Echostar / Ben Zabo, sur les traces de François et Dounaké Koïta

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Quand les rythmes du « déni », du « tendoro » et du « hôni » vont à la rencontre des sonorités comme  le blues, le jazz, le funk, l’afro beat, le rock et le reggae, cela donne, l’album « Wa nii Bwa » avec un titre fétiche : « Wari vo » ou l’argent est fini. Cet album d’une rare beauté, avec une orchestration qui a refusé les boites à rythmes pour faire appel à de véritables joueurs d’instruments de musique, est l’œuvre de Ben Zabo. Mais qui est cet artiste qui par son talent est en passe de repositionner la musique moderne Bwa sur de nouvelles rampes.

En principe, rien ne prédestinait Arouna Moussa Coulibaly, alias Ben Zabo à devenir artiste musicien, si ce n’est sa témérité et son amour pour les arts et la culture. Noble bobo à oreille rouge, il a fallu qu’Arouna bataille dur pour amener sa famille à accepter son choix : devenir chanteur.

Ces parents qui lui souhaitaient une belle carrière de pharmacien, n’avaient pas compris que depuis l’âge de 14 ans, Arouna s’était déjà inoculé le virus de la musique et des arts. Né à Tominian un 24 janvier 1979, il était tout à fait normal qu’il soit fortement influencé par François Koïta, chef d’orchestre du « Bwa Band ». En effet, Arouna Moussa Coulibaly qui allait devenir plus tard Ben Zabo, a eu une enfance bercée par des chansons qui traduisaient l’exploit de François Koïta.

On n’en parle pas assez. Avec la création en 1980 du « Bwa Band », il fut le premier à introduire les rythmes Bwa dans la musique moderne du Mali. Très jeune Arouna a eu la chance d’aller à l’école de ce monument de la musique moderne Bwa. « C’est vers l’âge de 14 ans que j’ai commencé à apprendre la musique auprès de François Koïta, chef d’orchestre du «Bwa Band», l’orchestre de Tominian. Cet apprentissage durera jusqu’à la fin de ses études secondaires au lycée de Sikasso en 1999 », déclare aujourd’hui avec beaucoup de fierté Ben Zabo. Son baccalauréat en poche, conformément aux souhaits de ses parents, il débarque à Bamako pour des études en pharmacie. Mais, trop absorbé par la musique et très souvent loin des amphithéâtres et des laboratoires de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odonto-stomatologie, Arouna Moussa Coulibaly, avec l’appui d’un ami bassiste du nom de  Maxim Koïta, va intégrer en 2000 le groupe « Coumba » de Binké. Pendant au moins deux ans, il va tourner avec ce groupe. Fort de cette expériences de toutes les autres engrangées par-ci et par-là, pendant 6 ans, en 2006, il prit la responsabilité de mettre sur pied un groupe, essentiellement composé de ses amis d’enfance, tous originaires du cercle de Tominian. Il sera sollicité pour l’animation des mariages, baptêmes, soirées dansantes, concerts etc.

Conformément au principe qui voudrait que celui qui veut vivre de son talent ne doit rien faire au hasard, Arouna Moussa Coulibaly, en 2006, va intégrer le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia de Bamako pour étudier la musique pendant cinq ans. Aujourd’hui, titulaire d’un diplôme d’études supérieures spécialisées, en plus de ses qualités de guitariste-chanteur, il s’est spécialisé dans le domaine des techniques du son. Et, depuis 2007, il eut  l’opportunité d’être assistant ingénieur du son au studio Bogolan de Bamako.

Et, comme si s’était inscrit quelque part. C’est dans ce studio qu’il a rencontré un producteur européen, Peter Weber  de « Label Glitterhouse Records » qui a accepté de produire son album sur le marché international. Et, comme dans un conte de fée, l’album « Wa nii Bwa » avec son titre fétiche : « Wari vo » ou l’argent est fini, est aujourd’hui sur le marché pour convaincre les mélomanes.

Cet album tout en perpétuant les traditions de son « Bwatun » ou pays Bwa, l’ancien pensionnaire du Conservatoire de Bamako a choisi de développer un style mixte dans lequel on décèle tout autant des influences d’autres styles musicaux modernes et occidentaux comme l’afro beat, le funk, le reggae, le blues, le rock et même le jazz. Dans ses compositions, Ben zabo développe des thèmes  comme  l’amour, la  fraternité, la paix, la justice, la tolérance, la solidarité, le travail et la bonne gouvernance.

 Selon lui, ce sont-là, le  seul gage de l’intégrité et la cohésion sociales, facteurs du développement humain durable. Il y dénonce avec ferveur et rigueur le dénigrement, la cupidité, l’hypocrisie, la discrimination et la démagogie qui sont les principaux maux qui entament la stabilité de notre société et confisquent la liberté, la dignité et le bien être de certains citoyens. Composé de 12 titres, cet album a bénéficié de la collaboration de Jean Diarra à la batterie, de Kassim Keita à la percussion et au balafon, de Siméon Diarra à la guitare basse et à la trompette, de Soboua Dieudonné Koïta à la guitare lead, de Yodé Nepehi Richard dit Yizih au saxophone, de John Digent au clavier, de Virginie Dembélé et de Patricia Koïta au chœur. L’album produit par Chris Eckman, a été enregistré au Studio Bogolan et mixé par Yves Wernert.                 

 Assane Koné

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Fifianribana<span class="wpdiscuz-comment-count"><i class="fa fa-commenting"></i> 79</span>
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Fifianribana 79
4 années 6 mois plus tôt

Bon vent à Ben Zabo.A-t-on besoin de prendre les armes pour défendre sa culture et ses convictions?

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