Entretien avec Mokobé Traoré du Groupe 113 : “Mon candidat sera le Président élu”

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MOKOBE avec le Ministre Ahmed Niang

L’enfant de Kayes, Mokobé  Traoré, incarne aujourd’hui le modèle de l’africanité au sens large du terme. Issu d’un père malien et d’une mère sénégalo-mauritanienne, ce panafricaniste né a su profiter des richesses de son métissage. Rencontré lors de la présentation de son nouvel album “Africa Forever”, un opus de 19 titres enregistré en 8 mois à Paris, Mokobé nous fait découvrir cet album du  Hip-Hop avec un mélange d’africanité en featuring avec  Oumou Sangaré, Fodé Baro,  Soprano, Jah Cure, Despo Rutti, Arafat Dj etc. Depuis ses débuts au sein du groupe 113, il a toujours su mettre en valeur la culture de son pays, le “Mali Ba”. Il répond aux questions de l’Indépendant Weekend.

L’Indépendant Weekend: Qui est Mokobé Traoré?

Mokobé Traoré : Je suis Mokobé Traoré. Malien d’origine, je porte dans mes veines du sang mauritanien et sénégalais et je suis fier d’être Malien. J’ai été formé au groupe 113. Chevalier de l’Ordre national du Mali en 2009, fervent défenseur de la musique africaine, je revendique 3 millions de disques vendus, deux victoires de la musique etc.

 Quelles sont vos impressions après cette rencontre avec le ministre de la Culture?

Je suis très ému par le respect et  la considération que le ministre porte à ma modeste personne. C’est toujours très honorable d’être félicité par un ministre de la Culture car c’est une chance qu’on n’a pas en Europe, surtout que ça me donne de la motivation pour aller encore plus loin.

Depuis la sortie de l’album “Mon Afrique” en 2007 sur le marché discographique,  Mokobé ne s’est manifesté que quatre ans plus tard. Qu’est-ce qui explique ce silence ?

C’est vrai que j’ai pris du retard à sortir un nouvel album. Ce retard est du au fait que “Mon Afrique” a eu une longue durée de vie. J’ai énormément tourné avec l’album en Afrique, en Europe, aux Etats Unis etc. J’avais déjà à l’idée de faire mon second album, mais cela a trouvé que j’étais toujours en déplacement si bien que j’avais peu de temps pour me concentrer. Mais comme on le dit : “mieux vaut tard que jamais“.

Quels sont les thèmes abordés dans cet album ?

C’est un album universel qui parle de plusieurs  maux de la société, de l’amour, du pardon, des éloges de mon pays. Je rends également hommage au continent en parlant des grands hommes comme Soundiata Kéïta, Nelson Mandela, Cheick Anta Diop, Thomas Sankara, Aimé Césaire, Patrice Lumumba etc.

Il y a un vent qui continue de souffler  sur l’Afrique : c’est le “printemps arabe”. A ce propos, quel message avez-vous à livrer à la jeunesse africaine?

Déjà, moi je suis un homme de paix. Il y a effectivement des révolutions, parfois ça donne des bonnes choses. Si c’est seulement le cas, tant mieux. Mais quand il faut passer à une guerre civile  pour régler les problèmes, ça devient très sérieux d’autant plus qu’on tue même des innocents. Il faut l’avouer, notre continent a traversé une période très difficile avec les problèmes de la Côte d’Ivoire, de la Libye, de l’Egypte, de la Tunisie etc. Aujourd’hui, ce sont les guerres ethniques et religieuses au Nigéria, des soulèvements en RDC. Tout cela est compliqué et fait mal car le continent a plutôt besoin de relever la tête. C’est pourquoi, j’essaye de sortir beaucoup de messages de paix dans mon album  tout en espérant que cela pourra apporter quelque chose. Mon souhait est que mon Afrique vive et qu’il n’y ait que du bonheur.

On ne connait pas trop Mokobé comme acteur de cinéma et pourtant vous avez joué dans un film et aidé à écrire un essai. As-tu des projets pour faire carrière dans le cinéma?

Oui, j’ai participé au tournage d’un film français et j’ai aidé à écrire une pièce dénommée  “Il était une fois dans l’oued”.  Si L’occasion se présente pour une opportunité dans l’industrie cinématographique, cela ne me dérangerait pas, mais la musique reste toujours ma première priorité.

 Est ce qu’il y’a des domaines dans lesquels les Africains doivent travailler pour être plus compétitifs sur la scène internationale dans l’industrie de la musique ?

Je pense que les Africains progressent dans le domaine de la musique. Personnellement, je vis actuellement mon rêve, j’apprends et expérimente de nouvelles technologies et d’autres genres de musique. Je veux traverser les frontières avec ma musique. Je pense que les Africains doivent essayer de travailler beaucoup plus ensemble et montrer leur force et leur unité au niveau international. Le Mali est encore en retard sur les autres pays de la sous-région dans ce sens, mais j’ai foi que ça va aller.

Comment percevez-vous la candidature de Youssou Ndour à l’élection présidentielle au Sénégal ?

Sincèrement, j’ai été surpris. Mais je sais que You a de bonnes ambitions quant à la gestion de son pays. Donc, je ne peux que l’encourager tout en espérant que tout se passera bien pour lui. Il véhicule un bon message pour son pays, mais seulement, après la politique c’est souvent très compliqué.

Des élections sont également programmées au Mali en Avril prochain. Pour qui votera  Mokobé ?

Je suis pour la paix et j’espère que tout va se passer dans l’ordre et dans la transparence. Mon candidat sera le président élu (rires). Je sais que le Mali a toujours su montrer que nous  sommes un peuple de paix, soudé avec le sens du dialogue et du respect mutuel. Le Mali est une très grande famille.

Clarisse NJIKAM,  cnjikam2007@yahoo.fr

 

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