RFI perd le nord………. Au nord !

0

Passée maître dans l’art de la manipulation de l’information, et  de l’intox, Radio France Internationale (RFI) perd, chaque jour que Dieu, sa crédibilité. Surtout, en Afrique francophone où, elle se comporte comme si nos pays sont, toujours,  des « colonies » françaises. Et nos chefs d’Etat, des « rois indigènes » à la solde de l’Elysée.

« Je suis à Kidal. Ici, il n’y a vraiment pas de tension. Nous sommes étonnés d’entendre qu’il y a une tension ici », indiquait Ahmoudène Ag Iknass, cité dans édition du 5 février par l’Essor, le quotidien national. Député élu à Kidal et témoin privilégié de l’entrée du GATIA (Groupe d’Auto-défense Imghad) dans la capitale de l’Adrar, il déplore l’annonce faite, mercredi 03 février, dans son édition de 06 heures, d’un « regain de tension » crée par l’arrivée d’un détachement du GATIA à Kidal.

 

Ni colère des populations, ni regain de tension

 

En effet, mercredi dernier, aux environs de 5h30 mn, les Maliens – ceux du nord, comme sud – étaient stupéfaits d’entendre, sur les antennes de RFI depuis Paris, que l’entrée du GATIA à Kidal avait suscité la colère des populations. Mais aussi, un « regain de tension » entre la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad), qui considère Kidal comme son fief et le GATIA.

Or, il n’en était rien. Il n’y avait ni colère des populations, ni « regain de tension » entre les deux groupes armés. Bien au contraire. L’entrée du GATIA à Kidal a été accueillie par des « youyous », des larmes.

Contrairement à ce que racontait RFI, à la stupéfaction générale des Kidalois, les populations de la huitième région du Mali étaient heureuses d’accueillir leur époux, frère, père et oncle….. qu’elles n’ont pas vu depuis trois ou quatre ans à cause de la crise. Rappelons à nos « cons-frères » de RFI que les combattants du GATIA sont de Kidal où, vivent encore leurs parents, leurs femmes et enfants. Kidal n’est ni un royaume de la « famille Intallah », ni la Corse, encore moins les Comores.

 

Le GATIA à Kidal, fruit d’un accord signé avec la CMA

 

L’entrée du GATIA à Kidal est le fruit d’un accord entre les deux groupes armés. Signé, fin septembre, début octobre dernier, entre les deux parties, cet accord prévoit la libre circulation de chaque groupe armé dans la zone contrôlée par l’autre. Bien plus, l’arrivée du GATIA à Kidal s’inscrit dans le processus de mise en œuvre des patrouilles mixtes, visant à lutter contre les terroristes dans les régions du nord. Il s’agissait donc dans le cadre des discussions, dont le but ultime est l’organisation des patrouilles mixtes. Car, au jour d’aujourd’hui, le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad), le HCUA (Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad), en un mot la CMA, n’a plus les moyens militaires d’antan. Elle ne dispose que d’une quarantaine de véhicules armés, contre 250 pour le GATIA. Pire, le chapeau de l’article, concocté depuis le studio de Paris  par RFI, jure avec le témoignage de son correspondant  sur place, à Bamako. Alors le journaliste en studio annonçait que Kidal était sur le point de « cramer », du fait de la présence du GATIA, David Bâché, le correspondant de RFI à Bamako situe l’évènement dans son contexte : la présence du GATIA entre dans l’accord qui régit ces groupes armés ; mais aussi, dans la sécurisation de la région, que les deux groupes armés ont en commun.

Ce n’est pas la première fois que RFI s’en mêle les pinceaux dans la crise du nord. Notre « con-frère » ne se trompe pas de bonne foi, mais de  mauvais « foie ».

 

Des clichés à relents racistes

 

Avec ses clichés à relents racistes, RFI tente, visiblement sans succès, d’entretenir cette crise au nord du Mali. Artificiellement. Un exemple : chaque jour que Dieu fait, des combattants touareg, pompeusement appelés « djihadistes » tuent, volent et violent des personnes, dont le sort tort est de se retrouver sur leur chemin. Sans que RFI en fasse l’écho sur ses antennes.

Mais dès qu’un touareg se fait piquer par une épine, la radio dite « mondiale » crie au « génocide » des touareg par une horde de « barbares noirs ».

Autre exemple de racisme qui ne dit pas son nom : à coups de spécialistes, qui ignorent tout de la sociologie du nord du Mali, RFI – la voix de son maître -, tente de faire croire au monde que la communauté touareg est majoritaire au nord du Mali. Drôles d’experts, sans expertise.

Les touareg, toutes communautés confondues, ne représentent que 11% de la population du septentrion malien, occupé à majorité par des sonrhaï, des peulh, des bozo, des bambara, des arabe, des dogon…

Soutenue par la France, la communauté touareg des Ifoghas ne dépasse guère une centaine de personnes, face aux Imghads, qui composent le GaTIA. S’y ajoutent les autres communautés touaregs, plus nombreuses que les Ifoghas, sur lesquels la France s’appuie pour tracer une sorte de « ligne Maginot » entre Gao et Kidal. Ce n’est pas tout, loin s’en faut.

 

Les vraies intentions de RFI, la voix de son maître

 

Vouloir faire des « Intallah », c’est-à-dire les Ifoghas, les propriétaires de la région de Kidal, c’est donner un coup de sabre dans l’eau. Ni les sonrhaï, ni les peulh, ni les bambara, ni les arabes, les dogon, les bozo, ni les arabes…. Ne l’accepteront. Avec leur caractère forgé par le désert, ils sont près au sacrifice ultime pour faire échec au dessein machiavélique de la France au nord du Mali : semer, d’abord,  la zizanie entre les différentes communautés et, ensuite, accuser les communautés noires de « génocide » contre les populations blanches, notamment, touareg. Avant de réclamer, à coup de résolution de l’ONU, la partition du Mali en deux Etats. Comme ce fût le cas au Soudan. Avec un objectif inavoué : faire main basse sur le pétrole et l’uranium, dont regorge le sous-sol de cette zone.

 

Le MNLA, bras armé de la France

 

Rappelons que la France qui a conçu, formé, financé et armé le MNLA. C’était sous Sarkozy. Pour avoir la peau de Kadhafi, l’ex-locataire de l’Elysée avait un deal avec la « légion islamique » du Guide libyen. Composée de touareg  originaires du Mali, elle avait décidé de défendre Mouammar Kadhafi, leur bienfaiteur, jusqu’à la dernière goutte de sang.

Pour les en dissuader, Sarkozy leur propose un deal : abandonner Kadhafi, en échange de la création de leur propre Etat, au nord du Mali. La suite, on la connaît. Après avoir pillé les magasins d’armes de la Libye, ils rentrent au Mali. Avant de s’attaquer aux symboles de l’Etat. Avec son cortège de mort, d’expéditions punitives contre les autres communautés. Qui avaient refusé d’adhérer à leur projet. Ils étaient soutenus, dans leur chimère, par l’Elysée ; mais aussi par un lobby gaulois, qui a mis des communicants à leur disposition. Avant de leur ouvrir les portes des médias français.

 

RFI en mal  crédibilité

 

C’est toute  honte bue, que RFI a tenté de se racheter en faisant état du communiqué conjoint publié par les deux groupes armés. Un communiqué dans lequel, ils réaffirment leur identité de vue sur les derniers évènements de Kidal, qualifiés de « regain de tension ». Trop tard. Pour les populations maliennes, celles du nord comme du sud, l’ennemi de la paix au Mali a un nom, un visage : RFI, une  radio qui semble avoir perdu sa voix au Mali. Et sa crédibilité, avec. Définitivement. Ou presque.

Enième intox de RFI sur le nord du Mali, le reportage de notre « con-frère » sur l’entrée du GATIA à Kidal entre dans ce cadre : saboter le processus de paix, qui aborde son tournant décisif.

Oumar Babi

PARTAGER