Situation sécuritaire au Nord Mali : Des manifestants paralysent Bamako

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Bâtiments et postes CCR (police) saccagés, des pneus brûlés, bastonnades dans les rues, blocage des voies routières entre autres étaient au menu des incidents intervenus hier jeudi 2 février 2012 dans la capitale malienne. Où de nombreux jeunes et femmes ont emprunté la route de Koulouba afin de pouvoir rencontrer le Chef de l’Etat. Qui aurait finalement reçu une délégation restreinte à huis clos.

                Depuis quelques jours, les Maliens étaient dans l’embarras. Personne ne sachant quoi sur la situation réelle du nord du pays. Tout le monde se fiant à ce que disent les radios étrangères dont l’une ne fait aucun cadeau à l’armée nationale.

 

                C’est dans cette situation de rumeurs et d’incertitudes sur la situation réelle qui prévaut au nord que les premiers blessés atterrissent à Kati. Malgré toutes les dispositions les empêchant de communiquer, ils y sont parvenus et des informations tendancieuses prennent les villes de Kati et Bamako. Où il a été annoncé que le Président de la République serait en complicité avec les rebelles pour exterminer les soldats maliens. Cette argumentation est soutenue par des bandes radios enregistrées et qui circulent d’un téléphone à un autre. Finalement, ce sont les femmes et les enfants des soldats tombés sur le front de Kati qui vont se révolter. Ils demandent des éclairages. Kayes et Ségou leur emboîtent le pas. Finalement, c’est la capitale qui sera embrasée ce jeudi. Rappelant, à quelques exceptions prêts, les journées chaudes de mars 1991.

 

                Ce jeudi matin, c’est d’abord la clinique de Koulouba qui a été brûlée, les femmes des camps de garde et de gendarmerie sortent, crient, insultent, protestent. Ils seront rejoints par les jeunes lycéens et fondamentaux qui vont bloquer toutes les voies d’accès à la mairie du district, le ministère de l’Education de base et toute la voie allant à Koulouba. Sur ces artères, ils vont brûler les pneus, les bidons vides, et ils vont casser les postes CCR, tout en provoquant les militaires en rang serré au niveau du ministère de la Défense ainsi que les gendarmes bloquant la voie accédant à leur direction. Malgré les provocations, au moment où nous y étions, ceux-ci n’ont pas riposté. Alors, le prermier groupe que nous suivions emprunta la route de Koulouba. C’est juste derrière le jardin zoologique que nous les abandonnons pour d’autres occupations.

 

                Aux dernières nouvelles et de sources proches de Koulouba, les différentes délégations venues de Koulouba, Kati et Bamako se seraient retrouvées au palais où le Président de la République aurait reçu un groupe restreint pour leur donner des éclairages. Les groupuscules se seraient retirés, satisfaits du langage tenu par le 1er magistrat de la République.

                Quoi qu’on dise, Bamako a souffert hier et la cause, c’est le manque de communication. C’est vrai que l’Armée est une entité muette mais il est important d’éviter de créer les suspicions autour de l’essentiel car aujourd’hui au Mali, quoi qu’il advienne l’information va circuler et si elle est mal interprétée il faut s’attendre à des dérapages.

 

                Enfin, ce qui est aujourd’hui important, c’est de rester serein, soudé et uni derrière nos autorités afin que cette situation que nous vivons soit circonscrite avec doigté.

B. DABO

SITUATION DU NORD MALI

 

Des journées chaudes à Kati

 

                Mardi 31 janvier 2012 et mercredi 01 février 2012 ont été des journées tristes à Kati, une agglomération située à une quinzaine de kilomètres de la capitale Bamako. A la base de ces manifestations violentes, les informations colportées sur la situation du Nord- Mali. Poussant brusquement les femmes et les enfants du camp militaire a décidé de marcher  sur Koulouba où se trouve le palais Présidentiel.

               

Depuis quelques moments, des informations, souvent erronées, polluent l’atmosphère. L’Armée étant la grande muette ne diffuse pas forcément du jour au jour les réalités du terrain. D’où la révolte organisée par les femmes des militaires et leurs enfants.

             

   C’est ainsi que pour cette occasion, les manifestants se sont regroupés de la place des Martyrs devant l’Etat major de la 3ème région des Forces Armées de Kati. Ils décident alors de marcher sur Koulouba. Ainsi, ils criaient au nom de leurs maris et enfants tombés sur le champ d’honneur. Déboussolés, ils brûlaient des pneus et bidons vides un peu partout sur les routes de Kati bloquant tous les accès d’entrée et de sortie.

               

Prenant leur courage avec les deux mains, ils se décident de poursuivre leurs efforts sur Koulouba. Au niveau du centre émetteur, les agents de l’ordre public interviennent avec des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. 

               

C’est ainsi que ce 31 janvier vers les coups de 14 h00, le ministre de la Défense et des Anciens Combattants accompagné de quelques officiers et sous officiers est arrivé à Kati pour s’entretenir avec l’autorité sur place.

               

Le lendemain la manifestation a été plus violente encore que l’on pouvait imaginer où les manifestants se sont attaqués aux locaux du cercle de Kati, en détruisant les véhicules arrêtés devant le cercle de Kati et ont brûlé la maison de l’ex- ministre Zakiatou Walet Alatine dans la ville de Kati. Pour certains manifestants interrogés sur place : "Nous  reprochons à l’Etat d’être complice de la situation qui ne cesse de s’empirer du jour au lendemain au Nord. Il nous est revenu que l’Etat refuse de donner le feu vert et les munitions nécessaires à nos militaires pour combattre les rebelles."

               

Pour d’autres, la mort d’un certain capitaine Seydou au Nord- Mali tué par les rebelles est une complicité de l’Etat malien. Car ce dernier ayant refusé certains compromis avec les rebelles aurait été froidement abattu par les rebelles. D’où la colère de certains manifestants. Dans cette situation même la pharmacie n’a pas échappée car elle fut brûlée.

                Quoi qu’on dise, la situation ne fait que se dégrader du jour au jour. A cause notamment de la gestion chaotique de la situation par les autorités.

Mohamed DIABATE, stagiaire

 

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