Entretien avec Milmo N Sahel

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KayesInfos : pouvez-vous vous  présenter ?
Mon vrai nom est Mahamadou Soumounou,  Milmo est mon nom d’artiste. Je viens de Nioro du Sahel.
KayesInfos : Parlez nous un peu de vos débuts et  de votre carrière
Une très bonne question. Quand il s’agit de ma carrière c’est une très longue histoire, parce que moi je viens d’une famille soninké (cordonnier) et artiste.  J’ai été élevé par mon oncle qui était un grand parolier et j’ai eu aussi des grands frères qui m’ont précédé et qui faisaient le Hip Hop. Vu que le domaine des soninkés c’est l’aventure, les grands ont abandonné et sont partis à l’aventure. Moi qui suis resté ici au Mali, j’ai cherché à développer ce talent d’artiste d’autant plus que je savais bien dessiner. Depuis que j’étais tout petit, j’aimais beaucoup faire le dessin, dessiner des fleurs, écrire des poèmes dans les cahiers de souvenir etc. Petit à petit l’inspiration venait et j’écrivais aussi des thèmes relatifs à l’Afrique, à la femme etc. J’ai essayé ces poèmes sur la voix sonore et les gens appréciaient.
KayesInfos : Comment  vous est venue l’idée du Rap ?
L’idée du Rap est venue en 2000 quand j’ai quitté l‘Hippodrome (Bamako) pour aller à Daoudabougou où j’ai rencontré un groupe de rap qui m’a intégré et encouragé. Ma carrière commença en 2007 quand j’ai enregistré mon premier morceau qui s’appellait « forobaguègnè ». Les gens ont beaucoup apprécié ce morceau et ce qui m’a permis de monter le clip. En 2008, j’ai rencontré mes  frères que j’appelle les « frères de rue », Penzy, Founken-Z, R-Fly etc. Avec eux, on a fait un clip « bobo  kan » avec Fouken-Z le taximan, moi qui suis maçon, Penzy le chauffeur et R-Fly le footballeur. Donc ce morceau a eu beaucoup d’écho. C’est à partir de là-bas et puisque nous nous sommes rencontrés dans la rue que nous avons crée un clan qui s’appelle « les frères de la rue ». Un jour, Bouba  de « Maliba Production » m’a’appelé et m’a fait une proposition de production que j’ai acceptée d’office. Mon premier album a vit le jour le 11 février 2011.C’est ainsi que c’est parti avec Milmo N Sahel
KayesInfos : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?
J’ai eu pas mal de difficultés. A l’époque pour sortir un album, c’était très difficile. A l époque aussi, il y avait un mouvement « le class » qui avait envahi le pays. Mais je dirais que mes difficultés c’était avant de sortir l’album et même mon producteur avait peur. L’autre difficulté, c’était aussi la famille. Il est  vrai que je suis issu d’une famille d’artiste,  mais mes parents n’aimaient pas trop le Rap. Par ce que ce mouvement à une image souvent mauvaise. Souvent aussi les gens pensent que rappeur veut dire dealer, bandit etc. Lorsque  j’accompagnais les frères, c’est-à-dire Penzy, Founken Z et revenais sans un sous, et le lendemain si j’en demandais à mon père il me disait «  toi là tu bouges, tu bouges mais tu n’as toujours rien ! C’est quoi ça ? ».  Donc, j’ai senti que mes parents n’aimaient pas. Et dans le quartier j’ai été victime souvent des moqueries etc. Mais après le 1er album, les parents ont compris que leur fils n’était pas un bandit et le quartier était fier de moi.
KayesInfos : Vos sources d’inspirations
Mes sources d’inspirations ne sont autres que l’environnement, le regard des gens etc. Je vis dans un quartier populaire là où toutes les maisons ne sont pas clôturées et où chacun sait ce qui se passe chez l’autre. Ce n’est pas dans certains quartiers de Bamako comme l’ACI où si tu as besoin des news il faut regarder la télévision ou des journaux. Mais dans mon quartier tu sais tout ce qui  se passe à temps réel. Les maisons sont grandement ouvertes, tu vois les gens en train de se battre, se disputer etc. Avec cette situation l’inspiration vient facilement ! Je suis aussi attentif et j’aime beaucoup la lecture. J’essaie toujours de regarder l’actualité différemment et l’interpréter à ma façon.
KayesInfos : l’étiquette d’un prêcheur ?
C’est vrai que souvent on me dit que je suis un prêcheur. Au Mali, il y a eu des rappeurs révolutionnaires, des « classeurs » de « l’égo trip » etc. Donc en faisant une analyse complète de l’environnement du Rap au Mali, je me suis posé la question de savoir qu’est ce que moi aussi je peux apporter au Rap malien. Et la remarque que j’ai faite, ce que la morale n’est pas trop dans le mouvement. C’est ainsi que j’ai essayé de jongler rap et morale.
KayesInfos : Quelle analyse faites vous du rap malien ?
J’ai constaté que le rap malien a beaucoup évolué. Avant quand vous prenez le téléphone de quelqu’un tu ne rencontrais que les sons étrangers ! Mais aujourd’hui, dans les téléphones vous verrez beaucoup plus de sons maliens qu’étrangers et cela est une fierté pour les rappeurs maliens. Donc aujourd’hui on parle du « consommé malien ». L’autre constat est le côté un peu négatif, parce que souvent les rappeurs maliens ont tendance à faire la confusion entre la culture occidentale et la nôtre. Et je pense que les insultes qui minent aujourd’hui le rap malien ne sont pas de nôtre culture.
KayesInfos  quel est votre dernier mot ?
Je dirai à tous mes fans, que bientôt il y aura mon nouvel album et c’est toujours le même Milmo et la même source d’inspiration. Je remercie aussi le journal KayesInfos et je vous souhaite bon vent !
Entretien réalisé par Boubacar Naine

SOURCE:  du   4 jan 2013.    

17 Réactions à Entretien avec Milmo N Sahel

  1. Oumar Coulibaly

    je te souhaite une longue carriere plein succès et de ressute bon vent à toi My
    lmo L’espoir du rap Malien.

  2. tob

    On ne récolte que ce qu’on a semé voilà aujourd’hui les fruits de ton travail:l’un des rappeurs le plus respecté en même temps le meilleur rappeur de tous les temps

  3. siradie diawara

    Que vous soyez courageuses

  4. Le Bruno

    Courage Milmo, toi avec Penzy, Master Soumi et Founken z, vous êtes mes rappeurs préférés. Je vous trouvent très sage et cultivé, continuer toujours dans ce sens. Ce n’est pas pour dénigrer les autres et non moins pour nier leurs talents mais c’est une question de préférence (d’admiration) quand même je n’apprécie pas certains de ces rappeurs qui s’insultent entre eux, ou bien qui portent le pantalon à mi-fesse pour imiter d’autres cultures.

    BIG UP A TOI

  5. Sangaranka

    Il fait vraiment de la prophetie et se démarque de certains comportements, courage !

  6. siradie diawara

    beaucoup de courage,tu est le meilleur Rapeur de bamako.Soyer courageuse

  7. adama kone

    tu est le meilleur rapeur de l’afrique courage continue a revendiquer sa nous plaisir

  8. mariaaa

    Courage milmo!! Je tadore!!! J’aime bcp c que tu fais

  9. daout

    toujours le courage n’oublie jamais ça.

  10. ariane

    courage Milmo :wink: