Signature de l’accord à Bamako : Un nouveau départ pour le Mali

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signature-reconciliationjpgAprès plusieurs mois de négociation, de conciliabule, malgré ses insuffisances, l’accord pour la paix et la réconciliation a été signé ce vendredi saint au bord du fleuve Djoliba.
En effet, pour montrer toute leur satisfaction, tous les intervenants ont félicité la médiation pour ses efforts puis exhorté toutes les parties prenantes de cet accord à respecter leur engagement. Ils ont par cette occasion invité la CMA à le signer afin d’aller à une paix définitive. Le président IBK, pour sa part, a affirmé qu’il restera fidèle à son engagement et compte toujours sur la communauté internationale qu’il a également invitée à davantage jouer à la transparence.
Cette journée du vendredi 15 Mai qui a suscité chez l’ensemble du peuple malien un espoir de paix et de réconciliation nationale en cicatrisant les plaies des uns et des autres en vue d’un nouveau départ, restera gravée pour toujours dans la mémoire des Maliennes et des Maliens.
La présente signature de l’accord, faut-il le rappeler, est l’aboutissement d’une série de négociations conduites par la médiation algérienne depuis plus de 8 mois. Elle vise à instaurer une paix durable pourquoi pas définitive au Mali.
Pour être témoin de cet important événement, des délégations de haut niveau ont effectué le déplacement à Bamako. Il s’agit des présidents Alpha Condé de la Guinée Conakry, Mamadou Issoufou du Niger, Goodluck Jonathan du Nigéria, Michel Kafando du Burkina Faso, Faure Gnassingbé Eyadéma du Togo, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Paul Kagamé du Rwanda, Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Robert Gabriel Mugabé du Zimbabwe non moins président en exercice de l’Union africaine.
Etaient également présents à cette cérémonie de signature, Michäelle Jean de la Francophone, Yannick Girardin de la France, Johnson Williams sous-secrétaire d’Etat américain chargée des Affaires africaines. Aussi, Pierre Buyoya, Désiré Kadré Ouédraogo de la Commission de la CEDEAO, Cheaka Touré représentant de la CEDEAO au Mali, Abderahim Birème Hamed ministre tchadien de l’administration, Hervé Ladsous et Mongi Hamdi de la Minusma. Sans oublier, Mohamed Bazoum l’ancien chef de la diplomatie nigérienne ; Djibril Bassolé OCI ; Kader Ben Salah, président du Conseil algérien ; Moustapha Niass, président de l’Assemblée nationale du Sénégal ; Michel Reveyrand DE Menthon de l’UE-Sahel.
Il convient de rappeler que cette cérémonie de signature maintenue par la médiation internationale conduite par l’Algérie a été faite en l’absence des groupes armés de la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad) qui n’a paraphé le document de l’accord que le jeudi 14 mai à quelques heures de l’événement. Tandis que la partie malienne et les autres groupes l’avaient déjà paraphé depuis le 1er Mars 2015.
L’entame de la signature a été gratifiée par deux interventions : celle du ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop et de son homologue de l’Algérie, Ramtane Lamamra.
Le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop dans son intervention a salué la confiance que le Chef de l’Etat a placée en lui avant de remercier la médiation algérienne qui a su œuvrer inébranlablement afin qu’un accord soit né. Il a aussi salué l’accompagnement de plusieurs pays et organisations internationales aux côtés du Mali jusque-là.
De son côté, en sa qualité de médiateur en Chef Ramtane Lamamra a remercié le président algérien pour lui avoir confié une telle tâche aux côtés du Mali, un pays frère auprès duquel son pays entend rester. Et le médiateur en Chef d’ajouter que son pays est confiant sur le respect des responsabilités qui l’incombent.
Ces interventions ont été suivies d’une séquence de signatures.
Au titre des parties prenantes, ont signé d’une part, pour la République du Mali, le ministre des Affaires Etrangères, Abdoulaye Diop et d’autre part, pour la Plateforme, Ahmed Ould Sidi Mohamed (MAA), Me Harouna Toureh (CMFPR), Fahad Ag Almahmoud (GATIA) et pour le CMFPR 2, Younoussa Touré. Ousmane Ag Mohamedoune a signé pour la coordination.
Au titre de la médiation internationale, en sa qualité de chef de file du processus, Ramtane Lamara a signé. Ainsi suivent les signatures des différents pays amis impliqués dans le processus. Ces signatures ont été apposées par : Nicole Enjoline Jeanne du Burkina Faso, Kadiatou Mbarack Fall de la Mauritanie, Mme Aichatou Moulama Kané du Niger, l’ambassadeur Amelou des Affaires Etrangères du Nigeria, Abderahim Hamed du Tchad.
Au titre des organisations internationales, c’est le chef de la MINUSMA qui a apposé sa signature au nom de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ; pour l’Union Africaine (UA), Pierre Buyoya ; Kadré Désiré Ouédrago a signé au nom de la commission de la CEDEAO ; Djibril Basolé au nom de la coopération islamique.
Au titre de l’Union Européenne (UE), on a Michel Dominique, le représentant spécial de l’UE pour le Sahel.
Au titre de la médiation étrangère, nous avons la France qui a signé à travers son Secrétaire d’Etat.
C’est donc le document de l’accord de paix et de la réconciliation nationale qui vient d’être signé par les parties prenantes d’une part et d’autre part par les pays amis et organisations internationales témoins et garants de l’accord. En outre, c’est également le moment qu’attendaient depuis longtemps toutes les filles et fils du pays, un moment qui a mobilisé toute la communauté internationale. Disons donc que ce moment vient de sortir de la fiction pour être une réalité.
Le chef de file de la médiation internationale Ramtane Lamara outre son intervention se dit confiant en ce qui concerne le respect de l’accord par les différentes parties prenantes lors de sa mise en œuvre. “Nous restons confiants que les responsabilités assignées seront assumées par toutes les parties avec qui nous travaillerons pour la concrétisation des objectifs”, a-t-il indiqué.
A la suite des séquences de signature, le représentant de la coordination du mouvement de l’Azawad a fait une déclaration selon laquelle il estime que ce fut un immense plaisir pour eux de se retrouver entre frères après avoir traversé plusieurs moments de souffrance. Il demande de mettre l’homme à la place qu’il faut. Tout en invitant la CMA à joindre le bateau de la paix, il a indiqué que l’engagement de son mouvement sera sans faille. Tel est le cas pour la plateforme.
Pour Kadré Désiré Ouédrago, président de la commission de la CEDEAO, ce fut le moment de rappeler l’immensité des efforts déployés par l’organisation sous-régionale depuis le 7 juillet 2012 en faveur du Mali. Tout en étalant étape par étape, dans l’urgence, la stratégie employée par la CEDEAO, Désiré rassurera que l’organisation reste foncièrement attachée à l’unicité du Mali.
Djibril Bassolé de l’OCI pour sa part, conseillera le Président malien à rester encore beaucoup plus ouvert au dialogue. En diplomate chevronné, Bassolé qui depuis, fut le premier médiateur connait désormais la classe politique malienne et son fonctionnement.
Plusieurs représentants de mouvements, pays et organisations signataires ont pris la parole pour donner des gages de bonne volonté tout en appelant la communauté internationale à agir dans le sens de la réussite de l’Accord.
Ils ont tous félicité la médiation pour ses efforts, exhorté les parties signataires à respecter leur engagement, les autres à le signer, et tous au dialogue.
La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie Michaëlle Jean a de son côté parlé “d’une étape essentielle pour la sécurité et la stabilité non seulement au Mali mais dans toute la région, voire le continent “.
Prenant la parole, le président de la République Ibrahim Boubacar Kéïta a d’abord rappelé le rôle fondateur du processus de sortie de crise joué par le Pr. Dioncounda Traoré avant son élection à la magistrature suprême.
Il a aussi répondu à tous ceux qui accusaient le Mali de n’avoir pas respecté le processus de Ouagadougou à la lettre.
Selon lui, dès son arrivée au pouvoir, il fallait dans un premier temps consulter les populations du Nord. Ce qui a été fait avant la prise de décision de se rendre à Alger dès janvier 2014.
En réponse aux propos de Hervé Ladsous : “Il n’est pas question que l’on profite de l’accord pour attaquer ceux qui n’ont pas paraphé ou signé aujourd’hui. ” qui lisait le message de Banki-Moon demandant le respect immédiat du cessez-le-feu par toutes les parties, IBK, le doigt levé, recadre les nations unies en mission de maintien de paix dans notre pays. Ainsi, il savonne M. Ladsous en ces termes : “Nous ne sommes pas des gueux. Nous sommes, Monsieur Ladsous, des gens de bonne compagnie. Nous sommes un pays de vieille civilisation…”
Concernant le cessez-le-feu quatre fois signés mais jamais respecté par les rebelles, IBK invite les nations unies qui manquent de fermeté à être juste dans le traitement.
” Nous avons toujours signalé mais n’avons jamais été entendus”, a-t-il rappelé et puis, IBK d’ajouter “Je demande à nos partenaires de faire preuve d’un peu de respect pour notre peuple”. Il les invite à faire en sorte que le jeu soit transparent. En le voyant assis sur sa chaise, Hervé Ladsous, avait l’air très gêné. Pour un observateur, ” IBK a fait l’honneur au Malien en disant des vérités ce jour”. Les propos ont été proférés par deux autres observateurs pendant notre passage en ville.
Une fois de plus, les Maliens viennent de démontrer que seule l’union sacrée peut sortir le pays de cette crise. Comme le disait Kenedy, Si la guerre ne met pas fin à l’humanité c’est à l’humanité de mettre fin à la guerre.
Mamadou BALLO et
Aïché Baba DIARRA, Stagiaire

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