clairement qu’ils Ă©taient prĂŞts à soutenir la France par tous moyens, et ils n’ont pas exclu un soutien militaire”, a-t-elle dĂ©clarĂ© Ă  l’issue d’une rĂ©union des ministres des affaires Ă©trangères europĂ©ens sur la crise malienne Ă  Bruxelles.

“La France n’est pas seule […], elle a agi exactement comme il le fallait en rĂ©pondant Ă  une demande du Mali”, a-t-elle ajoutĂ©, soulignant que Paris avait le“soutien” de l’UE, qui a Ă©té “unanime pour saluer la rĂ©ponse rapide de la France” la semaine dernière.

De son cĂ´tĂ©, le ministre des affaires Ă©trangères français, Laurent Fabius, a jugé “tout Ă  fait possible que des pays europĂ©ens dĂ©cident non seulement d’apporter de la logistique mais aussi de mettre à disposition des soldats”. “Mais nous ne pouvons les forcer à le faire. Il y a des limites Ă  la politique de sĂ©curitĂ© et de dĂ©fense, mĂŞme si nous le regrettons”, a-t-il ajoutĂ©. En quittant la rĂ©union, il a aussi assurĂ© que “tous” les pays europĂ©ens avaient “saluĂ© l’action de la France”.“Les Français ne sont pas seuls, ils sont les prĂ©curseurs”, a-t-il dĂ©clarĂ©.

L’Allemagne, la Belgique et le Danemark ont notamment annoncĂ© la mise Ă  disposition de moyens de transport aĂ©riens. L’Italie s’est dite prĂŞte à fournir un soutien logistique.

Les ministres des affaires Ă©trangères europĂ©ens ont aussi approuvĂ© jeudi la mission de l’UE destinĂ©e à former et Ă  rĂ©organiser l’armĂ©e malienne, selon une source europĂ©enne. Cette dĂ©cision vise Ă  dĂ©ployer encore quelque 450 EuropĂ©ens, dont 200 instructeurs, à partir de la mi-fĂ©vrier.

  • Une confĂ©rence des donateurs sur le mali

L’envoyĂ© spĂ©cial de l’ONU pour le Sahel, Romano Prodi, a quant Ă  lui estimĂ© jeudi qu’il n’y avait pas d’autres voies que l’intervention française au Mali pour empĂŞcher“la mise en place d’une zone franche terroriste au cĹ“ur de l’Afrique”. Le Premier ministre israĂ©lien Benyamin NĂ©tanyahou a lui aussi saluĂ© l’intervention française au Mali, une “action courageuse contre le terrorisme islamiste”, dans une conversation tĂ©lĂ©phonique avec François Hollande.

Par ailleurs, l’Union africaine a annoncĂ© qu’une rĂ©union des donateurs destinĂ©e Ă soutenir le dĂ©ploiement de la force africaine au Mali (Misma) se tiendra le 29 janvier Ă  Addis Abeba. Cette confĂ©rence “donnera l’occasion de mobiliser des ressources et autre soutien nĂ©cessaire aux forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© maliennes, ainsi que pour la Misma”, indique la Commission de l’UA, après une rencontre avec celle de la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CĂ©dĂ©ao).

  • Combats près de Konna
La carte des opérations militaires au Mali. | Le Monde.fr

Les combats se poursuivent sur le terrain, “au sol et par voie aĂ©rienne”, a dĂ©clarĂ© Jean-Yves Le Drian jeudi. Il y en a eu cette nuit, il y en a en ce moment”, a ajoutĂ© le ministre de la dĂ©fense.

Dans la nuit de mercredi Ă  jeudi, un nouvel accrochage a opposĂ© des soldats maliens Ă  des islamistes armĂ©s près de Konna, ville du centre du Mali dont la prise, le 10 janvier par les djihadistes, a provoquĂ© l’intervention de Paris. Six islamistes ont Ă©tĂ© tuĂ©s et nous avons pu rĂ©cupĂ©rer huit vĂ©hicules et en dĂ©truire d’autres”, a dĂ©clarĂ© le capitaine Saliou Coulibaly.

Un premier affrontement avait eu lieu mercredi  entre des islamistes et des soldats maliens, appuyĂ©s par l’armĂ©e française prĂ©sente dans le secteur. Le ministre français de la dĂ©fense, Jean-Yves Le Drian, avait reconnu que Konna n’avait pas encore Ă©tĂ© reprise par l’armĂ©e malienne, contrairement Ă  ses affirmations. La zone n’est pas accessible Ă  des observateurs indĂ©pendants.

  • Raids aĂ©riens attendus Ă  Diabali

Dans le mĂŞme temps, plusieurs quartiers de Diabali (Ouest), oĂą des combats “au corps Ă  corps” auraient opposĂ© mercredi des membres des forces spĂ©ciales françaises Ă  des combattants islamistes, restaient encore aux mains des djihadistes, selon une source sĂ©curitaire malienne, ce que le ministère français de la dĂ©fense a dĂ©menti.

Diabali a Ă©tĂ© prise lundi par des islamistes qui seraient dirigĂ©s par l’AlgĂ©rien Abou Zeid, un des chefs d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). La localitĂ© a Ă©tĂ© bombardĂ©e Ă  plusieurs reprises mardi par l’aviation française, mais les islamistes ne l’ont pas pour autant totalement quittĂ©e et, selon divers tĂ©moignages, ils cherchent Ă  se fondre dans la population dont ils se servent comme bouclier.“Depuis l’attaque des Français, nous savons qu’ils ont rasĂ© leurs barbes, rallongĂ© leurs pantalons, ils se dĂ©guisent”, a tĂ©moignĂ© le capitaine malien CheicknĂ© KonatĂ©. De nouveaux raids aĂ©riens de l’aviation française Ă©taient attendus pouraider à les chasser dĂ©finitivement.

Le Monde.fr avec AFP |  le 18.01.2013 à 00h59

 

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4 COMMENTAIRES

  1. Le théâtre des opérations

    Mon capitaine, mon capitaine, s’il vous plait, votre attention s’il vous plait, moi j’Ă©tais Ă  Konna depuis deux jours.

    -Mais le lieutenant-capitaine Konaré, il y avait de la lumière dans ton bureau hier et même ce matin, comment peux tu être à Konna.

    -Non la lumière, ça c’Ă©tait une stratĂ©gie!
    En temps de guerre, il faut avoir l’imagination fertile.

    -Qu’as tu fais Ă  Konna, t’as combattu?

    -Bien sĂ»r mon capitaine, la bas les soldats n’ont surnommĂ© Rambo!

    -Ah bon?

    -Eh bien oui, j’ai attrapĂ© un helico français par ma main droite, avec ma mai gauche j’ai contrecarrĂ© les balles islamistes, j’ai donnĂ© un coup de tĂŞte Ă  Iyad Ag Ghali, avant de faire un “Wamashi” jusque chez Fati Diallo.

    -Qui est Fati Diallo?

    -C’est la plus belle fille de Konna, tu sais la bas ce sont les Peulh, et leurs très belles filles, un peu comme Nafissatou.
    Elle était menacée par les islamistes.
    Comme il n’y avait personne pour le libĂ©rer, le Colonel Didier DakouĂ© m’a mis sur cette mission impossible.

    -alors qu’est ce tu as fait de l’helico français?

    -je l’ai jetĂ© au fleuve Niger, tout simplement.

    – Il n’y avait pas d’Ă©quipage dedans?

    – Si quelques officiers français qui criaient dans tous les sens.

    -Mais tu sais que les français sont nos alliés, ce sont eux qui nous aident à reconquérir le nord.

    -Ah bon , mais on n’a pas la mĂŞme couleur de peau…
    Ils sont plutĂ´t proche des islamos par la blancheur de leur peau.
    Et on n’a toujours dit que qui s’assemblent se ressemblent.
    Alors comme il sont blanc comme Abou Zeid…

    -Non t’as rien compris, Abou Zeid vient de l’AlgĂ©rie et les Français viennent de la France, ce n’est pas pareil.

    – C’est trop compliquĂ© pour moi..

    -Bon continue Ă  raconter ton histoire de Konna.

    -Beh c’est tout après je me suis rĂ©veillĂ©, j’Ă©tais dans un bar de Kati KĂ´kĂ´, et il Ă©tait 10 heures du matin.

    -Mais ce n’est pas possible, donc c’Ă©tait un rĂŞve de soulard?
    Mais t’es terrible.
    Après tout, tout s’explique, heureusement les Hollande Boys sont lĂ , allez amène le champagne parait-il que Konna est libĂ©rĂ©.

  2. This is not a Malian problem. This is an international problem.Our friends and allies must help us fight this war. God bless America.

  3. “‘La ville de Banamba, Ă  seulement 145 kilomètres de la capitale, a Ă©tĂ© mise en Ă©tat d’alerte après que des djihadistes ont Ă©tĂ© aperçus dans les environs………..>>. cette info,et la silence radio des bataille de diabaly et de konna declenche ma diarhee encore, qui donc pourra venir au secours…les drones americains peut etre.

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