Lanfia Diabaté : «Je suis né djéli et je le resterai jusqu’à la fin de mes jours»

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Lanfia Diabaté
Lanfia Diabaté

Lanfia Diabaté fils de djéli Moussa Diabaté et Djonta Kouyaté, issu de cinq familles de griot dont Bintoula, Kanifila, Djetininla, Madila et Brehimala, nous vient de Kela (Kangaba) dans le Mandé. Entretien.

 

Qu’est-ce que le djeliya ?

Le djeliya, c’est un comportement. Le djéli est une personne qui est en lui-même l’incarnation de la culture et de la tradition. Il est le reflet de la société. Ce sont les djéli qui résolvaient tous les problèmes de la société ; ils étaient au début et à la fin de toute chose.

 

Avez-vous des albums sur le marché ?

Oui, mon premier album nommé «Badjourou», je l’ai fait avec Bouba Sacko (paix à son âme) et Djelimady Tounkara. Le second, c’était avec Mandekalou, un groupe d’artistes maliens et guinéens composés de Kassé Mady Diabaté, Kandia Kouyaté, Sékouba Bambino, Bako Dagno, Kerfala Kanté, Kiemogo Kondé… Je ne peux pas les citer tous. Mais bien avant, je faisais partie de l’orchestre «Rail band». Vu que ce groupe n’existe plus, je fais actuellement une carrière solo et en même temps des duos avec des artistes maliens et d’ailleurs.

 

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Mes inspirations ne sont rien d’autres que l’histoire, ma culture, ma tradition et ma religion, bref, le Mandé en général.

 

Quels sont vos projets pour cette mission si noble ?

Je suis né djéli et je le resterai jusqu’à la fin de ma vie. Mes projets, c’est être toujours ce que je suis et aider les autres à résoudre leurs problèmes c’est-à-dire accomplir ma mission ; créer un groupe pour aider les jeunes et sauvegarder la tradition mandingue. Mais malgré ma caste, je suis aussi cultivateur. Pendant l’hivernage, je cultive dans mon village natal et quand je suis invité à un concert ou à d’autres événements, je pars le faire. L’un n’empêche pas l’autre, donc, c’est pour vous dire que seul le travail paye.

 

Quels conseils avez-vous à donner aux jeunes ?

Bon, je demande aux jeunes de suivre les pas de nos ancêtres qui n’ont fait que leur devoir, de rester toujours eux-mêmes et d’être là quand on a besoin d’eux sans poser de condition. Pour moi, aujourd’hui, les jeunes ne voient que l’argent, alors que la dignité doit venir avant tout. Une fois de plus, soyez des messagers dignes du nom djéli et l’argent viendra après.

 

Avez-vous un autre mot ?

Je vous remercie de m’avoir donné cette occasion de m’exprimer. Pour  terminer, je demande aux Maliens de rester toujours soudés afin de bâtir notre Maliba.

Safiatou THIAM

 

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3 COMMENTAIRES

  1. Lanfia Diabaté : «Je suis né djéli et je le resterai jusqu’à la fin de mes jours». Merci Djéli Lanfia (frère cadet de Kassé Mady?): au moins toi tu ne renies pas tes origines! Les artistes en général et les “djeli” en particulier jouent un rôle inestimable dans la transmission de notre culture à travers des âges. 😉

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