Processus de paix et de réconciliation : Des mouvements de la CM-FPR se réunifient et désavouent Me Toureh

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Le porte-parole de la Plateforme des mouvements d’autodéfense, en l’occurrence Me Harouna Toureh, semble plus que jamais tombé en disgrâce auprès de nombre des mouvements sédentaires qu’il est censé représenter au sein du Comité de suivi de l’Accord (CSA). C’est du moins ce que laisse croire une déclaration faite, hier, par le Ganda Izo, le Ganda Lassalizo, le Gandakoye, le Bouctou et le FLN, tous membres fondateurs de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CM-FPR).

A la faveur d’une réunion qu’ils ont tenue ce dimanche 3 janvier 2016, les 5 mouvements sédentaires ci-dessus cités ont convenu, à l’Olympe International Hôtel de Bamako, de réunifier la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance. A cette occasion, les responsables de Ganda Izo, Ganda Lassalizo, Gandakoye, Bouctou et du FLN ont fait une déclaration commune. Dans ledit document, ils justifient leur démarche par le besoin urgent des mouvements issus des communautés sédentaires du Nord du Mali, longtemps fragilisés par les divisions internes, de se retrouver afin d’occuper toute la place qui leur revient dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation.

«Nous sommes particulièrement indignés de constater que les orientations et idéaux républicains de la CMFPR au moment de sa création aient été superbement ignorées et déviées de leur trajectoire, sans aucune consultation préalable des acteurs concernés», ont-ils regretté.

Aussi, dénoncent-ils l’attitude de 04, porte-parole de la Plateforme et non moins membre influent de la CM-FPR, qu’ils accusent de se battre pour «sortir les 11 mouvements fondateurs de la CMFPR» du processus de mise en œuvre de l’Accord. Ainsi, ces mouvements en informent les différentes communautés, le gouvernement malien, la médiation, le Comité de suivi de l’Accord et l’ensemble des mouvements de la Plateforme «qu’à compter de la date de signature de la présente déclaration, Me Harouna Toureh ne représente plus la CMFPR au niveau du CSA», ses démembrements et les autres organes de mise en œuvre de l’Accord.

Les signataires de la déclaration laissent entendre par ailleurs que les sites de cantonnement dans les régions de Mopti, Tombouctou et Gao prévus pour le cantonnement des combattants issus des mouvements des communautés sédentaires ne sont accessibles à leurs combattants. «L’une des preuves est que la Plateforme n’a prévu aucun site de cantonnement dans tout le cercle de Gao; Gao qui a porté si haut le drapeau du Mali pendant et après l’occupation, en conséquence elle suggère que lesdits sites soient redéfinis par le CSA», souligne la déclaration.

Sur le plan de leur représentativité au sein du Comité de suivi, la CM-FPR ‘’réunifiée’’ regrette le fait que sur les 20 personnes jusqu’alors proposées, la communauté sédentaire ne soit représentée que par 2 personnes (soit 1%) qui, d’ailleurs, auraient été désignées sans leur consultation préalable. Partant, elle rappelle aux différentes communautés ainsi qu’aux autres acteurs de la mise en œuvre de l’Accord, notamment le gouvernement, la médiation, la Plateforme et la CMA, qu’aucun agenda personnel ne pourra l’écarter de ses idéaux, encore moins du processus de suivi de la  mise en œuvre du document issu de processus d’Alger.

A la suite du représentant des Jeunes Patrouilleurs et celle des femmes de Gao qui ont tous salué la démarche des mouvements signataires de la déclaration, le Coordinateur de la Compis 15, Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, a souligné la menace de partition qui plane sur le Mali, pour la simple raison que ceux qui se battent pour l’unité nationale sont en position de faiblesse. D’où son appel afin que les Maliens préservent ce que l’Accord a, selon lui, de plus sacré, à savoir son caractère inclusif.

Bakary SOGODOGO

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