MNLA : “Pas de liens entre les Touaregs et les terroristes”

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Hama Ag Sid Ahmed, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad - France 24
Hama Ag Sid Ahmed, porte-parole du Mouvement national de libĂ©ration de l’Azawad – France 24

Alors que les rebelles ont acceptĂ© de signer l’accord de paix, Hama Ag Sid’Ahmed, porte-parole du MNLA, revient sur l’origine de la rĂ©bellion.

C’est une victoire pour Bamako et la mĂ©diation algĂ©rienne. AprĂšs avoir boudĂ© l’accord de paix inter-malien pendant plusieurs mois, les groupes armĂ©s indĂ©pendantistes du Nord du Mali ont finalement donnĂ© leur feu vert. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), qui rassemblent des combattants touaregs et arabes, a en effet annoncĂ© qu’elle validerait le texte le 20 juin prochain, Ă  Bamako. L’accord avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© signĂ© le 15 mai par le pouvoir central malien et les milices qui le soutiennent. Mais le MNLA (Mouvement national pour la libĂ©ration de l’Azawad), l’aile dure de la CMA, rĂ©clamait de nouveaux amendements. Pour Hama Ag Sid’Ahmed, porte-parole du MNLA, les nĂ©gociations ne sont pas terminĂ©es.

Le Point Afrique : Êtes-vous satisfait de l’accord de paix nĂ©gociĂ© avec la mĂ©diation algĂ©rienne ?

Hama Ag Sid’Ahmed : Cet accord est loin de rĂ©pondre aux aspirations des Touaregs. La situation reste trĂšs tendue sur le terrain, la population ne croit pas du tout aux nĂ©gociations en cours. Le 7 mars dernier, la CMA a conditionnĂ© la signature de l’accord par la prise en compte d’amendements. Pour Ă©viter l’échec des nĂ©gociations, Bamako et la mĂ©diation ont dĂ©cidĂ© que ces points seraient discutĂ©s aprĂšs la signature du 20 juin, lors de la rĂ©union de ComitĂ© de suivi. La communautĂ© internationale fait aussi pression. Mais nous ne sommes pas dupes : si les autoritĂ©s centrales maliennes ont refusĂ© de nĂ©gocier ces amendements Ă  Alger, pourquoi accepteraient-elles de les nĂ©gocier un peu plus tard ?

Que réclamez-vous ?

Sur le plan politique d’abord, nous rĂ©clamons en prioritĂ© la reconnaissance officielle de I’Azawad comme une entitĂ© gĂ©ographique, politique et juridique. Un statut notamment permis par la crĂ©ation d’une assemblĂ©e interrĂ©gionale, regroupant les rĂ©gions de Gao, Tombouctou, Kidal, MĂ©naka et TaoudĂ©ni. Pour l’aspect sĂ©curitaire, le point principal est la constitution des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© sur le territoire de I’Azawad composĂ©es Ă  80% de ressortissants de I’Azawad, et dont la liste serait dĂ©finie par la CMA elle-mĂȘme. Le mĂ©canisme opĂ©rationnel de coordination serait alors prĂ©sidĂ© par la MINUSMA (mission onusienne au Mali, NDLR) et co-prĂ©sidĂ© par les deux parties. Nous souhaitons aussi l’affectation d’un fonds spĂ©cial pour I’Azawad sur le budget de I’État, Ă  hauteur de 40% et sur une pĂ©riode de 20 ans, en vue de rĂ©sorber un retard de plus de 50 ans sur ce territoire.

Pourquoi le MNLA souhaite-t-il l’indĂ©pendance du territoire de l’Azawad, vous ne vous sentez pas Maliens ?

Les gens du Nord ne se sont jamais sentis Maliens. Pour qu’ils se revendiquent de cette nationalitĂ©, il aurait Ă©tĂ© nĂ©cessaire qu’ils se sentent soutenus par l’État sur le plan Ă©conomique et politique. Or cette rĂ©gion n’a connu que la rĂ©pression de la part de l’armĂ©e. Il est clair que Bamako ne considĂšre pas les populations du Nord comme des citoyens maliens. Le prĂ©sident Ibrahim Boubacar KeĂŻta conduit d’ailleurs la mĂȘme politique de rejet que son prĂ©dĂ©cesseur, Amadou Toumani TourĂ©.

Le 5 juin, la CMA a Ă©galement signĂ© un accord sĂ©curitaire visant notamment Ă  rĂ©tablir le cessez-le-feu Ă  MĂ©naka, qui fait partie du territoire que vous revendiquez. A-t-il une chance d’ĂȘtre respecté ?

Selon cet accord, tous les miliciens doivent Ă©vacuer la ville au plus tard le 9 juin. C’est ensuite le rĂŽle de la MINUSMA d’assurer la sĂ©curitĂ© de MĂ©naka. La CMA doit rester cantonnĂ©e en pĂ©riphĂ©rie, Ă  20 km de la ville. Mais il faut s’attendre Ă  des provocations sur le terrain au cours des prochains jours, car le GATIA (milice loyaliste, NDLR) ainsi que les Ă©lĂ©ments affiliĂ©s au groupe terroristes d’Abou Kaka, le Mujao, ont dĂ©jĂ  fait savoir qu’ils ne quitteraient pas la ville.

AprÚs la reprise de Ménaka par le GATIA fin avril, le MNLA a attaqué plusieurs villes du Nord. Est-ce que ces violences ne mettent pas en péril les populations que vous prétendez défendre ?

DĂ©jĂ , il n’y a pas grand monde dans la rĂ©gion du Nord du mali. DĂšs le dĂ©but de la rĂ©bellion, les populations ont fui les grandes villes, surtout Tombouctou et Gao.
Selon l’ONU, 57 000 personnes ont pourtant fui le Nord au cours des derniĂšres semaines
 Il s’agit essentiellement de Peuls de la rĂ©gion de Mopti. AprĂšs les Touaregs et les Maures, l’armĂ©e malienne a commencĂ© Ă  les rĂ©primer car ils rĂ©clament l’indĂ©pendance du territoire qui couvre l’ancien empire de Macina. Globalement, il est vrai que 90% de la population du Nord se trouve aujourd’hui dans des camps de rĂ©fugiĂ©s en Mauritanie, au Burkina, au Niger et en AlgĂ©rie. La population souffre de cette situation.

La signature de l’accord conditionne le dĂ©blocage d’une enveloppe de l’aide internationale pour le dĂ©veloppement du Nord, qu’en attendez-vous ?

D’abord, nous rĂ©clamons la crĂ©ation d’une Commission de dĂ©veloppement Ă©conomique, social et culturel, chapeautĂ©e par les bailleurs de fonds, pour Ă©viter les dĂ©tournements par le Sud. Il a toujours Ă©tĂ© difficile de savoir ce qu’étaient devenus les fonds versĂ©s suite aux accords prĂ©cĂ©dents. Une fois que les collectivitĂ©s territoriales que nous rĂ©clamons seront installĂ©es, les projets de dĂ©veloppement pourront ĂȘtre identifiĂ©s. Tout reste Ă  faire. Que ce soit au niveau hydraulique, de la santĂ©, de l’éduction, des infrastructures et de la communication, le terrain est vierge ! Kidal est la rĂ©gion la plus isolĂ©e : il faut la relier aux autres communes par des routes. Il y a encore des Ă©leveurs sur le terrain qui meurent de soif, alors que la rĂ©gion de Tamesma, au Nord-Est de Kidal, renferme de l’eau.

La chute de Kadhafi a relancĂ© le mouvement de rĂ©bellion au Nord du Mali. Qui sont les Touaregs du MNLA, combien de combattants ĂȘtes-vous aujourd’hui ?

Il y a plus de 3 000 combattants au sein du MNLA. Il y a quelques semaines, les trois mouvements que sont le MNLA, le HCUA (Haut Conseil pour l’UnitĂ© de l’Azawad) et le MAA (Mouvement arabe de l’Azawad), ont dĂ©cidĂ© de former un seul corps militaire au sein de l’ArmĂ©e nationale de l’Azawad. En 2010, le Touareg Ibrahim Ag Bahanga Ă©tait dĂ©jĂ  sur le terrain. Avec la chute de Kadhafi, prĂšs de 300 combattants Touaregs sont ensuite rentrĂ©s de Libye. Si certains ont prĂ©fĂ©rĂ© retrouver leur famille, une bonne partie a rejoint le MNLA en octobre 2011. De nombreux militaires Touaregs ont aussi dĂ©sertĂ© pour regagner la rĂ©gion. Le MNLA est alors nĂ© de tous ces regroupements. À l’époque, nous avons essayĂ© d’approcher Amadou Toumani TourĂ© pour engager des discussions. Mais la situation s’est dĂ©gradĂ©e sur le terrain, malgrĂ© l’intervention politique des Français. La rĂ©bellion s’est dĂ©clenchĂ©e le 17 janvier Ă  MĂ©naka 2012 (le MNLA a attaquĂ© la ville, NDLR). Les Touaregs ont ensuite Ă©tĂ© Ă©jectĂ©s du Nord de maniĂšre spectaculaire par les terroristes.

Vos armes, d’oĂč viennent-elles ?

La rĂ©bellion Ă©tait dĂ©jĂ  Ă©quipĂ©e lors du soulĂšvement de Kidal en 2006. Les Touaregs rentrĂ©s de Libye possĂ©daient aussi un arsenal important. Mais la plus grande partie du stock d’armes et de munitions que nous possĂ©dons provient surtout de l’armĂ©e malienne : les soldats, qui ne se sentent pas chez eux dans le Nord, fuient rĂ©guliĂšrement les affrontements avec les Touaregs et abandonnent tout.

Vous vous présentez souvent comme un rempart contre les groupes terroristes présents au Nord du Mali, pourtant il y a clairement des passerelles entre vos mouvements, quels sont vos liens ?

Il n’y a pas de liens entre les Touaregs et les terroristes. Les Touaregs Ă©taient les seuls Ă  pouvoir faire face Ă  l’avancĂ©e des terroristes.

Iyad Ag Ghaly, figure historique de la rĂ©bellion touareg, est pourtant devenu un chef d’Ansar Dine


C’est vrai qu’il y a eu cette alliance avec ce groupe en 2012. Les deux mouvements ce sont battus ensemble Ă  Tessalit et un peu Ă  Kidal. À l’époque, Ansar Dine, qui Ă©tait dirigĂ© par un Touareg, n’avait pas encore dĂ©veloppĂ© son idĂ©ologie. Les Touaregs du MNLA pensaient donc qu’ils poursuivaient les mĂȘmes objectifs. Lorsque leur agenda s’est avĂ©rĂ© totalement diffĂ©rent du nĂŽtre, des affrontements ont suivi. Comme ils Ă©taient trĂšs nombreux et grĂące Ă  l’argent des rançons mais aussi de complicitĂ©s maliennes, qui prĂ©fĂ©raient la prĂ©sence de groupe terroristes Ă  cele de groupes indĂ©pendants, il leur a Ă©tĂ© facile de chasser les Touaregs. Aujourd’hui encore, il y a une guerre ouverte entre Touaregs et djihadistes. Depuis 2014, prĂšs de 40 Touaregs ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s par les groupes terroristes.

Le Point Afrique – PubliĂ© le 10/06/2015 Ă  16:43 – ModifiĂ© le 10/06/2015 Ă  17:05

 

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19 COMMENTAIRES

  1. Ce bandit enturbannĂ© est un vrai mythomane comme tous les bandits du MNLA d’ailleurs.
    C’est grĂące aux mensonges qu’ils ont acquis une certaine lĂ©gitimitĂ© auprĂšs de la communautĂ© internationale. C’est aussi grĂące aux mensonges qu’ils reçoivent des aides financiĂšres des pays occidentaux. Le mensonge est leur fond de commerce .
    Sans le mensonge ils seront obligés de travailler comme tous les autres à la sueur de leur front . Ce sont des vrais spécialistes en matiÚre de propagande et discours victimaires.

    Plus menteur que ces gens du MNLA tu meurs . Ils ont le mensonge dans le sang.
    Ils sont arrivés à rouler la communauté internationale dans la farine .
    Ils sont arrivĂ©s Ă  remonter la communautĂ© internationale contre les FAMA grĂące aux mĂȘmes mensonges . Ils ont toujours obtenu ce qu’ils voulaient grĂące aux mensonges .
    Malheureusement pour eux , ceux qui ont été trompés réalisent maintenant à quel point ils se sont faits avoir . Croyez moi le mensonge peut courir pendant des années mais il est rattrapé en un seul jour par la vérité .

  2. Ce con doit a son age avoir honte de mentir.l 'histoire te rattrapera. Vous allez mal finir dans ce sauf si le bon Dieu dormait.De trahison en trahison de la Lybie au Mali que vous avez verse trop de sang ,que vous avez fait trop d'orphelins.ca ne fait que commencer.detromper vous. Vos alliers vous tromperons bientot car eux ils n'ont que des interets.le mal est consomme mais vous et vos alliers vous n'allez jamais pouvoir diviser ce MALI.soyez un peu intelligents et sachez que noblesse est de vivre a la sueur de son front.VIVE LE MALI.

  3. Nous sommes au mois de juin 2015, le mois de mai est passĂ© depuis une dizaine de jour pour que le titre de cet article puisse ĂȘtre un canular de1er mai. Le monde entier est maintenant conscient que MNLA rime avec terroriste. L’attaque d’Aguel Hoc, les liens avec Boco haram, avec Aqmi, avec ansar dine, avec des fouteurs de merde du monde entier sous le vocal djihadiste sont lĂ  comme preuves irrĂ©fragables de l’appartenance du MNLA au monde terroriste. C.Q.F.D.

  4. 1 “Cet accord est loin de rĂ©pondre aux aspirations des Touaregs.” 😯

    Les populations que vous dĂ©fendez ou les “TOUAREGS” ????

    2 “Les Touaregs ont ensuite Ă©tĂ© Ă©jectĂ©s du Nord de maniĂšre spectaculaire par les terroristes.” 😆
    “Les Touaregs Ă©taient les seuls Ă  pouvoir faire face Ă  l’avancĂ©e des terroristes.” 😆

    Ces deux phrases peuvent se rĂ©sumĂ©es Ă  :”Les touaregs Ă©jectĂ©s du Nord de maniĂšre spectaculaire ont Ă©tĂ© les seuls Ă  faire face Ă  l’avancĂ©e des terroristes” 😆 😆 😆 😆 😆 😆

    3 A la question: “AprĂšs la reprise de MĂ©naka par le GATIA fin avril, le MNLA a attaquĂ© plusieurs villes du Nord. Est-ce que ces violences ne mettent pas en pĂ©ril les populations que vous prĂ©tendez dĂ©fendre ?”, je vous demande de relire la rĂ©ponse! 😆 😆 😆 😆 😆

    Quel mouton enturbannĂ©!!!! 😆 😆 😆

  5. Pour ce monsieur le Nord Mali est habité exclusivement de touaregs.
    C’est lamentable et c’est pour cette raison que les noirs doivent rĂ©flĂ©chir et trouver les voies et moyens de se dĂ©fendre

  6. Tout sa est la faute de ibk a cause de sa lùcheté le mali a perdu sa dignité les rebelles savent que nous avons des diriges incapable de défendre notre pays

  7. Waououhhh, ce monsieur a vraiment du culot. Ce que J’ai a dire l’azawad dont vous Parlez n’est que fictif ey une maniĂšre de duper le peuple malien et la communautĂ© internationale. En plus vous avez le culot de Tombouctou, Gao et Kidal 😆 😆 😆 . Dites moi combien de personnes sans vos menaces, extorsions, assassinats et enlevements vous supportent rĂ©ellement ❓ . Et vous voulez decider des hommes qui assureront la securitĂ© des populations du nord 😆 . Et vos presidents de regions :mrgreen: .
    Oui un groupe ou une partie de la partie peut vous supporter par ignorance mais Sachez que sil faut reboloter le peuplemalien le refera tot ou tard avec un con de president Leche culs ou pas. Seul le peuple sera maitre de son Maliba.

    Vive le Maliba Un et Indivisible.

  8. L’ARME AZAWACHIENS? LE MALI VAS JAMAIS RECONU DES RACISTS SUR SON TRETOIRE.
    COMMENT VOUS IMPOSE SUR LA POPULATION QUI VEU JAMAIS ETRE SOUS UN GROUP RACIST? C SON DES TOUAREQ SEULE QUI VIE AU NORD MALI? ALLONS INVITE KHALIFA HAFTA POUR VENIR VOUS SOUTENIR…VOUS NA JAMAIS REMERCIER C PAYS,NI RENDU UNE SERVICE.
    TU EST UN VRAIS ENEMI DU MALI HAMA AG SIDI…QUE BON DIEU VOUS DETRUI, AMEEN

  9. BANDITS voyous criminels vous ĂȘtes tous des terroristes 😈 😈 😈 😈

  10. “…MNLA : “Pas de liens entre les Touaregs et les terroristes…”

    Mais ce M , Hama Ag Sid’Ahmed, porte-parole du MNLA, il nÂŽest pas sĂ©rieux!!!
    IL ment comme il respire, pas la peine de réagir å ce délire!!!!!!

  11. Ce type raconte tellement de mensonges, c’est un minable:

    “Globalement, il est vrai que 90% de la population du Nord se trouve aujourd’hui dans des camps de rĂ©fugiĂ©s en Mauritanie, au Burkina, au Niger et en AlgĂ©rie. La population souffre de cette situation.”

    90% serieusement??? Vous etes vous-memes votre pire ennemi…

    Je vous mets au defi d’aller ouvrir un de vos bureau a Gao, dans ma ville!

    Espece de rat des sables, laches!!! Vous mettez vos famille a l’abris (en Mauritanie, en France…) et vous apportez la guerre aux autres…. avec vos rebellions… et vous voulez que l’armee ne bouge pas. Si elle bouge, repression…

    L’enfer sera plus doux pour vous!

    Votre azamerde n’existe pas et n’a jamais existe!!!

  12. Nord du Mali : Que pense vraiment Ambery Ag Rhissa, dirigeant du MNLA?

    27 fév 2014 à 03:34 AM Rubrique: Insécurité,Nord-Mali
    11 réactions [-] Texte [+] Email Imprimer

    QUE DIT TU DE CA, Hama Ag Sid’Ahmed, CECI A ETE ECRIT PAR UN DE VOS DIRIGEANTS ACTUELS

    Ambery Ag Rhissa
    Car voici ce qu’il a Ă©crit en 1964
    A propos des Touaregs de l’Adrar des Iforhas :

    « Qu’on le sache »
    Le camarade Ambery Ag Rhissa, instituteur en service Ă  M’Bouna, a envoyĂ© Ă  «l’Essor », cet article sur les Touareg de l’Adrar des Iforhas. L’auteur fait l’historique de « la vie des populations de l’Adrar Ă  la veille de l’occupation coloniale pendant la domination française et donne son opinion sur le prĂ©tendu « problĂšme de Kidal ».

    « Il n’est pas dans mes habitudes d’insĂ©rer des articles dans les journaux, cela pour la raison qu’il me serait difficile de trouver Ă  dire quelque chose qui n’ait Ă©tĂ© dĂ©jĂ  dit avant moi ou qui ne soit connu de tout le monde. Aujourd’hui, cependant, je me dĂ©cide Ă  tenter l’expĂ©rience, non pas parce que j’ai quelque chose Ă  rĂ©vĂ©ler, mais parce que les circonstances m’y incitent.

    J’ai lu dans un numĂ©ro rĂ©cent de «l’Essor» un article relatif aux Touaregs de l’Adrar des Iforhas, qui a suscitĂ© chez moi un intĂ©rĂȘt rĂ©el, grandissant Ă  mesure que je parcourais certains de ses passages. D’abord, j’avoue que j’ignorais que «l’Affaire de l’Adrar» Ă©tait de nature Ă  provoquer des commentaires, ni d’une telle ampleur, ni d’une telle durĂ©e ! A mon tour, permettez-moi de dire mon opinion sur cette question. Je crois ĂȘtre en mesure de situer le problĂšme dans ses proportions rĂ©elles.

    Ma position Ă©loignĂ©e ne me permettant pas de lire autre journal que l’Essor, ni mĂȘme rĂ©guliĂšrement l’organe du Parti. Aussi j’ignorais dans leur dĂ©tail les allĂ©gations publiĂ©es par la presse Ă©trangĂšre au sujet des Touaregs de l’Adrar. Mais Ă  travers la mise au point faite dans l’Essor, il m’a Ă©tĂ© possible de dĂ©couvrir que la vĂ©ritĂ© avait Ă©tĂ© travestie, par la presse rĂ©actionnaire, tant en ce qui concerne l’Adrar des Iforhas, qu’en ce qui concerne le prĂ©tendu «problĂšme de Kidal». On ne peut pas ne pas ĂȘtre sensible Ă  certaines calomnies, surtout lorsqu’elles sont le fruit d’une imagination capricieuse, agissant par le simple motif de la malveillance.

    Je ne perdrai pas du temps Ă  relater le mode de vie des Touaregs de l’Adrar, car le camarade Alhassane Ag Baye l’a dĂ©jĂ  fait. J’apporterai seulement quelques aspects complĂ©mentaires, fruit d’une analyse objective sur le terrain et dans l‘actualitĂ©, le tout destinĂ© Ă  aider ceux qui cherchent rĂ©ellement la lumiĂšre et Ă  prĂ©ciser aux Français mal informĂ©s, que le Mali connaĂźt toute la vĂ©ritĂ© sur le sujet.

    Les Touaregs de Kidal, considĂ©rĂ©s dans leur ensemble, constituaient une petite sociĂ©tĂ© fĂ©odale qui n’avait jamais entretenu avec les Populations sĂ©dentaires que des relations sommaires, distantes et superficielles, relations qui leur Ă©taient imposĂ©es par les nĂ©cessitĂ©s de la subsistance. L’administration française a exploitĂ© l’excellente position gĂ©ographique de la subdivision de Kidal (actuelle RĂ©gion de Kidal) pour que les Ă©chos de la lutte inlassablement menĂ©e par notre Parti (l’Union Soudanaise RDA) depuis 1946 ne dĂ©passent jamais Bourem. Elle a Ă©galement et surtout exploitĂ© l’énorme diffĂ©rence qui existe entre les mƓurs TamachĂšques et les mƓurs sĂ©dentaires, pour dĂ©velopper l’esprit raciste et esclavagiste chez les Touaregs. Pour achever de faire de l’Adrar un terrain entiĂšrement propice Ă  la traditionnelle «action française», le fĂ©odalisme a Ă©tĂ© encouragĂ© et renforcĂ©. La France a appris aux Touaregs de l’Adrar Ă  payer l’impĂŽt (sous forme de tribut), Ă  mĂ©priser le sĂ©dentaire, et Ă  respecter l’ordre d’inĂ©galitĂ© sociale artificiellement Ă©tabli pour les besoins de la circonstance et on se servait de l’innocente religion comme justification. Pas plus. Toutes les conditions depuis la structure gĂ©ographique jusqu’à la conscience du milieu Ă©taient favorables pour maintenir les Touaregs dans l’obscurantisme le plus inhumain qui soit. C’est ainsi que l’Adrar de novembre 1959 (date du dĂ©part du dernier chef de subdivision français, Allard Jean) n’était que celui de 1904, date de sa soumission Ă  la France.

    Parlons un peu de cette soumission : elle a Ă©tĂ© effectuĂ©e sans heurt, sans difficultĂ©s, je dirais mĂȘme Ă  l’amiable, puisque ce sont les Iforhas eux-mĂȘmes qui sont partis l’apporter aux Français, Ă  ln Salah (AlgĂ©rie). Ils avaient toujours des ennuis avec les Regueybats qui venaient frĂ©quemment razzier les troupeaux de chamelles. Il leur fallait donc une aide. La France, mĂȘme si elle se tait lĂ -dessus, sait que cette soumission est nĂ©e d’une nĂ©cessitĂ© des circonstances d’alors et non de l’adresse de la politique française ! Que la dĂ©funte administration française ne croie donc avoir rĂ©ussi «pacifiquement», lĂ  oĂč elle croit dĂ©celer aujourd’hui un Ă©chec de notre part ! Sa «politique pacifiste» n’a pas trouvĂ© les portes ouvertes chez les Touaregs Kel Ahaggar, le 16 fĂ©vrier 1881, au puits de Anou N’Hoaeun, lorsque la mission Flatters fut massacrĂ©e par les hommes du Ahitaghel. La fin inoubliable de la mission Flatters, dont les derniers survivants ont Ă©chappĂ© grĂące Ă  des conditions que nous ne dĂ©voilerons pas, ne permet pas aux saboteurs français de nous faire croire que leur pĂ©nĂ©tration chez les Touaregs s’est effectuĂ©e «pacifiquement». La bataille de Tit, Ă  50 kilomĂštres de Tamanrasset, livrĂ©e le 7 mai 1902 par le lieutenant Français Cottenest aux Kel Ahaggar, commandĂ©s par Baba Ag Tamaklast et Sidi Mohamed Ag Othman, prouve encore une fois de plus que les Touaregs, comme tous les peuples d’Afrique ont subi la domination coloniale parce qu’ils ne pouvaient faire autrement. La France n’a pu pĂ©nĂ©trer effectivement au Hoggar (qui n’avait pas, comme l’Adrar, sollicitĂ© sa prĂ©sence) qu’à la nomination de Mossa Ag Amastane Ă  la tĂȘte des Kel Ahaggar, en remplacement de Attici Ag Amellal. Et Mossa Ag Amastane a liĂ© «amitié» avec la France, parce que l’expĂ©rience lui avait prouvĂ© que l’inĂ©galitĂ© des moyens matĂ©riels ne permettait pas de continuer la rĂ©sistance opposĂ©e par ses prĂ©dĂ©cesseurs.

    Une vĂ©ritĂ© qu’il me faut Ă©galement rappeler Ă  la presse française et Ă©trangĂšre, c’est que les Français n’ont jamais eu confiance en leur position en zone targuie, et cela par suite de plusieurs mouvements, tous Ă  caractĂšre antifrançais, allant du massacre de la Mission Flatters Ă  la rĂ©volte de la SĂ©noussa et Ă  la bataille d’Aderamboukane en 1916. La France a toujours vu dans les Touaregs «des populations Ă  surveiller de trĂšs prĂšs». Elle a toujours eu des apprĂ©hensions qui se justifiaient peut-ĂȘtre, parce que nĂ©es des lĂ©gendes mystĂ©rieuses qui couraient sur ces «populations», entourant aussi ces massifs montagneux qui se profilent de l’Atakor N’Ahaggar (AlgĂ©rie) aux Tirar-Rar (Mali). Cette zone centrale «Hoggar-Adrar» Ă©tait le trait d’union entre l’ex-Afrique du Nord et l’ex-A.O.F., et c’est la raison pour laquelle la France l’a toujours veillĂ©e jalousement, avec la coopĂ©ration de la Compagnie Saharienne du Tidikelt, du Soudan et du Niger. Cela explique la fameuse «chasse aux rebelles», mĂ©thodiquement poursuivie en ces temps-lĂ  par les autoritĂ©s française, et c’est cela seulement qui l’explique. Car l’impĂŽt n’était pas la raison rĂ©elle qui a motivĂ© cette prĂ©tendue lutte contre les Fellaghas.

    L’impĂŽt Ă©tait un prĂ©texte pour dissimuler le caractĂšre odieux et flagrant de plusieurs exĂ©cutions arbitraires. Qui peut soutenir qu’Alla, qu’Affad, qu’In AllaĂąn, que Bou AĂąmamane ne payaient pas l’impĂŽt ? Personne. Car il n’en est justement rien. Il est vrai que ces hommes ne venaient pas eux-mĂȘmes s’acquitter de leurs contributions, mais chacun d’eux Ă©tait recensĂ© dans une famille Ă  laquelle le chef communiquait le montant global de l’imposition, augmentĂ© d’un supplĂ©ment «pour le chef». La vĂ©ritĂ©, n’en dĂ©plaise aux nostalgiques français, est que ces hommes dĂ©tenaient des armes Ă  feu, ce qui dans l’esprit des administrateurs coloniaux, Ă©quivalait Ă  la naissance d’un mouvement de rĂ©bellion, donc Ă  une menace pour la sĂ©curitĂ© du Sahara. Il fallait donc tuer le germe dans l’Ɠuf. C’est lĂ , et c’est lĂ  seulement la raison de la tragique mort d’Alla, de l’assassinat d’In AĂąllaĂąn en 1957, dans l’oued Tissakakiwen, assassinat dont la procĂ©dure et le lieu ont Ă©tĂ© convenus entre Clauzel et le sergent Darcel, Ă  Tessalit.

    Revenons Ă  l’actualitĂ© dont «Jeune Afrique» et «Paris Jour» semblent faire un cheval de bataille qui ne tient malheureusement pas debout. Tout d’abord, je voudrais dire au camarade Alhassane Ag Baye, que l’impĂŽt est loin d’ĂȘtre la raison rĂ©elle et fondamentale de ce qu’on a complaisamment appelĂ© «la rĂ©bellion de Kidal». Il est certain que, faute d’éducation civique suffisante les Touaregs de Kidal n’ont pas tout Ă  fait compris le sens de l’impĂŽt, mais il faut situer correctement les faits. L’impĂŽt n’est pas la raison de ce misĂ©rable remue-mĂ©nage, car cela impliquerait nĂ©cessairement une gĂ©nĂ©ralisation du mouvement, puisque tous les Maliens du cercle sont imposĂ©s. Or, tel n’est pas le cas, car les dissidents apatrides sont Ă  peine une poignĂ©e. Le problĂšme se situe plutĂŽt dans la politique impĂ©rialiste française, qui laisse toujours une bombe Ă  retardement partout oĂč elle lĂšve l’ancre. Pourquoi tenter vainement de cacher et de nier les rĂ©alitĂ©s historiques, car elles ne sont plus un secret pour personne, mĂȘme en Afrique, oĂč les impĂ©rialistes d’Occident ont tentĂ© de maintenir les peuples dans un complexe d’infĂ©rioritĂ© injustifiable ? Nous savons tous que certain gouvernement français avait de la peine Ă  se consoler de l’échec de l’O.C.R.S. Nous savons tous que ses tĂ©nors ont Ă©tĂ© dĂ©concertĂ©s par le ralliement de feu Attaher Ag Ally ( que la terre lui soit lĂ©gĂšre) Ă  l’Union Soudanaise R.D.A., lors de la visite du camarade Modibo Keita Ă  Kidal en octobre 1950, en dĂ©pit des contacts rĂ©itĂ©rĂ©s et prĂ©alablement effectuĂ©s par le lieutenant Crespin (P.M.T). Nous savons tous, et les « milieux français» autant que nous, que ceux-ci ont largement contribuĂ© Ă  l’agitation des Iforhas, en profitant d’un stade bien dĂ©terminĂ© dans l’évolution d’une sociĂ©tĂ© donnĂ©e.

    Nous savons tous, et les mĂȘmes milieux français Ă©galement, qu’il y avait une Ă©tincelle constituĂ©e par la minoritĂ© fĂ©odaliste Iforhas dont le mode d’existence devait tomber nĂ©cessairement et obligatoirement en dĂ©suĂ©tude en rĂ©gime socialiste. Pourquoi donc incriminer les Touaregs qui, Ă  part ceux devant qui l’administration française a fait miroiter le mirage de la «Liberté» de jadis, et qui ont dĂ©jĂ  fait leur reddition, parce qu’ils ont compris oĂč ce chemin les menait, pourquoi donc, dis-je, incriminer les Touaregs qui sont restĂ©s des citoyens Maliens Ă  la hauteur de notre Ă©volution sociale ? Pourquoi donc le Mali qui a eu le courage d’entreprendre ce que la France n’a jamais osĂ© toucher du doigt : la lutte contre le fĂ©odalisme ? Ces accusations erronĂ©es ne trouvent aucune justification dans la participation du fils d’Alla au mouvement. L’activitĂ© de L’Ladi Ag Alla s’inscrit dans la rĂ©bellion non pas en tant qu’opposition Ă  une domination quelconque, mais en tant qu’opposition du rĂ©gime fĂ©odal au rĂ©gime socialiste. L’Ladi est restĂ© plus d’un an Ă  Tamanrasset entre 1961 et 1962, et il a Ă©tĂ© «ensorcelé» par les bases françaises, de la mĂȘme maniĂšre que ses complices. Ce n’est donc pas la lutte menĂ©e par son pĂšre qu’il a voulu «continuer», car autrement, il l’aurait dirigĂ©e contre les Français, contre le sergent-chef Huguet, qui a tuĂ© Alla d’une rafale de mitrailleuse.

    Ainsi, il apparaĂźt clair que le problĂšme de l’Adrar est une Ă©tape qui devait ĂȘtre nĂ©cessairement franchie dans notre rĂ©volution socialiste. Il apparait clair que le problĂšme ne s’est pas posĂ©, parce que «c’est le Mali» mais parce que, avec les mĂȘmes donnĂ©es, il se serait posĂ© dans tout autre pays. Autrement dit, il se serait posĂ© Ă  la France elle-mĂȘme, si elle avait osĂ© dĂ©cider et entreprendre la lutte contre le rĂ©gime fĂ©odal.

    Nous disons donc Ă  «Jeune Afrique» qu’il a mal dĂ©butĂ© sa jeunesse, Ă  «Paris-Jour» qu’il mal vu le jour, Ă  tous les deux que l’histoire ne s’invente pas. Bien loin de donner naissance Ă  des idĂ©es nouvelles et rĂ©trogrades, leurs allĂ©gations erronĂ©es leur rĂ©vĂšleront, une fois de plus, la force de notre patriotisme, ce patriotisme dont ils croient avoir dĂ©celĂ© une dĂ©faillance chez les Touaregs. Les milieux rĂ©actionnaires français ont soufflĂ© sur l’étincelle, croyant dĂ©clencher un incendie. Mais ce n’était pas dans une paillote. Elle Ă©tait dans une solide maison au milieu du sable oĂč il n’y a rien d’inflammable !

    Quant Ă  la «RĂ©publique de Lithamie», c’est une idĂ©e tellement fantaisiste, que j’oserai Ă  peine en parler. Cette idĂ©e n’a pas jamais germĂ© dans l’esprit d’aucun Targui de l’Adrar. Les Iforhas cherchent Ă  prĂ©server leurs privilĂšges fĂ©odaux et non Ă  obtenir une autonomie. Et ils se seraient bien accommodĂ©s de n’importe quel rĂ©gime, Ă  la condition que ces privilĂšges soient Ă©pargnĂ©s. Connaissant parfaitement l’Adrar, mieux que «Jeune Afrique», mieux que «Paris-Jour», je dĂ©clare, sans craindre de me tromper, que la «RĂ©publique de la Lithamie» est une invention de ceux qui ont le complexe de l’improductivitĂ© de leur esprit et de l’inaptitude de celui-ci Ă  analyser les problĂšmes en partant de leurs donnĂ©es rĂ©elles ; une invention de ceux qui croient compenser leur incapacitĂ© Ă  Ă©voluer avec l’humanitĂ© par des allĂ©gations gigantesques dans leur forme, mais vides de toute vĂ©ritĂ©.

    Les Touaregs sont ignorants, d’accord ! Mais ils reconnaissent ce qui leur nuit de ce qui leur est profitable. Ils se souviennent nettement de l’atmosphĂšre asphyxiante qu’ils respiraient sous la domination coloniale fusionnĂ©e avec le rĂ©gime fĂ©odal. Ils rĂ©alisent parfaitement cette brise bienfaisante qui souffle actuellement sur eux depuis notre indĂ©pendance. Ils savent faire des comparaisons judicieuses. Qu’on aille donc leur demander ! »
    M’Bouna, le 26 Mai 1964
    Ambéry Ag RISSA

  13. CA FAIT VRAIMENT RIRE………………………LE MNLA PEUT CAS MEME SE RAPPELER AVOIR ATTAQUE LE NORD DU MALI EN ACCLAMANT HAUT ET FORT LA CREATION DE L ETAT TERRORISTE D AZAWAD ………………..LE MNLA EST MAUDIT ET RESTERA MAUDIT POUR TOUTES LES SOUFFRANCES INFLIGEES AUX POPULATIONS MALIENNES ……………AUCUN GRIN D HONNETETE POUR CE GROUPUSCULE CRAPULEUX ET CRIMINEL………………. ENCORE UN MAUDIT DES MAUDITS QUI PARLE.PAUVRES DE VOUS MNLA VOUS ETES VOUES A L ENFER..A JAMAIS POUR TOUS VOS CRIMES…………….LE MALI RESTERA DEBOUT…..VOUS NE REPRESENTEZ MEME PAS LES TOUAREGS A PLUS FORTE RAISON LES POPULATIONS DU NORD……………
    💡

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