Master Soumi Ă  propos de son nouveau single “L’heure est grave”

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“Je peux avoir peur de l’Etat Ă  cause de sa force mais cela ne doit pas m’empĂŞcher de dire ce que je vis”

Master Soumi
Master Soumi

L’agitateur des consciences nous remue, encore une fois, dans son nouveau single “L’heure est grave”. Chanson dans laquelle il aborde de nombreux sujets politiques, sociaux et culturels, allant de la confiance perdue du peuple Ă  l’Etat, en passant par la corruption, la libertĂ© de la presse et les problèmes liĂ©s Ă  l’attribution des 1552 logements sociaux. Dans l’exclusivitĂ© que l’artiste a bien voulu nous accorder, Master Soumi dĂ©balle tout. Interview.

L’IndĂ©pendant Week-end : Qu’est-ce qui vous a inspirĂ© dans la composition de “L’heure est grave” ?

Master Soumi : J’ai fait “L’heure est grave” compte-tenu de l’actualitĂ© au Mali. Le pays est dans le gouffre, voire au fond du puits, dans une insĂ©curitĂ© grandissante et dans un favoritisme surtout Ă  travers  l’attribution très rĂ©cente  des logements sociaux. A cela, s’ajoutent  la prĂ©caritĂ© de la vie et la confiance  perdue du citoyen vis-Ă -vis de la gouvernance actuelle. On est confrontĂ© Ă  plusieurs difficultĂ©s.

Ce single est-il la suite logique des autres sortis depuis le début de la crise?

Evidemment, oui. Depuis le dĂ©but de la crise, Ă  chaque trois mois, je fais un single sur la situation. Ce morceau est la suite logique de tous mes singles de 2012 Ă  nos jours. Au dĂ©but de la crise, j’avais fait une chanson “Aw bè nĂ´lĂ´” c’est-Ă -dire ” nous sommes tous responsables “. Imaginez  un militaire qui quitte de nulle part pour venir prendre le pouvoir sur une jakarta parce qu’on est restĂ© tous bouche-bĂ©e face Ă  la situation que le pays traversait Ă  l’Ă©poque.

On parle d’ATT, je dirai qu’ATT n’Ă©tait pas une personne mais un système. Et tous les Maliens, de façon directe ou indirecte, ont participĂ© Ă  ce système. Au moment oĂą l’opĂ©ration Serval intervenait au Mali, j’ai fait un autre single “SiniyĂ© kèlèyè” pour soutenir notre armĂ©e nationale.  Après, j’ai enregistrĂ© “Explique-moi ton Islam” pour m’adresser aux terroristes. Pour couronner le tout, j’ai fait “Palu gĂ©nĂ©ral” pour montrer la pauvretĂ© extrĂŞme qui s’est installĂ©e au Mali. Quand le nouveau prĂ©sident est venu au pouvoir, j’ai sorti “Faso Kunkan” avec l’achat de l’avion prĂ©sidentiel.

Pour moi, il Ă©tait inadmissible que le PrĂ©sident achète un avion tandis que le pays se trouve dans l’agonie.  Ce single a Ă©tĂ© suivi par “L’attentat dans ma poche”, un morceau qui parle de l’insĂ©curitĂ©. Donc, chaque fois qu’il y a une situation, je fais un single car ce sont des chansons qui ne peuvent pas attendre la sortie d’un album. Mon rĂ´le premier, c’est d’Ă©veiller les consciences. Donc je ne peux pas trop attendre la sortie d’un album pour dire tout cela. Je fais les singles en fonction de l’actualitĂ©.

Toujours avec un style engagé ?

Bien sĂ»r, j’ai optĂ© pour ça. J’ai dĂ©cidĂ© de faire la musique pour informer les gens, Ă©veiller les consciences, dĂ©noncer et apporter des solutions. Nous  artistes, nous avons envie de changer notre pays Ă  travers la musique qui est notre moyen de combat.

Vous n’avez pas peur d’ĂŞtre  très engagĂ©?

La peur est normale. Je ne peux pas dire que je n’ai pas peur de l’Etat. Je peux avoir peur de l’Etat Ă  cause de sa force mais cela ne doit pas m’empĂŞcher de dire ce que je vis et ce que le peuple subit. C’est mon quotidien et celui des Maliens que je raconte dans les chansons. D’ailleurs le pouvoir public peut s’en servir pour pouvoir amĂ©liorer les choses. Moi je pense que tous les artistes qui veulent dĂ©noncer une situation doivent bannir toute idĂ©e de peur.

Si nous nous taisons et nous continuons dans cette peur, elle va nous habiter et sera le moteur de notre vie. La peur ne peut pas et ne sera pas le moteur de ma vie. Je dois m’exprimer, je dois parler et j’ai optĂ© pour ça. J’ai dĂ©cidĂ© d’ĂŞtre la voix de ceux qui n’ont point de bouche. Avoir le micro dans les mains, c’est une très grande responsabilitĂ©. Sur une scène quand tu dis au public de lever la main, tout le monde s’exĂ©cute. Ce public te donne une Ă©nergie et en retour, tu dois lui donner quelque chose de constructif.

A chaque sortie  d’une nouvelle chanson, on constate que le public l’accueille Ă  bras ouverts et l’adopte facilement. Quel sentiment vous anime en voyant cela ?

Dieu merci, c’est une grâce. Cela me motive davantage mais je les exhorte Ă  ne pas seulement se limiter Ă  Ă©couter les chansons pour le simple plaisir, mais d’adopter des comportements conseillĂ©s dans mes chansons. Il nous faut un contrĂ´le citoyen au Mali.

Le citoyen doit ĂŞtre au cĹ“ur des dĂ©bats et montrer aux gouvernants qu’il est lĂ . Le PrĂ©sident, les dĂ©putĂ©s et les maires, c’est nous qui les mettons au pouvoir. Nous avons une part de responsabilitĂ© morale qui nous oblige Ă  avoir l’Ĺ“il sur leur gouvernance pour qu’ils ne se trompent pas. Car, un ĂŞtre humain n’est jamais parfait.

Quelle est votre actualité musicale ?

J’ai un nouvel album en vue, il est dĂ©jĂ  terminĂ© mais aucune date n’a Ă©tĂ© choisie pour sa sortie officielle. Mais nous comptons le faire probablement d’ici la fin de l’annĂ©e. Pour le moment, nous avons des dates en France et aux USA  dans plusieurs Etats avec les Maliens de la diaspora.

 

Entretien réalisé par Bandiougou DIABATE

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2 COMMENTAIRES

  1. vous tous qui ĂŞtes payer pour dire que du bien d’ibk, si vs croyez qu’on le sait pas!!!

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