Situation sécuritaire au Sahel : Des procès en Algérie et des négociations au Mali

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«Le gouvernement dégagera tous les moyens nécessaires pour assurer la sécurité des biens et des personnes dans le nord du Mali.»

Les autorités militaires maliennes semblent décidées à faire face aux menaces terroristes d’Al Qaîda au Maghreb islamique. Un renforcement avéré du dispositif sécuritaire malien a été signalé au nord du pays où ont été kidnappés des ressortissants européens et où sont détenus certains d’entre eux. Ces mesures interviennent au moment même où des contacts avec les ravisseurs sont en cours, rapporte l’AFP citant des sources militaires et administratives. Plus de 200 véhicules transportant du matériel et des militaires ont été déployés par l’armée malienne dans le nord du pays, a-t- on indiqué, vendredi à Tinzaouatine, non loin de la frontière algérienne, pour renforcer la sécurité. Le renfort déployé par l’armée malienne ne s’est pas limité à un dispositif terrestre puisque deux appareils de combat MIG sont positionnés à l’aéroport de Gao, alors que deux autres petits appareils effectuent des vols de reconnaissance à partir de Tombouctou, selon un constat émanant d’un journaliste de l’AFP.

Dans ce même contexte, le ministre malien de la Sécurité, le général Sadio Gassama, a affirmé que «le gouvernement dégagera tous les moyens nécessaires pour assurer la sécurité des biens et des personnes dans le nord du Mali. L’Etat sera de plus en plus présent», en annonçant l’inauguration de deux brigades de gendarmerie dans la région de Tombouctou. Trois des cinq otages, occidentaux, un Suédois, un Sud-Africain ayant également la nationalité britannique et un Néerlandais ont été enlevés le 25 novembre, dans le nord du Mali, au lendemain même du rapt de deux Français. Toutes ces opérations terroristes ont été revendiquées par la nébuleuse Al Qaîda. Alors que des négociations sont en cours pour leur libération comme l’a annoncé le ministre malien de la Sécurité, en Algérie va se tenir une série de procès de terroristes accusés de l’enlèvement de 32 ressortissants européens en 2003.

Le tribunal criminel d’Alger entendra dans un premier temps, deux accusés Yousef Benmohamed, berger touareg du Mali, et Amar Gherbia, un Algérien de Biskra, qui devront répondre devant la justice des chefs d’inculpation d’appartenance à un groupe terroriste armé, commerce d’armes et enlèvements d’étrangers. Les deux mis en cause risquent une condamnation à vie. Ceux-la ont été le principal maillon dans le commerce des armes et de l’enlèvement en 2003 de 32 touristes européens dans le Sahara, dont une quinzaine a été libérée contre une rançon de 5 millions d’euros, alors que le reste du groupe sera libéré des mains des terroristes suite à une intervention militaire de l’ANP qui avait été réalisée avec succès et sans bavure.
A l’origine de l’enlèvement des 32 Européens, le tristement célèbre Abderrezak El Para dont le procès est le plus attendu, autant que celui de son bras droit Kamel Djermane. Ce dernier comparaîtra devant le même tribunal le 24 janvier, également pour les mêmes chefs d’inculpation.
La présence d’ El Para qui avait été remis aux autorités algériennes par la Libye après son arrestation en 2004 par des rebelles tchadiens, sera certainement réclamée par Me Amine Sidhoum, l’avocat qui représente Djermane. Il a d’ailleurs déclaré à l’AFP: «Je vais demander au tribunal la comparution d’El Para, incarcéré, puisqu’il est le commanditaire de l’opération, selon l’arrêt de la chambre d’accusation, sinon nous nous retirerons, faute de procès équitable.»

Source: http://ankamali.net

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