Ménaka : Découverte de la justice transitionnelle par les associations de victimes de la crise

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La commune urbaine de Ménaka a abrité, le 1er juin dernier, un atelier sur la justice transitionnelle et les droits de l’Homme, au bénéfice d’associations de victimes de la crise politico-sécuritaire.

Cette nouvelle région du Mali à l’instar des autres régions du nord, a été durement frappée par la crise profonde qu’a traversée le pays. « Nous avons vécu toute la crise à Ménaka. Nous ne sommes pas partis. C’est ce qui a provoqué la création de notre association de victimes de la rébellion, » a expliqué M. Sidi Alamine Itiwatas, chef de fraction Talamouteis et Président de l’Association des Victimes de la Rébellion.

Initié par la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA, cet atelier a regroupé une trentaine de participants constitués en association de victimes de la crise. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Maire de la commune urbaine de Ménaka, accompagné du Chef de village. « Il nous a été enseigné que la connaissance est un puits d’or. Celui qui te donne la connaissance vient contribuer à l’amélioration de ton mode de vie, de ton mode d’existence pour que tu évolues dans ta société. Sur ce, je remercie la MINUSMA qui a eu cette initiative de nous réunir aujourd’hui avec les différentes composantes, qui je sais, seront capables de transmettre tout ce qu’elles auront appris ici à ceux qui sont restés dans la ville et au-delà » a lancé  Moussa Tiegoum Maiga, Chef de village de Ménaka.

La notion de justice transitionnelle a suscité la curiosité des participants qui étaient impatients de la découvrir. « La notion de justice transitionnelle est un nouveau concept qui parait vide de sens pour nous. Nous avons l’occasion de comprendre son contenu à travers la présence des experts » a rappelé M. Nanout, Maire de la commune urbaine de Ménaka.

L’atelier a été animé par M. Moussa Ouoba de la Division des droits de l’Homme de la MINUSMA à Gao et M. Omarou Boubacar Touré de l’association DEMESO. Ces deux experts ont su relever le grand défi qui consistait à faire comprendre aux participants qui la découvrait pour la première fois, la notion de justice transitionnelle, ses principes et ses mécanismes de mise en œuvre au Mali. « Nous avons appris la notion de la justice transitionnelle que je découvre pour la première de ma vie malgré mon âge. Je réalise que ce concept est tellement important qu’il a tout son sens dans ce que nous avons vécu à Ménaka », a déclaré M.  Sidi Alamine Itiwatas, chef de fraction Talamouteis et Président de l’Association des Victimes de la Rébellion.

 

Pendant une journée, les formateurs ont présenté différents thèmes. Parmi lesquels : la définition et les principes de la justice transitionnelle, l’introduction aux droits de l’homme, le rôle des associations de victimes dans la mise en œuvre des mécanismes de la justice transitionnelle au Mali.

Vu les différentes violations et abus des droits de l’Homme commis dans la région de Ménaka, la MINUSMA à travers sa section chargée de la question, s’y est vite déployée pour constater, documenter et rapporter les faits. « Nous tenons à remercier la MINUSMA à travers sa section des droits de l’Homme parce qu’ils ont toujours été là même pendant la crise »  a témoigné M. Nanout Koitia, Maire de la commune urbaine de Ménaka.

La région de Ménaka a enregistré pendant la crise plusieurs cas de violation et abus des droits de l’Homme. Des violences sexuelles aux atteintes aux droits économiques, sociaux et culturels, les femmes ont fortement été affectées. Plusieurs femmes étaient présentes à cet atelier pour pouvoir apprendre, comprendre et partager avec leurs sœurs la notion de justice transitionnelle. « J’avais déjà commencé à travailler  sur les cas de violences faites aux femmes pendant la crise avec des partenaires comme le Haut Commissariat pour les Réfugié at des ONGs au Niger. La majorité des refugiés au Niger sont des femmes et des enfants donc des victimes. Nous avions procédé à l’identification des victimes au camp des refugiés et même à Niamey à l’époque. La plupart des cas que nous avons surtout traités sont des violences sexuelles. Après cette formation, nous allons faire une restitution aux autres femmes afin de vulgariser le concept pour une meilleure sensibilisation des femmes de Ménaka et des autres communes », a soutenu madame Halimatou Sotbar, ex refugié au Niger et actuelle Présidente de la Coordination des Associations et Organisations Féminines (CAFO) à Ménaka.

Minusma

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