Les maliens de New York aux USA : Des hauts et des bas, mais ils tiennent

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L’immigration fait partie des réalités socioculturelles des Maliens et depuis la nuit des temps. Les maliens prennent les chemins de l’aventure souvent sans savoir précisément pourquoi et où partir. Et malgré les difficultés les plus atroces, l’injustice et le mauvais traitement de certains pays d’accueil, nos compatriotes n’ont jamais cessé de continuer et d’avancer et se retrouvent dans des pays les plus lointains et dans les secteurs d’activités les plus diverses.

Lors de notre passage à New York City, l’une des plus grandes villes des Etats-Unis et du monde, nous avons pu rencontrer des Maliens installés ici et évoluant dans diverses activités depuis de nombreuses années et qui font partie des meilleurs de leurs secteurs.

ABDOULAYE CAMARA DIT BABA DABO

Un self-made Man qui maitrise New York

 En venant aux USA, Baba Dabo n’avait aucune idée de ce qui l’attendait, car souvent certains y perdent la vie dans des circonstances bizarres, mais rien ni personne ne le décourage et ces autres hommes et femmes, de continuer à chercher où se trouve l’eldorado pour eux et pour leurs familles restées au Mali.  C’est dans ce cadre que nous avons rencontré M. Abdoulaye Camara dit Baba Dabo. Vivant dans le Bronx, 165th Stareet, un des quartiers chics de New York City, Baba Dabo est un jeune Malien qui est arrivé aux Etats-Unis il y a 20 ans après un bref séjour dans plusieurs autres pays africains. « Je suis arrivé ici dans la seule optique de faire fortune et de retourner au pays. Mais, la réalité était toute différente.

D’abord le défi de la langue s’est posé, ensuite le temps qu’il faut pour comprendre les affaires et choisir ce qui je vais faire avec mon profile. Donc, j’ai passé quelques années dans cette phase avant de trouver mon chemin. Cela n’a pas été facile, mais je l’ai fait. Et pendant cette phase, j’ai vécu dans presque tous les grands quartiers de New York City.

Aujourd’hui, j’ai développé les affaires de transport urbain ici à New York City et depuis quelques temps je gagne bien ma vie dans ce secteur et aide même certains autres compatriotes », a expliqué Abdoulaye Camara dit Baba Dabo avant d’ajouter qu’il garde de très bonnes relations avec le Mali malgré la distance.

Le Mali, je l’ai dans mon cœur, donc malgré les difficultés que notre pays traverse, je reste convaincu que demain sera meilleur. On sait que c’est très dur aujourd’hui au pays, mais il faut que les jeunes ne désespèrent pas qu’ils continuent de travailler dur, car seul le travail paye. Pour nous les jeunes, il faut aussi que nous commencions à investir plus chez nous  », a-t-il conclu.

 

MODIBO OMBOTIMBE DIT DJIGUINE

Le Coiffeur des Stars de New York City

 Vivre de son art est une chance que beaucoup de personne n’ont pas, mais travailler dur pour subvenir à ses besoins est une chose que des millions de personnes ont en commun. En effet, Modibo Ombotimbé appelé Djiguiné par ses intimes est un jeune Malien né à Bamako, précisément dans le quartier Hippodrome mais qui réside à New York depuis plusieurs années. Tranquille et bien callé dans son salon de coiffure « Moustapha Baber Shop » dans le 135th Street à Harlem, Djiguiné fait partie de ces jeunes africains se sont imposés et qui ont su imposer le respect des New Yorkais par leur travail et leur sérieux de tous les jours. Venu de son Bamako natal en 2001, Modibo Ombotimbé avait d’abord déposé sa valise au Canada ou il aura séjourné quelques temps avant de rejoindre la ville de New York ou il réside depuis 2001. Les grandes stars mondiales telles Faly Ipupa, Akon, Cassidy des sportifs de grandes renommées évoluant dans la NBA ont tous passé sous la coupe de l’infatigable Djiguiné. « Je suis très content de ma vie ici, car elle me permet doucement mais surement de réaliser mon rêve. Je suis venu ici pour travailler et non pour m’amuser. C’est ce que beaucoup de gens n’ont pas compris, pourquoi ils sont dehors et quittent leur pays et leur famille. La seule chose qui me dérange un peu ici, c’est l’intensité du travail, car il est très dur, mais je ne me plains pas », a expliqué le jeune Malien, coiffeur des stars de New York. Avec comme projet de pouvoir retourner au Mali et de se lancer dans l’agriculture et l’élevage des bœufs, Modibo Ombotimbé travaille très dur chaque jour que Dieu fait pour réaliser ce rêve. Mais d’ici là, il continue de prendre soin des siens qui sont restés au Mali pour une vie meilleure.

SĂ©kou Tangara dit Bako Back

L’un des plus grands promoteurs à New York

 Né à Médina Coura, l’un des quartiers phares de Bamako, Sékou Tangara communément appelé Bako Back est un jeune promoteur de spectacles à New York depuis des années. Confirmé, il l’a été depuis ses tout débuts dans le showbiz New Yorkais, car il aura appris les rouages de ce monde unique et spécial depuis Bamako avant d’atterrir à New York. Grand fan du groupe emblématique Sénégalais PBS « Positive Black Soul » qu’il chantait les morceaux comme de l’eau à boire, Bako Back ne tardera pas à se lancer dans le Rap avec son propre groupe appelé à l’époque « Black Ize » avec MC Pantcho, Seydou Touré, lequel produira quelques morceaux célèbres. Et il fera rapidement son apparition à la TV à travers l’émission de Bradox. Mais en 1999, Sékou Tangara dit Bako Back optera pour ses études qui l’ont conduit aux Etats-Unis d’Amérique. « Je travaillais déjà bien à l’école avant de venir aux USA. Arrivé ici, je suis effectivement allé au Martin Luther King High School de New York ou j’ai eu mon diplôme, après je suis rentré à l’université pour étudier « Justice Criminal », mais je n’ai pas pu finir comme certains de mes camarades à l’époque, mais ici nous avons la flexibilité par rapport aux études. Je compte bien finir mes études et avoir mon diplôme d’université», a précisé Bako Back lors de notre rencontre à la 135e  Street de Harlem. Aujourd’hui, Bako Back fait partie des jeunes les plus influents du Showbiz à New York parmi les jeunes de la communauté Africaine. En effet, à travers différentes initiatives, il a su s’imposer et imposer sa marque. En contact avec les artistes du monde entier, Bako Back organise souvent et aussi des grands spectacles à New York et ailleurs. Producteur des jeunes artistes Maliens qui viennent aux US, tels que Sidiki Diabaté, Iba One, King KJ, Nampé Sadio, Vieux Farka…Bako Back fait produire aussi les artistes Américains dans d’autres parties du monde. Il est marié à une Américano-Japonaise et à une très belle  et mignonne fille de 2 ans. « Pour les jeunes, je leur demande de mieux se concentrer dans ce qu’ils font de mieux où ils sont, car maintenant avec l’ouverture du monde, d’aller à l’aventure comme ça n’est une option », a-t-il conclu.

M.KONDO, depuis New York City

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