Musique et ethnies au Mali : Richesses d’une diversité

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Musique et ethnies au Mali : Richesses d’une diversité

« Montres- moi comment tu danses, je te dirais qui tu es et d’où tu viens » Ce proverbe peut être inventé pour le Mali à cause de sa diversité et de sa richesse culturelles. Deux éléments perceptibles notamment au niveau de son patrimoine musical. On reconnaît, en effet, chaque ethnie par ses instruments et composition musicaux, son rythme, ses pas de danse.

De la même manière, on situe aisément la nature et le contenu d’un événement social par le genre de musique qui l’accompagne : les cérémonies marquant la naissance, la mort, les manifestations religieuses, le mariage se distinguent par le fond musical ou par les gestes et mouvements qu’ils engendrent. La musique intervient dans tous les domaines de la vie pour rythmer selon les circonstances.

Des spécialistes de la musique malienne comme le Docteur Salia Malé, ancien Coordinateur du Programme de Soutien aux Initiatives Décentralisées (PSIC) donnent les précisions suivantes :

Chez les Bamanan, il existe de grands ensembles instrumentaux :

  • les ensembles de 5 à 12 cors ou trompes (buru) faits de cornes d’antilopes, de bois ou de fer ;
  • les ensembles de harpes-luth (mpolon) joués seuls ou comprenant des xylophones (bala) et des tambours ;
  • les ensembles de tambours de différentes formes et de sonorités différentes ; des ensembles de 7 sifflets accompagnés de tambours.

 Joués uniquement par des hommes tous ces instruments peuvent être accompagnés d’autres instruments tels que les crécelles, les castagnettes métalliques etc.

La tradition musicale des malinkés est riche de 3 principaux instruments dont la réputation dépasse les frontières maliennes et africaines :

  • le tambour gobolet à une peau, jembé;
  • le petit xylophone, Balanin de 15 à 19 lamelles ;
  • la harpe chevalet à 21 cordes

A côté de ces principaux instruments, d’autres sont utilisés dans les milieux malinké : la harpe chevalier des chasseurs, sinbi ; la harpe à 3 cordes, m’bolon, les cors et sifflets.

Danse traditionnelle bobo 

La richesse du patrimoine culturel des Bwa se relève dans les pas de danse, les variétés chorégraphiques et gestuelles, les tenues ainsi que l’engagement dans la danse, une dans exécutée vigoureusement sans retenue du danseur. 2 instruments à 2 membranes chacun, damanu et i’izo, sont presque omniprésents dans les ensembles instrumentaux des bobos. Généralement joués ensemble, ces 2 instruments entrent dans la composition d’autres ensembles instrumentaux tels que les xylophones, cooza, à forme arquée, les cors, la harpe arguée et d’autres tambours plus longs.

Chez les peulhs, longtemps sédentarisés comme ceux du Wasulun, Ganadugu, Fuladugu, la tradition musicale est fortement influencée par celles des Malinké et Bamanan trouvés sur place. Ils utilisent surtout le tambour à une peau, jembé, la harpe luth servant à produire une musique propre aux chasseurs, donzo koni et une musique populaire de réjouissance, kamalen koni. Les peulhs du Macina utilisent des instruments légers : flûtes, violon luths etc plus adaptés à leur mode de vie transhumant.

Les Sénoufo et les Minianka partagent sensiblement la même culture linguistique et musicale. Les principaux instruments communs à ces 2 groupes sont le xylophone, les tambours à calebasse, les tambours à une peau avec de longues caisses de résonance en bois, la harpe-luth, des hochets de calebasse ou faits de Baobab, les sifflets.

Les Bozo qui vivent généralement au bord du fleuve Niger, de ses affluents et des lacs, ont pour instrument de musique des tambours. Les outils de pêche : harpons, filets, cordes à hameçon etc. constituent la toile de fond de musique toujours associée à l’eau.

La tradition musicale des Dogon est surtout riche en tambours : grands tambours, tambours en calebasse, tambours à aisselle joués par les hommes.

Chez les Khassonké, le matériel se compose de 2 grands tambours cylindriques à 2 peaux, un tambour à une peau reposant sur 3 à 4 longs pieds, les luths, les luths à 4 à 5 cordes, les tambours à aisselles, les clochettes et les raclettes métalliques.

Les principaux instruments de musique chez les Soninké sont le tambour à une peau reposant sur 4 pieds, le tambour de guerre, tabalé ; le tambour à aisselle, le luth à 3 ou 4 cordes. Ces instruments sont utilisés pour jouer plusieurs genres musicaux tels que la musique guerrière, la musique de travail, la musique d’amusement des jeunes filles au clair de lune.

Dans le nord du Mali, on remarque l’influence arabe sur la musique. Chez les Sonrhaï, Touareg, Maure, les principaux instruments de musique sont le violon, le zarkat ou emzad, des tambours ronds en poterie appelés kolo ; des tambours cylindriques à 2 peaux, la harpe à 3 cordes, téhardent ; le tambour-d’eau ; le tambour tende que la joueuse mouille de temps en temps pendant le jeu ; le tambour-cuvette à une peau, it-tabel ; la calebasse, la flûte traversière à 4 trous utilisée comme instrument d’accompagnement pendant les longs moments de la solitude. Ces instruments, joués seuls ou dans des ensembles, servent à produire plusieurs genres musicaux tels que Gao-Gao, Takamba, la musique thérapeutique, holley-horey et les musiques propres à certaines organisations professionnelles.

Abdrahamane Sacko

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