Trois questions à Sidi Ibrahim Ould Sidatt, Maire de la commune rurale de Ber :« Les gens d’AQMI sont des bandits chassés de l’Algérie »

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Sidi Ibrahim Ould Sidatt, Maire de la commune rurale de Ber

Le Prétoire : Pouvez vous nous expliquez les motivations qui vous ont poussé à adhérer à l’association ADM qui est aujourd’hui le parti ADM et pourquoi votre parti est venu fêter son premier anniversaire à Tombouctou?

Sidi Ibrahim Ould Sidatt : En effet, j’étais déjà membre de l’association avant que l’on soit parti politique, en décembre 2010. Il y a tout juste un an. Ce qui m’a séduit, c’est surtout les dirigeants de l’ADM. Ce sont des jeunes qui ont une ambition et une vision pour le Mali. Et je sais que c’est de cela que le Mali a vraiment besoin, aujourd’hui. Le Mali a été dirigé pendant vingt ans, trente ans par des politiciens et on n’a pas vu de changements.  Nous devons carrément changer de système pour être au rendez-vous du développement. Et le parti ADM est prêt pour faire ce changement là. Voilà un peu ce qui m’a motivé à adhérer à l’association ADM qui est devenue le parti politique ADM.  La direction de notre parti a décidé de venir célébrer son premier anniversaire à Tombouctou, ce n’est pas un choix fortuit. Avec les évènements récents, Tombouctou s’est vu vider par tous, même par ses propres populations, prises de paniques. Tout cela à cause des pressions des médias. En réalités se qui se passe ici, se passe un peu partout dans le monde ; donc ce n’est pas la fin du monde. C’est cela que le parti ADM est venu montrer à tous.

Le Prétoire : Monsieur le Maire, on entend souvent dire que l’AQMI collabore avec les habitants de Tombouctou. Est-ce réellement vrai ?

Sidi Ibrahim Ould Sidatt : Si on regarde l’esprit d’AQMI, ils sont venus ici depuis 2000. Les gens d’AQMI sont  des  bandits qui ont été chassés de l’Algérie. Dès leur premier acte terroriste, ils ont commencé à percevoir des fonds. Avec ces fonds en poche, ils se sont retrouvés en face des populations livrées à elles, des populations nomades, dans des localités où l’autorité de l’Etat n’était pas présente. Alors, ils ont commencé à recruter des gens. C’est en 2008 que nous, population sédentaire, avons commencé à comprendre le danger. Nous nous sommes regroupés localement pour lutter contre cela, nous n’avions pas été compris et n’avions donc pas de moyens pour les affronter. Et tant que l’on ne prend pas nos responsabilités en mains, ce fléau va toujours exister. Quant aux revenants de la Libye, ce sont, pour  la plupart, des familles et non des militaires. Ceux qui sont venus armés se trouvent dans la région de Kidal. Et ils sont organisés en mouvement armé et menacent la sécurité de l’Etat. Ceux qui sont ici ne sont pas armés.

Le Prétoire : Aujourd’hui Madani Tall est le candidat de votre parti, ADM  pour briquer la Magistrature Suprême de notre pays, le Mali. En tant qu’élu du même parti que lui, pouvez-vous nous dire quelle est sa position actuelle dans la région de Tombouctou ?

Sidi Ibrahim Ould Sidatt Dans ma commune à Ber, Madani Tall a beaucoup avancé. Je pense qu’il a beaucoup réalisé ici, au Nord, surtout dans le domaine de l’électrification ; contrairement aux autres partis politiques.  Il est bien connu ici. Madani Tall a une approche politique différente de celle que les maliens ont l’habitude de voir. Il fait des réalisations visibles, utiles pour les populations, alors que les autres politiciens courtisent leur électorat avec du thé, des sucres entre autres. Je suis convaincu que politiquement Madani Tall a beaucoup d’avenir, dans la mesure où il pose des actes concrets.

Rokia Diabaté

 

 

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