“Bi-Mogoya” d’Oumou Sangaré: Une captivante excursion dans le Wassoulou de belles mélodies

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Oumou Sangaré

Son dernier “bébé” est né en 2009 et s’appelait Seya. Huit ans après, la diva du Wassoulou se prépare à revenir dans les bacs au grand bonheur de ses millions de fans impatients de savourer les fruits de son incomparable inspiration. “Bi-Mogoya” (les relations humaines), ainsi s’appellera le nouvel opus. Privilégiés, les médias en ont eu un avant-goût le 26 février 2017 à la “Résidence Wassoulou” avec Oumou Sangaré présentement en tournée internationale jusqu’en avril.

 

Neufs titres concoctés dans un savant mélange de sonorités modernes et traditionnelles comme elle semble être la seule à en avoir les recettes ! La diva du Wassoulou, Oumou Sangaré, veut faire oublier à ses fans sa longue absence dans les bacs.

La sortie officielle de “Bi-Mogoya” est prévue pour le 7 mai 2017. Un album pas moins engagé que les précédents avec des textes qui demeurent des fidèles reflets des maux de la société.

“En dégustant, en avant-goût deux titres de l’album, on constate que la musicienne essaye de faire passer un message éducatif inspiré du vécu de millier de personnes victimes d’abus de confiance ou de calomnie”, commente une consœur qui était parmi les privilégiés du 26 février 2017 à la Résidence Wassoulou.

A la presse, elle dit être bien dans sa mission socioculturelle parce que “le rôle de l’artiste est de participer à la construction citoyenne à travers des chansons de sensibilisation et d’éducation”.

“Bi-Mogoya” est aussi une excursion concoctée par Dily Oumou pour faire voyager les mélomanes dans le Wassoulou profond avec le kamalen ngoni et autres instruments traditionnels.

Une excursion qui met fin à presque huit ans d’absence chez les disquaires. En effet, “Seya” date de 2009. “De nos jours, sortir un album est un calvaire pour nous artistes maliens. Le Bureau malien du droit d’auteur (Bumda) ne fait rien pour protéger nos œuvres contre le piratage. C’est à la demande de mes fans que j’ai accepté de leur offrir ce nouvel album. Imaginez le clip que Yèrè Faga Nyani a été tourné à près 100 000 euros, soit près de 66 millions de F CFA, en Afrique du Sud”, s’est défendue Oumou en exhortant les autorités à soutenir la musique malienne.

Mais, ce n’est pas pour autant hui ans de sevrage parce que la diva a sillonné le monde pour faire plaisir à ses fans. Elle dit avoir effectué 82 voyages dans autant de pays pour la promotion de “Seya”. Et elle est présentement en tournée européenne voire internationale jusqu’au 2 avril 2017 afin d’aller présenter sa nouvelle délicieuse galette : “Bi-Mogoya”, le 8e album de sa superbe discographie,  qui a tous les ingrédients d’un chef d’œuvre. C’est ce que présagent en tout cas les deux clips, “Fadjamou” (nom de famille) et “Yèrè Faga Nyani”, présentés à la presse le 26 février dernier.

Pour promouvoir le secteur de la musique malienne, la diva a associé à ce projet un jeune  producteur de la place, “88 Prod”.  L’album verra également la participation de plusieurs autres producteurs africains et d’Europe.

Cette rencontre avec la presse a pris fin par une prestation en  live de la diva sur une autre composition du nouvel opus dédié au Mali, “Mali Nyalé”. Elle y invite les Maliens, de toutes les sensibilités et de tous les bords, à se donner la main pour que le pays puisse enfin prendre la voie de l’émergence avec ses diverses richesses. En partenariat avec  l’agence Médias Plus, Oumou Sangaré projette une dédicace pour le public malien avant la sortie officielle de l’album.

Célèbre chanteuse malienne, Oumou Sangaré a vu le jour un 12 février 1968 à Bamako. Elle est née de parents originaires du Wassoulou, dans le Sud dans la zone frontalière avec la Guinée-Conakry et la Côte d’Ivoire.

Sa mère, Aminata Diakité, était cantatrice. Dès son enfance, Oumou Sangaré chante afin d’aider sa mère à nourrir sa famille. A l’âge de 5 ans, elle se fait remarquer par ses talents de chanteuse en remportant la finale des écoles maternelles de Bamako. Pour la circonstance, elle a enflammé le stade Omnisports Modibo Kéita devant 6000 personnes.

A 16 ans, elle part en tournée avec le groupe Djoliba Percussions. Elle travaille ensuite avec Amadou Ba Guindo, un grand maître de la musique malienne, avec qui elle enregistre en 1990 un premier album “Moussoulou” (les femmes), qui connaît un succès important en Afrique avec plus de 220 000 exemplaires légaux vendus. Sans que les copies pirates vendues sont encore plus nombreuses.

Grâce à Ali Farka Touré, Oumou Sangaré signe ensuite avec le label anglais World Circuit. A 21 ans, elle devient une star.

Diva, Oumou Sangaré est considérée comme une ambassadrice du Wassoulou, sa musique étant inspirée des musiques et danses traditionnelles de cette région giboyeuse et agricole. Elle écrit et composé ses chansons qui s’appuient sur une forte critique sociale, concernant notamment de la place de la femme et des humbles dans la société.

Depuis 1990, elle se produit sur les plus grandes scènes du monde comme, entre autres, l’Opéra de Sydney, Central Park, Roskilde festival, Festival d’Essaouira, Opéra de la monnaie de Bruxelles, Queen Elisabeth Hall… Elle se produit régulièrement à tous les grands festivals dans le monde.

Avocate des droits de la femme, Oumou a été nommée Ambassadrice de la FAO en 2003. Femme d’affaires prospère et commandeur de l’Ordre national du Mali depuis le 15 janvier 2015, la diva est également commandeur des Arts et lettres de la République française (1998) et lauréate du prix de l’Unesco en 2001.

D’autres consécrations et distinctions suivront sans doute !

Aïssata Bâ

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