CSCRP 2012-2017 : Une revue technique dans l’esprit de la relance économique

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CSCRP 2012-2017 : Une revue technique dans l’esprit de la relance économiqueLes bonnes perspectives économiques attendues avec la sortie de crise devraient permettre de mieux lutter contre la pauvreté

Le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) constitue depuis quelques années, le cadre de référence de nos politiques de développement.  Il a pour but de stimuler la croissance et de faire en sorte que celle-ci bénéficie à chaque Malien. Le Cadre fédère les politiques et stratégies de développement conduites par l’Etat et garantit leur cohérence.

Le ministère de l’Economie et des Finances en collaboration avec les partenaires techniques et financiers a organisé hier la revue technique 2013 du CSCRP. L’exercice a  eu pour cadre le Centre internationale des conférences de Bamako (CICB).

Les travaux techniques de cette revue ont réuni autour du secrétaire général du département de l’Economie et des Finances, Mme Sidibé Zamilatou Cissé, le chef de file du groupe thématique des partenaires techniques, Abdoulaye Konaté, et les financiers et techniciens des départements ministériels, des représentants des collectivités territoriales, de la société civile, les partenaires techniques et financiers. Bref les représentants de tous les acteurs du développement de notre pays.

Cette revue 2013 du CSRP vise à faire le bilan de la mise en œuvre de la génération 2012-2017 du Cadre ainsi qu’une appréciation de la mise en œuvre des politiques et stratégies gouvernementales de croissance et de réduction de la pauvreté afin amorcer de nouvelles perspectives. Il s’agit pour les techniciens  et les partenaires extérieurs de discuter à fond de l’ensemble des documents et d’aboutir à des conclusions et recommandations qui serviront de base au débat politique entre le gouvernement et les partenaires.

Ces échanges sont organisés autour des résultats de la mise en œuvre des politiques et stratégies macroéconomiques et sectorielles. Ils prennent également en compte les résultats des principales revues sectorielles notamment dans les domaines de l’éducation, la santé, le développement social, l’agriculture, l’eau, l’assainissement, les infrastructures et la reforme de l’Etat.

UNE ANNEE CHARNIERE. Dans son intervention, le chef de file du Groupe thématique des partenaires techniques, Abdoulaye Konaté, a  souligné la difficile sortie qui impacte toujours le décollage économique et la relance du développement de notre pays. Selon lui, cette revue vise surtout à déceler les réussites et les faiblesses enregistrées dans la mise en œuvres des politiques et stratégies de développement afin de définir ensemble des nouvelles stratégies pour atteindre les objectifs communs.

Dans son intervention, la secrétaire générale du  ministère de l’Economie et des Finances, Mme Sidibé Zamilatou Cissé, a rappelé que 2013  est la deuxième année de mise en œuvre du CSCRP 2012-2017.  Elle correspond également à l’année pendant laquelle notre pays a commencé à sortir de la crise multiforme qui l’a frappé de plein fouet.  Suite à la tenue des élections présidentielle et législatives, les nouvelles autorités ont élaboré le Programme d’actions gouvernemental (PAG) pour la période de 2013-2018 sur la base des orientations du président de la République.

« Le CSCRP et le PAG sont complémentaires. Le suivi du PAG est intégré à la revue CSCRP afin d’une part de garantir la synergie des efforts de suivi-évaluation et d’autre part, d’orienter les priorités à partir desquelles le budget d’Etat 2015 sera conçu. Cette revue se base en premier lieu sur une analyse rétrospective des questions relatives à la mise œuvre des politiques, stratégies et actions prévues, à l’utilisation des ressources financières et humaines disponibles, à la réalisation des objectifs et aux problèmes et contraintes mais aussi aux changements à apporter aux politiques, stratégies et actions pour une amélioration des résultats ainsi qu’aux moyens nécessaires à mettre à disposition », a développé  la secrétaire générale  du  ministère de l’Economie et des Finances, invitant les techniciens et financiers à une analyse exhaustive de la situation.

Dans une présentation du rapport 2013 de la mise en œuvre du CSCRP, son coordinateur, Sékouba Diarra, a fait une description  assez édifiante de la situation globale du pays. Le rapport établit ainsi que le pays amorce une sortie progressive de la crise multiforme qu’il traverse depuis 2013. Une  crise sécuritaire, politique, sociale, humanitaire, institutionnelle et économique qui a affecté les éléments conjoncturels et les objectifs fixés dans le CSCRP.

En effet, l’économie a connu une récession en passant de 2,7% en 2011 à 0,0% en 2012. De même en 2013, avec la mauvaise campagne agricole, la reprise a été timide avec un taux de croissance de 1,7%. Ainsi l’objectif de 5,6% inscrit dans le cadre stratégique 2012-2017 n’a pas été atteint. La croissance économique a donc été insuffisante pour réduire la pauvreté. L’incidence de la pauvreté est passée de 55,6% en 2001, à 47,4 en 2006 puis 43,6% en 2010 sur la base d’un seuil de pauvreté en termes réels de 165 431 Fcfa en 2010. Cependant les estimations faites par l’INSAT et l’ODHD ont abouti à des taux de pauvreté de 41,74% en 2011, 42,7% en 2012 et 42,6% en 2013. Ainsi on observe une baisse de la pauvreté nationale entre 2001 et 2011et une légère tendance à hausse à partir de 2012 du fait des impacts combinés de la faible croissance économique et de la forte croissance démographique de +3,6%. Alors que l’objectif fixé dans les OMD (Objectif du millénaire pour le développement)  est de 34,7% en 2015.

POUR DONNER UN NOUVEL ELAN A LE REPRISE. Toujours selon le coordinateur du CSCRP, le secteur primaire est ressorti avec un taux de croissance de -7,4% contre 8,6% en 2012 sur une prévision de 5,6%. Cette situation expliquerait par la baisse de la production agricole (-13,7), tandis que les branches de l’élevage et de la pêche ont enregistré respectivement une croissance de 4% et 4,5%. Le secteur secondaire après une baisse de 2,9% en 2012 a rebondi en 2013 avec 5,5% contre une prévision de 7,8%. Cette baisse est imputable principalement aux secteurs de l’agroalimentaire (boissons et tabacs) et aux BTP avec des taux de croissance de 14,1% et 10% en 2013 contre -16% et -25% en 2012. Tandis que la branche électricité-eau a connu une hausse de 9,9% de production en 2013 contre -2% en 2012. Le taux de croissance des industries extractives et textiles est ressorti à 1,5% et -4,8 en 2013 contre 40% et 9,2% en 2012.

Le secteur tertiaire s’est distingué par un taux de croissance de 8,9% en 2013 contre une prévision de 4,8% et une réalisation de -6,7% en 2012. Cette hausse est en grande partie due à la croissance enregistrée dans le secteur des services marchands et financiers, dans le secteur des transports et  télécommunications ainsi que du commerce qui sont ressortie respectivement avec 15%, 9% et 8% contre -35%, 0% et 1% en 2012.

Il  convient de signaler que la part des secteurs primaire et tertiaire reste prédominante dans le PIB avec 40% et 35% en 2012 contre 36,5% et 37,9% en 2013. Celle du secteur secondaire a connu une légère hausse de 17,4 en 2012 à 18,1 en 2013.

La consommation finale a connu une hausse de 6,6% en 2013 sur une prévision de 6,5%.  Celle des administrations est ressortie à 8,5% en 2012 contre un objectif de 8,7% et une réalisation de -5% en 2012. La consommation des ménages est passée de 2,5 en 2012 à 6% en 2013. Ainsi la formation brute de capital fixe est passée de -30,8% en 2012 à 24% en 2013, suite principalement à la hausse des investissements publics (55%).

S’agissant justement de l’investissement public au titre de l’année 2013, les réalisations financières se sont chiffrées à 262,2 milliards Fcfa (soit un taux d’exécution de 86,6%) contre 83,526 milliards de Fcfa en 2012.

C’est pour donner un nouvel élan à cette reprise que techniciens, experts et partenaires techniques et financiers  étaient réunis pour discuter de la relance économique tant attendue. Les conclusions et recommandations de ces travaux techniques doivent servir de base au dialogue politique qui s’ouvre aujourd’hui entre le gouvernement, les partenaires techniques et financiers ainsi que les autres acteurs au niveau décisionnel.

D. DJIRE

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