Sahel: “Connexion avérée” entre Al-Qaïda au Maghreb et Boko Haram

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(AFP) – "Il y a une connexion avérée" entre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui commet attaques, enlèvements et divers trafics au Sahel, et le groupe islamiste Boko Haram actif au Nigeria, a affirmé mardi à Nouakchott le ministre malien des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga.


"Il y a une connexion avérée entre Aqmi et Boko Haram", a déclaré M. Maïga à l’ouverture d’une réunion d’un jour des chefs de la diplomatie du Mali, de la Mauritanie, du Niger et de l’Algérie – dits "pays du champ" – à laquelle a été invité le Nigeria.

Il n’a pas fourni de détails sur cette "connexion avérée", que d’autres sources avaient auparavant indiqué soupçonner.

La Mauritanie, l’Algérie, le Niger et le Mali sont confrontés à une insécurité croissante liée aux activités d’Aqmi et d’autres groupes criminels, ainsi qu’à l’afflux d’armes, dont de l’armement lourd, issues du conflit libyen.

Depuis décembre, le Nigeria a enregistré plusieurs séries d’attentats sanglants contre des chrétiens et des églises chrétiennes. Depuis début janvier, plus de 250 personnes ont été tuées dans ces attaques, dont 185 la semaine dernière à Kano (nord du Nigeria), selon Human Rights Watch (HRW).

Les "pays du champ" ont invité à leur rencontre de Nouakchott "le Nigeria pour échanger les expériences et les informations avec lui en matière de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme", a expliqué le ministre mauritanien des Affaires étrangères Hamadi Ould Hamadi à l’ouverture de la rencontre devant la presse.

L’objectif est "de voir comment on pourrait s’entraider à faire face à ce grand défi posé par Aqmi au Sahel et Boko Haram au Nigeria", et les quatre "pays du champ" entendent poursuivre la concertation "pour éradiquer le terrorisme, le crime transfrontalier et les différents défis auxquels notre région est confrontée", incluant "la prolifération du crime organisé, les trafic divers, notamment l’armement, les explosifs, le trafic des êtres humains et le rapt d’Occidentaux", a ajouté M. Ould Hamadi.

"Nous allons poursuivre les contacts et les échanges permanents, mener des patrouilles conjointes le long de nos frontières, poursuivre les criminels, contrôler les documents de voyage", a affirmé Soumeylou Boubèye Maïga.

Evoquant les affrontements ayant opposé la semaine dernière l’armée malienne à des groupes de rebelles touareg dans le nord du Mali, M. Maïga a simplement dit: "Les mouvements (des rebelles touaregs) sont injustifiés, et le Mali est indivisible".

Son homologue nigérien Mohamed Bazoum a de son côté appelé "à des contacts réguliers pour faire face à une situation qui évolue rapidement" dans le Sahel.

"Nous allons faire le point des évolutions et de la dégradation de la situation en raison de la prolifération des armes libyennes avec notamment le retour de contingents armés et la montée de la secte Boko Haram", a-t-il dit.

La réunion se poursuivait mardi après-midi à huis clos. L’Algérie était représentée par son ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, et la délégation du Nigeria était conduite par son ambassadeur à Dakar, Mme Azuka Uzoka-Emejulu.

Le Burkina Faso, dont des experts ont participé mardi à une réunion préparatoire, n’était pas représenté, selon les organisateurs, qui n’ont pas fourni d’explication.

 

 

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