HISTOIRE SECRETE DES LOGEMENTS SOCIAUX: Après Alpha qui a boudé, ATT prend l'initiative de loger les Maliens

0
Aujourd’hui, s’il y a une politique avec laquelle le président ATT se glorifie, c’est bien celle des logements sociaux. Force est de lui reconnaître ce mérite. Mais, l’idée de faire des logements sociaux est d’abord une initiative des travailleurs de l’Office malien de l’habitat (OMH), de la Banque de l’habitat du Mali (BHM) et de l’Agence de cessions immobilières (ACI), et des opérateurs immobiliers privés en février 1998 sous le régime de Alpha Oumar Konaré.
C’est en février 1998 que l’opération immobilière menée en partenariat entre l’Office malien de l’habitat (OMH), la Banque de l’habitat du Mali (BHM) et l’Agence de cessions immobilières (ACI), et les opérateurs immobiliers privés a commencé. L’objectif visé étant la satisfaction des besoins en logement du grand nombre des populations a revenus faibles. Pour cela l’opération se doit d’être à caractère social.
Ainsi, sont considérées comme populations à faibles revenus celles ayant un salaire compris entre 40 000 et 70 000 F CFA inclus.
Le logement considéré comme très économique est estimé à 7 704 000 F CFA. Après déduction d’un apport personnel de 20 % et application d’un taux d’intérêt de prêt acquéreur égal à 7 % l’an, pendant une durée de paiement de 15 ans, ce coût revient à 9 614 592 F CFA.
Le principe adopté par l’OMH pour l’obtention d’un logement consiste à ramener le coût d’acquisition à la capacité de remboursement des bénéficiaires à revenu compris entre 40 000 et 70 000 F CFA inclus, à faire supporter par les bénéficiaires à revenu supérieur à 100 000 F CFA, la différence entre le montant payé par les bénéficiaires à revenus faibles et le prix de revient des logements acquis par eux. Il s’agit en fait d’une solidarité des revenus élevés envers les revenus faibles.
Toutefois afin que cette solidarité soit acceptable, les produits seront légèrement améliorés d’un revenu à un autre d’où la notion de logements très économiques et économiques pour les faibles revenus, les moyens standings et les standings pour les revenus élevés.
Il convient de souligner que le rôle des partenaires et intervenants a été bien défini dès le début. L’OMH intervient afin de rendre accessibles lesdits logements aux populations à faibles revenus ciblées.
A ce titre, il s’occupe de certaines tâches. Il s’agit, de la participation au financement des études et travaux de viabilisation, de la participation au financement des infrastructures hors site, d’aider à la mise en place des apports personnels le cas échéant des populations à faibles revenus ciblées, de la bonification du taux d’intérêt des prêts acquéreurs accordés par la BHM aux populations à faibles revenus ciblées, et enfin de l’incitation des promoteurs immobiliers à utiliser des méthodes et techniques améliorées afin d’abaisser les coûts de réalisation et de produire assez de logement en peu de temps.
La Banque de l’habitat du Mali joue un rôle de bailleur de fonds pour l’opération. Il doit mobiliser les ressources financières nécessaires à la réalisation de l’opération, mettre en place des crédits à la disposition des promoteurs et acquéreurs et l’octroi de crédits bonifiés aux acquéreurs à faibles revenus.
Quant à l’Agence de cessions immobilières (ACI), elle devait jouer le rôle de maître d’œuvre. A ce titre, elle était chargée de superviser les études et travaux d’aménagement du site, de la viabilisation, de la réalisation des lotissements, de la réalisation des logements par les opérateurs immobiliers privés.
Concernant les intervenants, ils étaient composés des bureaux d’étude, des opérateurs immobiliers privés et des entrepreneurs et de la direction nationale de l’urbanisme et de la construction.
Le terrain qui était prévu pour cette opération immobilière est Yirimadio dans la zone ACI. Il couvre une superficie de 40 hectares. Outre les logements, il était prévu les équipements nécessaires tels que l’école, le Centre de santé, le marché, le terrain de jeux et l’espace vert. Ces équipements allaient occuper une superficie de 5 ha.
Quant aux voiries et réseaux divers, ils allaient avoir une superficie de 13 ha soit le tiers de la superficie totale.
En tout, les logements allaient couvrir une superficie de 22 ha.
Au pouvoir après les élections de 2002, ATT s’est attelé à construire des logements sociaux. Cette volonté est apparue très vite dans le message de nouvel an qu’il a présenté à la nation en 2003.
Après les 1008 logements sociaux de Bamako en 2004, les 525 logements de Bamako, Ségou, Gao et Kidal en 2005, ce sont les localités de Bamako, Kayes, Nioro, Kita, San, Mopti, Bandiagara, Tombouctou, Goundam et Diré qui ont été concernées par les 880 logements sociaux.
Ces logements ont été réalisés sous la supervision des services de l’habitat et de l’urbanisme par trente trois entreprises de construction, cinq de viabilisation et trois bureaux d’études ou de contrôle. Le financement a été assuré par le budget national et le budget de l’OMH.

Abdoul Karim KONE

PARTAGER