Question du nord et gouvernance : La CSTM et la communauté Belha mettent en garde IBK

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Question du nord et gouvernance : La CSTM et la communauté Belha mettent en garde IBK
Assibit Ag Akado, représentant de la communauté Bellah

La Centrale Syndicale CSTM a rencontré, samedi 13 décembre 2014, la presse afin d’échanger sur les préoccupations de l’heure, notamment les négociations d’Alger, les marchés publics controversés, mais aussi la libération du terroriste Wadossene. La conférence était animée par Amadoun Amion Guindo, secrétaire général de la CSTM, et Assibit Ag Akado, représentant de la communauté Bellah du nord.

Pour Hammadoun Amion Guindo, les négociations d’Alger ne se tiennent pas dans l’intérêt du peuple malien. Il a demandé au gouvernement de se montrer plus offensif et d’expliquer aux populations les enjeux réels. Il souhaité que la population soit vigilante car les autorités ne lui disent pas souvent la vérité. En effet, argue Guindo, les documents à Alger visent la partition du Mali et le pouvoir veut fermer les yeux là-dessus pour finir tranquillement son mandat.

L’orateur se lance ensuite dans une diatribe anti-française. “Les négociations en cours ne sont qu’un prolongement de la volonté française d’occuper le territoire national, volonté qui  date de 1965″, affirme-t-il, disant détenir là-dessus des documents probants. Puis de s’insurger: “Nous disons non à ces négociations car elles ne sont pas pour le bien du peuple malien. Elles visent une réinstallation de l’ancien colonisateur dans le nord du Mali et cela, pour des raisons géostratégiques.  L’invasion du nord par les bandits est le fait des Francais. Il faut que les maliens comprennent que la France n’est pas venu pour libérer les Maliens, mais plutôt pour libérer le MNLA, qui se trouvait coincé entre le MUJAO et Ançar Dine. Le MUJAO et Ançar Dine n’étaient pas pour la partition du Mali: c’est ça qui a fait échouer, dans un premier temps, le plan français. La France est venue uniquement pour sauver le MNLA. A preuve, la France, en relation avec la communauté internationale, a ratissé de Konna jusqu’à 150 Km de Kidal puis a interdit nos troupes d’entrer à Kidal où ses protégés du MNLA se trouvaient. Elle a fait en sorte que le MNLA se réorganise. C’est la France qui a fait échouer l’armée malienne à Kidal après la visite du Premier Ministre Moussa Marra. Des témoignages attestent que des forces extérieures au MNLA ont soutenu ce mouvement pour mettre en déroute l’armée malienne en mai 2014. Après nous avoir fait perdre Kidal, la France nous oblige à aller au dialogue avec ses groupes armés aux conditions imposées par elle. Dans ces négociations, le vrai interlocuteur est donc la France, qui se cache derrière le MNLA. Le MNLA n’est que le porte-parole de la France qui tire les ficelles. C’est la France qui fait pression sur le président IBK et son gouvernement pour qu’ils signent, dans les jours à venir, les accords établis par ses soins. Mais il faut qu’IBK et ses hommes sachent que le peuple malien ne laissera pas diviser le Mali. Nous ne pouvons pas abandonner ce pays aux intérêts français. Les 77% des Maliens qui ont voté pour IBK ne l’ont pas fait pour qu’il aille signer la partition de leur patrie. S’il y a des déviations, il appartiendra au peuple de redresser la situation.”.

Selon Guindo, la libération du terroriste Wadossene n’est qu’une une façon de redorer le blason du président François Hollande qui est en perte de vitesse dans son pays. Le chef de la CSTM rappele au ministre de la Sécurité, Sada Samaké, qu’il n’a aucun pouvoir pour empêcher les mouvements de protestation contre tout accord scélérat avec les groupes armés.

Parlant du bilan des 18 mois d’IBK, Guindo le juge “catastrophique”. Il parle même du “plus grave désastre économique de l’histoire malienne”. Il précise avec colère: “Depuis 1960, il n’y a jamais autant de dépenses hors-budget ni autant de spécialistes des surfacturations. Moussa Traoré n’a été jugé que pour 200 millions de FCFA, mais de nos jours, ce sont des milliards qui sont détournés et les auteurs restent jusque-là impunis. Sur le plan militaire, notre armée a été massacrée à Kidal, chose qu’on n’avait jamais vue depuis l’indépendance. C’est sous IBK qu’on libère des terroristes  et qu’on les laisse devenir députés à l’Assemblée Nationale. Des actes inadmissibles dans un pays de droit ! En libérant ces terroristes, on a trahi les Maliens”.

 

Les menaces des Belha

 

Assibit Ag Akado, représentant de la communauté Bellah (anciens esclaves Songhois) du nord, déploré que les communautés noires du nord ne soient pas associées aux pourparlers d’Alger. Il estime que l’Etat du Mali ne devait sortir de son territoire pour aller négocier avec des agresseurs. “Ceux qui participent aux pourparlers au nom de la société civile ne sont issus que de groupes armés; ces pourparlers se déroulent donc en l’absence et au détriment des vraies victimes de la crise”, constate-t-il. Avant d’ajouter d’un ton sévère: “Si le gouvernement malien venait à signer un accord imposé par la France, les communautés noires du nord observeraient une désobéissance civile. Et je rappelle que les communautés arabes et touarègues ne représentent que 10% des populations du nord. Et parmi ces 10%, seule une minorité de 2% partage les objectifs des groupes armés”. Le représentant des Belha conclut: “Les projets d’accords proposés aux négociateurs comportent les germes de la division du Mali”.

 

Abdoulaye Koné

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5 COMMENTAIRES

  1. Ha vous parlez de bella sont ils capable de faire une désobéissance en présence des touaregs? La plus part des armes du MNLA ont été transporté de la brousse en ville par les ânes des bellas. Le premier jour de l’occupation à Gao c’était les mêmes bellas qui disaient aux touaregs wo Bambarahou qui veut dire c’est la maison d’un Bambara. Nous savons qu’elle est la mentalité d’un bellas

  2. En tant que REPRESENTANT SPECIAL DES COMMUNAUTE’S NOIRES DU SUD, J’EXIGE LA TENUE D’UNE ELECTION AU SUD POUR SAVOIR SI LES SUDISTES VEULENT TOUJOURS ETRE ASSOCIE’S AUX NORDISTES DANS UNE REPUBLIQUE UNIE!!!

  3. Normalement les syndicats sont la pour défendre et protège le droit des travailleurs mais dans notre pays les syndicats oublie carrément leurs combats et se mettre à faire de la politique sinon l’accord d’Alger n est pas de leurs ressort il ya des hommes politiques pour défendre notre pays si chaquun resté a sa place les vaches seront bien garde

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