Nord : Imbroglio confondant

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À l’appel du néant dans le septentrion malien la démarche du gouvernement n’a guère convaincu. Le défi de la sécurité et de la paix reste à relever au moment où tous admettent sonnent le tocsin. Les ingrédients pour enflammer la zone sont réunis.

2011, année trouble dans le nord Mali. Le pire n’est pas complètement écarté au moment où des renforts militaires arrivent pour faire face aux menaces des groupes salafistes sur fond de résurgence de l’ancienne rébellion touarègue. Et dans un contexte de crise post-libyenne, où  un premier groupe de 400 (c’est un chiffre officiel) ex-combattants maliens ont regagné leur pays avec armes et bagages. Le bercail leur a ouvert ses portes en les accueillant sur le site de Takalot. Six ministres de la République leur ont rendu visite en apportant vivres et 50 millions de nos francs (juste pour rester tranquille pendant un mois). Ces ex-combattants ont alors dit leur volonté de s’inscrire dans la logique de la paix. Sans avoir cacher celle d’être intégré dans le corps de l’armée régulière. Ils auront pour mission de faire des patrouilles mixtes avec les éléments des forces loyalistes de leur pays d’origine. Cependant, on ne sait toujours pas où est passée l’autre partie de ces ex-combattants. C’est une autre menace latente. D’aucuns pensent qu’ils jouent au chantage avec les autorités militaires. Il faut reconnaître que le nord est tellement unique qu’un simple recrutement peut revêtir un caractère ethnique. Chaque communauté impose sa petite loi lors des recrutements espérant qu’en cas de rébellion, les membres de leur communauté incorporés dans l’armée, aient  leur mot à dire dans les négociations.

Vers la fin 2011, toutes les certitudes sur le nord ont été ébranlées. L’inquiétude a gagné tout le monde à commencer par le président de la République. L’homme qui disait maîtriser la situation mieux que quiconque, en était réduit à appeler la communauté internationale à prendre ses responsabilités.  Pourquoi ? Des événements malheureux sont venus contrarier tout ce qu’il avait jusqu’ici développé lors de ses sorties médiatiques : « on n’a jamais enlevé d’occidentaux dans notre pays ; le nord est plus sûr que les banlieues parisiennes»… La rhétorique était désormais erronée.

En effet, quelques heures seulement après le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Soumeylou Boubèye Maïga, a reçu le corps diplomatique accrédité dans notre pays, deux occidentaux étaient enlevés à Hombori, jeudi 24 novembre 2011. Le lendemain,  trois touristes européens ont été enlevés à Tombouctou. Un quatrième a été assassiné dans la cité sainte. C’est ce moment que le gouvernement a pris la mesure des choses dans cette partie du pays, en affirmant ouvertement qu’il s’agit là d’une action terroriste et une attaque perpétrée contre la sécurité et la stabilité de notre pays.

Au même moment, le colonel Bamoussa (Fils d’un certain fonctionnaire Diarra qui était en poste à Kidal) désertait des rangs de l’armée avec plus d’une dizaine de militaires et 5 véhicules.  Le colonel Bamoussa est celui-là même qui a été porté (conformément aux fameux Accord d’Alger) à la tête des unités spéciales dans le nord, en décembre 2010. Il s’agit d’un ancien responsable des rebelles touaregs qui avaient pris les armes en 2006. Une fois est devenu coutume pour Bamoussa.

Alors que le voile s’était enfin levé sur les intentions d’Iyad Ag Agaly, qui avait rejoint le maquis. Pendant que le député Alghabasse Ag Intallah, Ambéïry Ag Rhissa et Hama Ag Sidi Ahmed, tiraient les ficelles du mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). En somme, le septentrion malien était pris de convulsions par des événements malheureux dont les plus dangereux restent l’entrée en scène d’anciennes figures emblématiques de la rébellion des années 1990, et les agissements des groupes islamistes. À ce sujet, ils continuent d’écumer et de saboter les efforts de développement dans la zone. Tout juste la semaine dernière, des renforts militaires ont été envoyés en vue de parer au péril qui pèse sur de pauvres populations qui n’aspire que de vivre dans un environnement paisible.

Par ailleurs, pour calmer le jeu, le président de la République lui-même a reçu par deux fois les représentants des combattants maliens rentrés de Libye. Leur intégration, qui se fait en catimini, ne signifie nullement la fin des menaces au nord. Nous sommes dans un imbroglio  plus confondant que jamais. Dans notre future parution, nous révélerons les coulisses d’une audience (d’un politicien) pas comme les autres à Koulouba.

Issiaka Sissoko

 

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