Adama Sangaré : «Les gens qui accusent le maire du district n’apportent aucune preuve»

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Vingt quatre heures à peine après la grève du 21 décembre dernier qui a paralysé l’activité économique de la capitale, la réaction du maire du district de Bamako, Adama Sangaré, ne s’est pas fait attendre. Comme la réponse du berger à la bergère, le maire Adama Sangaré a profité de la fin de la session budgétaire de son Conseil pour non seulement balayer d’un revers de la main toutes les accusations dont il fait l’objet aujourd’hui, mais aussi et surtout d’asséner ses quatre vérités.

 

C’était au cours d’un point de presse organisé le jeudi, 22 décembre dernier, dans la salle de délibérations de l’hôtel de ville de Bamako. Ledit point de presse qui devait uniquement porter sur les activités majeures courant 2011 de la mairie du district de Bamako, s’est vite transformé en procès de la gestion de Adama Sangaré à la tête de la mairie du district de Bamako. Les nombreux journalistes présents dans la salle étaient en effet déterminés à avoir des explications claires et précises sur certaines préoccupations de l’heure (retraits de parcelles, ventes illégales des parcelles, augmentation des loyers des magasins du district de Bamako, démolition des maisons à Sotuba, entre autres).

 

Comme quelqu’un qui était dans le box des accusés, Adama Sangaré, loin d’être inquiet ou perturbé, ne s’est nullement dérobé. Il a au contraire donné des explications qui prennent le contre pied de tout ce qui se raconte aujourd’hui. Pour sa défense, Adama Sangaré tiendra tout d’abord à faire savoir que comme toute capitale en croissance, Bamako connait des difficultés. Selon lui, l’assainissement constitue un vrai problème aujourd’hui car les derniers équipements de la ville de Bamako remontent en 1986. Au-delà des déchets liquides et solides qu’il faut gérer quotidiennement, le problème épineux des voies est réel. D’où la question de la mobilité urbaine qui a été solutionnée par l’anneau SOTRAMA. Mais, à en croire le maire du District, ce projet connait des résistances. En effet, sept ans après son démarrage (en 2005) des difficultés sont toujours là. La preuve a d’ailleurs été donnée lors de la grève du 21 décembre dernier où les chauffeurs de SOTRAMA ont manifesté leur mécontentement.  «Quand les gens ne sont pas habitués au changement, il y a toujours des malentendus» explique Adama Sangaré.

 

L’autre problème auquel est confronté le District de Bamako réside dans les équipements marchands. Aux dires du maire du District de Bamako, les marchés ne répondent plus aux normes. Ce qui fait que la mairie ne parvient plus à mobiliser les ressources financières adéquates. «Afin que le patrimoine de la ville soit consolidé, il faut rénover nos équipements marchands» dira le maire Adama Sangaré. Mais hélas, certains dans ces marchés ne veulent nullement entendre parler de rénovation pour des raisons qui leurs sont propres. C’est le cas aussi du projet de tramways dont certains s’hasardent à jeter déjà le discrédit. «Le projet de tramways n’est pas un éléphant blanc. Les études aujourd’hui sont terminées et très bientôt ce serait une réalité» a rassuré Adama Sangaré.

 

Sur les sujets qui fâchent

Sur la question des retraits de parcelles, le maire Adama Sangaré dira qu’on a dépassé la situation des retraits. «Les gens qui accusent le maire du District n’apportent aucune preuve» clama t-il. Selon lui, dans tous les anciens quartiers de Bamako où il y a des problèmes, c’est le maire du District qui gère depuis l’avènement de la décentralisation au Mali. Les pouvoirs dévolus au Gouverneur ont en effet été transmis au Maire. Adama Sangaré reconnaitra cependant que les erreurs peuvent être commises dans la gestion. «Dire aujourd’hui qu’il y a des problèmes de retrait n’est pas vrai. C’est un vieux débat» fera-t-il savoir. Tout en expliquant que si la dévolution des biens avait été faite, le problème ne se serait pas posé. Le maire fera savoir qu’il n’y a pas de vente de parcelles en réalité, mais des concessions de parcelles. «On ne peut pas vendre des parcelles parce qu’ on n’a pas de titres de parcelles»

 

Augmentation des loyers

A en croire Adama, les textes sur lesquels ils ont majoré sont les textes de 1986. «Nous avons voulu éviter les évasions fiscales» dira-t-il. Faut-il rappeler que les magasins du district de Bamako font l’objet d’une intense spéculation dans les différents marchés. Ces magasins qui sont loués par la mairie du district à 7 500 – 11 000 FCFA sont rétrocédés à prix fort aux détaillants. «Les syndicats et associations doivent jouer le rôle d’interface, de facilitateur et non un rôle de catalyseur».

 

Quant au problème des aménagements dans le marché de Médine et de la gare routière de Bamako, Adama Sangaré fera savoir que la mairie du District de Bamako fait des baux pour aménager le marché. «J’ai signé des décisions de régularisation et de transfert» dira-t-il. Selon lui, il faut des équipements qui peuvent produire des recettes pour le District. «Je suis là pour prendre des décisions. J’ai des textes, j’essaye de les appliquer au mieux des intérêts de la société» dira-t-il. Adama Sangaré dira en outre que de la crise à maintenant, il a étouffé beaucoup de mouvements de soutien en sa faveur. Ce qu’il demande aujourd’hui, c’est que les gens respectent la réglementation en vigueur. Aux GIE, il fera savoir que c’est la première fois que le District est en faute parce qu’il n’y a plus d’argent. Et d’appeler les gens au dialogue, à la tolérance ainsi qu’à la compréhension.

 

Sur ses relations avec l’ADEMA et Modibo Sidibé 

Les observateurs politiques qui pensent qu’Adama Sangaré veut quitter la ruche pour Modibo Sidibé doivent rapidement revoir leur analyse. Adama Sangaré fera en effet savoir qu’il est le Secrétaire général de la section 3 ADEMA qui se réunit régulièrement. «Je continuerai à assumer mes obligations vis-à-vis de l’ADEMA» réaffirma-t-il. Selon lui, Modibo Sidibé est son grand frère et il va le demeurer. Quel est l’acte que j’ai posé contre le parti ? Je veux le comprendre réellement. Personne n’arrive à le dire. Pour quelle raison je mettrais mes relations entre parenthèse avec Modibo ? Telle est la question qu’Adama Sangaré s’est posé.                                                                              

   Birama FALL                 

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