Nord Mali : le président appelle à l’apaisement et met en garde contre les amalgames

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Amadou Toumani Touré, le président malien. Getty Images

Le président Amadou Toumani Touré est intervenu mercredi 1er février 2012, au soir, à la télévision, pour la première fois sur la situation qui prévaut au Nord du Mali. Il a affirmé que l’armée poursuivra sa mission de défense mais a aussi appelé ses compatriotes à ne pas faire d’amalgame. Après l’attaque du domicile d’un touareg, et la mise en sac d’une pharmacie et d’une clinique d’un autre touareg à Kati (à 15km de Bamako), le président malien a appelé à ne pas confondre les auteurs d’attaques dans le Nord et les communautés touareg et arabe.

C’est un discours plutôt musclé qu’a tenu le président Amadou Toumani Touré. En premier lieu, il a apporté son soutien aux forces armées maliennes : l’Etat mobilisera tous les moyens aux plans de l’équipement, de la logistique, pour permettre aux troupes d’accomplir leur mission de préservation de l’intégrité territoriale, selon le président malien. L’heure n’est donc pas à une trêve, même si d’après nos informations, une délégation du gouvernement malien et celle d’un groupe d’ex-rebelles touareg se rencontrent à partir de ce jeudi à Alger, peut-être, peut-être pour parler de paix.

La délégation de Bamako est conduite par le ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubéye Maïga, et celle du groupe rebelle -dont des éléments participent actuellement aux combats contre l’armée- est dirigée par Hama Ag Bibi, député à l’Assemblée nationale.

Sur le terrain, au Nord, chaque champ revendique la victoire, et le chef de l’Etat malien résume les attaques des rebelles à une technique de harcèlement. Des villes, des hameaux se sont déjà vidés de leurs habitants qui ont notamment trouvé refuge au Niger et en Mauritanie, pays voisins du Mali.

Ne pas faire d’amalgames

Dans son discours, le président Amadou Toumani Touré a également invité ses compatriotes à éviter l’amalgame entre les touareg qui attaquent dans le Nord, et ceux qui cohabitent pacifiquement avec les autres communautés sur le territoire national.

Ceux qui ont attaqué certaines localités et casernes du Nord ne doivent pas être confondus avec nos compatriotes touaregs, arabes, peuls, sonraïs, des parents qui vivent avec nous… qui ont choisi le Mali, qui ont choisi la loyauté, la fraternité et qui ont exactement les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes aspirations que nous…

Rappelons que ce mercredi 1er février au moins deux personnes de la communauté touareg ont vu leurs bien saccagés à Kati, localité située à 15 km de Bamako.

Par RFI

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.