Renforcement du processus de retour des réfugiés et de la paix au Mali : Une série de rencontres auprès des PTF initiée par le chef de la tribu Kel Intessar

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Depuis quelques jours, Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, chef de la tribu Kel Intessar, a entamé une série de rencontres auprès des Partenaires techniques et financiers (PTF) du Mali. Ces rencontres font suite à plusieurs initiatives du chef de la tribu Kel Intessar, notamment l’assemblée générale des ressortissants du cercle de Goundam ; les rencontres intra et intercommunautaires ; la Caravane pour la paix et le vivre-ensemble dans la région. Tout cela, afin que la paix soit une réalité au Mali.

Aujourd’hui, grâce à la clairvoyance du chef de la tribu Kel Intessar, plusieurs Maliens sont de retour dans le cercle de Goundam. Mais ils n’ont pas d’eau, d’infrastructures de base, d’écoles, encore moins d’électricité. Afin de trouver une solution à ces problèmes et en parfaite harmonie avec les plus hautes autorités du Mali, le chef de la tribu Kel Intessar va à la rencontre de certains partenaires techniques et financiers du Mali.

La délégation de l’Union européenne au Mali, l’Ambassade d’Allemagne, le ministère de l’Administration territoriale, l’Ambassade des USA sont entre autres partenaires du Mali que la délégation conduite par le chef de la tribu Kel Intessar a eu à rencontrer. Partout, Abdoul Majid, accompagné des cadres de la tribu, a dit avoir organisé une Caravane pour la paix dans le cercle de Goundam et en Mauritanie courant avril 2015 et participé à la rencontre intercommunautaire de Raz-Elma (Goundam) du 20 au 22  novembre 2015.

Les recommandations des différentes rencontres ont insisté sur l’urgence du cantonnement des éléments des groupes armés afin d’isoler les ennemis de la paix ; l’urgence de remettre en état de fonctionnement les services sociaux de base minimum dans les zones destinées à recevoir les réfugiés et déplacés ; la nécessité du redécoupage administratif afin de prendre en compte les enjeux sécuritaires et de développement ; la nécessité de prendre en compte les avis des notables et des chefs coutumiers sur les questions relatives à l’administration de leur zone. «Pour la mise en œuvre des recommandations relevant du niveau d’intervention de l’Union européenne, nous nous mettons à sa disposition», a indiqué Abdoul Majid.

Au cours des échanges, les diplomates ont été séduits par la démarche et les propositions faites par les communautés à la base, surtout l’accélération de la mise en place des structures de base. Aujourd’hui, beaucoup de gens font confiance au chef de la tribu Kel Intessar pour revenir au Mali, mais dans leurs localités, ils n’ont rien à faire, ni à boire, encore moins à manger, alors qu’ils avaient tout dans les camps de réfugiés. C’est pourquoi Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed souhaite une accélération des choses.

À chaque étape, disons devant chaque partenaire du Mali,  la délégation a fait un rappel de la crise. Selon M. Majid, de l’indépendance à nos jours, la République du Mali a connu des perturbations cycliques provoquées par des rebellions armées dans les régions nord. Les différents accords signés ont montré leurs limites par rapport au règlement durable de ces crises. À partir de 2012, une crise multidimensionnelle a failli remettre en cause l’existence même de l’Etat. Cette situation s’est caractérisée par l’occupation des régions du Nord par divers groupes armés. Elle a engendré des conséquences sur la cohésion sociale qui a été sérieusement entamée au sein des différentes communautés qui ont toujours cohabité pacifiquement et fraternellement. Durant le processus ayant abouti à la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, les autorités traditionnelles ont été fortement mises à contribution. Le chef de la tribu Kel Intessar, feu Mohamed El Mehdi Ag Attaher El-Ansari avait, comme dans le passé, joué sa partition.

Pour rappel, la chefferie répondant à l’appellation de la «tribu Kel Intessar», dont la zone d’influence s’étend de la frontière mauritanienne aux bords du cercle de Bourem, a toujours assuré et contribué à assurer une bonne administration et la sécurité dans la région de Tombouctou, avant, pendant  et après la colonisation. Ses différents chefs ont œuvré, à chaque époque, pour asseoir et maintenir un climat de paix et de tranquillité à l’intérieur des frontières de leur zone d’influence. La situation actuelle issue de l’héritage tribal impose de mener un combat citoyen et patriotique, afin d’apporter leurs contributions dans les décisions concernant les préoccupations nationales en général, et celles concernant la région de Tombouctou en particulier.

Selon M. Majid, les chefs traditionnels sont sollicités conformément à l’article 51 de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, dans le cadre de la mise en œuvre dudit accord. C’est dans ce cadre qu’un groupe de réflexion a été mis en place auprès du successeur de feu Mohamed El Mehdi Ag Attaher El-Ansari, Abdoul Majid Ag Mohamed Ahmed dit Nasser, avec entre autres attributions, apporter sa contribution à la mise en œuvre de l’accord pour la paix. Ledit groupe de travail est composé de quatre commissions correspondant aux quatre thématiques de l’accord d’Alger : Commission questions politiques et institutionnelles ; Commission défense et sécurité ; Commission développement socio-économique et culturel ; Commission réconciliation, justice et questions humanitaires.

À ce jour, le chef de la tribu Kel Intessar est acculé par des personnes revenues des camps de réfugiés qui manquent d’eau sur place. C’est pourquoi le concours des partenaires est sollicité. Afin de garantir la prise en compte des préoccupations des populations, les communautés sont décidées à assurer la sécurité avec le soutien du gouvernement malien. Et avant le début de ses prises de contact avec les plus hautes autorités, elles ont été informées du bien-fondé de l’initiative du chef de la tribu Kel Intessar.

Kassim TRAORE

 

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