Recrudescence de la violence au Nord : Comment le président mauritanien utilisé un ancien ministre de Moussa Traoré pour relancer la rébellion touareg

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Plusieurs sources soutiennent aujourd’hui que  le retour au Mali des Touaregs armés en provenant de la Libye à la suite de la chute du régime de  Kadhafi,  a été perçu comme une occasion  par  le président de la Mauritanie, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, pour régler définitivement son  conflit presque personnel avec Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI).  C’est pourquoi, il s’est empressé de prendre contact avec ces anciens mercenaires de Kadhafi  pour allumer un contre feu face aux attaques d’AQMI contre son pouvoir. Il s’est alors servi d’un ancien ministre de Moussa Traoré pour relancer la rébellion touareg.

Pour l’exécution de ce plan machiavélique avec la ferme conviction qu’une rébellion dans le Nord du Mali va provoquer une dislocation totale de notre pays, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz et ses proches collaborateurs miseront alors sur le sieur Hama Ag Mohamoud, ancien ministre de la fonction publique, ancien secrétaire général de la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Mali pendant neuf ans. Ils le feront  venir  en Mauritanie  en lui promettant la présidence du futur état indépendant de l’Azaouad. Le quidam ne pouvait pas laisser passer cette aubaine pour se racheter des accusations de trahison des siens pendant les conflits des années 90 alors qu’il était au solde  du régime de président Moussa Traoré. Il obtient vite l’asile politique en  Mauritanie pour pouvoir s’attaquer à son pays en vue de la création d’un état islamique. Il s’allie alors à un certain Ahmed Ould Sidi Mohamed, professeur de son état et établi à Nouakchott depuis plusieurs années. Il est alors proclamé par le pouvoir central mauritanien porte-parole d’Ahmed Ould Sidi Mohamed. Lui qui avait échoué en 2006 en tentant d’apporter le soutien de la communauté aux attaques contre Ménaka et Kidal par la bande à  Bahanga et Fagaga. On connait la suite : il fut désavoué par  cette communauté qu’il veut de nouveau manipuler  sous les conseils du  Directeur général de la Sureté nationale de la Mauritanie le Général Hadi qui l’envoya contacté les revenants  de la Libye à la frontière libyo-algérienne. Il resta dans cette zone 7 jours  et retourna  à Nouakchott à la veille de Noel, après avoir passé  par Al Khalil, localité située près de Tessalit mais relevant de la région de Tombouctou.

Il parvient à convaincre Iyad Ag Aghali en lui assurant que la charia sera de vigueur dans l’Etat chimérique de l’Azaouad. Selon de sources proches des milieux touaregs et arables, les retrouvailles entre Ahmed Ould Sidi Mohamed et Hama Ag Mohamoud sont la suite logique de leur amitié tissée au lycée de Diré. Un autre homme du directeur général de la Sureté nationale de la Mauritanie, du nom Magdy, un touareg malien basé à Bassiknou, a rejoint la bande. Cet homme a déjà joué un rôle déterminant dans l’attaque de Nampala au Mali par les hommes de Bahanga  qu’il a ravitaillé en carburants et munitions à l’époque avec toujours la complicité directe du Général Hadi. Depuis octobre, ce bandit a commencé ses activités de recrutement et a organisé différentes rencontres sur le territoire mauritanien pour le  mouvement national de libération de l’Azaouad.

Toutes ces manœuvres du président mauritanien et l’implication directe  de ses généraux, en l’occurence le Général Hadi et le Général Meguette, patron du renseignement extérieur, dans le nord du Mali aux côtés des touaregs,  « part de l’idée qu’une rébellion touareg va déboucher sur la création d’un Etat indépendant de Touareg capable de s’opposer efficacement à AQMI et même le vaincre, et de ce fait  assurer une longue vie à leur équipe au pouvoir en Mauritanie », dénonce-t-on du côté des officiels maliens totalement scandalisés par cette façon simpliste et primaire de voir les problèmes sécuritaires de la sous-région qui est à la mesure des facultés de projection des généraux de Nouakchott.

Ben Daou

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