Musique : un festival et une journée pour célébrer le Jazz au Mali

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Le Mali a célébré la Journée internationale du Jazz le samedi 30 avril 2016 à l’Espace Culturel Passerelle (ECP) de Missabougou dont la promotrice n’est que la star internationale Rokia Traoré. Cette célébration cadrait aussi avec la 6e édition du Jazz Koum Ben Festival (JKB Festival) prévue du 29 avril au 7 mai 2016. Les mélomanes passionnés de jazz se donnent ainsi rendez-vous à l’Institut français de Bamako (IFM) et à l’Espace Culturel Passerelle (ECP) de Rokia Traoré à Missabougou pour savourer ces mélodies enchanteresses.

«Le jazz a rythmé le mouvement pour les droits civiques aux Etats-Unis et demeure une source d’inspiration pour des millions de personnes qui, à travers le monde, aspirent à la liberté et luttent pour le respect et la dignité humaine» ! Telle est la quintessence du message de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), à l’occasion de l’édition 2016 de la Journée internationale du jazz célébrée le 30 avril dans le monde.

Au Mali, la célébration a été couplée avec l’ouverture de l’Espace Culturel Passerelle de Rokia Traoré qui a abrité les manifestations à Missabougou (Bamako). C’était le samedi dernier, 30 avril 2016. Sur la scène de ce nouvel espace dédié à la promotion artistique, singulièrement à la musique, des têtes d’affiche et des espoirs se sont succédé au grand bonheur des mélomanes. Amanar de Kidal, Kassé Mady Diabaté, Lansana Diabaté, Djélimady Tounkara, Badjè Tounkara, Pamela Badjogo, Naba Aminata Traoré Touré, et bien sûr Rokia Traoré, étaient programmés pour inaugurer l’ECP et célébrer la journée internationale du jazz.

Ce choix de l’Unesco de fêter ce courant musical universel s’explique par le fait que «le jazz est un vecteur de liberté d’expression et un symbole d’unité et de paix». C’est un courant musical qui «brise les barrières et crée des opportunités pour la compréhension mutuelle et la tolérance ; réduit les tensions entre les individus, groupes et communautés», explique un document de l’Unesco. Sans compter que le jazz «favorise l’égalité des sexes, renforce le rôle des jeunes pour le changement social ; encourage l’innovation artistique, l’improvisation, de nouvelles formes d’expression, et l’intégration de formes musicales traditionnelles dans de nouvelles ; stimule le dialogue interculturel et valorise les jeunes issus de milieux marginaux».

«Le jazz est bien plus que de la musique. C’est un message universel de paix, l’alliance harmonieuse d’un rythme et d’une signification qui porte des valeurs chères à chacune et à chacun et offre de précieuses perspectives de compréhension mutuelle, à travers l’écoute, le jeu et l’improvisation», a déclaré Mme Bokova dans un message rendu public le 30 avril dernier. Elle y souligne que le jazz illustre «la capacité de la musique à consolider la paix et à rassembler les individus de toutes cultures et de tous horizons». «L’histoire du jazz puise ses racines dans la rencontre des peuples et des cultures d’Afrique, d’Europe et des Caraïbes», a rappelé la Directrice générale de l’Unesco. Et ce n’est pas un hasard si la Journée internationale du jazz est célébrée cette année à Washington, capitale fédérale des Etats-Unis et ville natale du musicien et compositeur de Jazz Duke Ellington.

À l’invitation du président Barack Obama, et de la Première Dame Michelle Obama, un concert a été organisé vendredi soir (29 avril 2016) pour l’occasion. Un événement qui a rassemblé de nombreuses stars du jazz à la Maison Blanche, dont le pianiste et compositeur de jazz Herbie Hancock, mais également Sting, Aretha Franklin, Hugh Masekela, Chick Corea, Wayne Shorter et Pat Metheny. «Après avoir sillonné la planète, le jazz est de retour chez lui», a déclaré pour la circonstance Mme Irina Bokova. La Directrice générale a indiqué que ce concert a marqué le lancement d’une série de célébrations dans plus d’une centaine de villes à travers le monde, dont Bamako, démontrant une nouvelle fois «le pouvoir qu’a le jazz de réunir l’humanité tout entière».

La Fondation Passerelle de Rokia Traoré s’est donc joint à la fête en collaboration avec le bureau Unesco au Mali, l’Institut français du Mali (IFM) et l’Association Nyon Kon Koum Ben (NKKB) de Mme Zoé Dembélé, qui est l’initiatrice du Jazz Koum Ben Festival (JKBF) prévue du 29 avril au 7 mai 2016.  Inauguré le 30 avril dernier, l’ECP va abriter d’autres spectacles dans le cadre de ce festival comme le très attendu concert de «The Kutimangoes» (Danemark) et «Bamako Quintet» vendredi prochain (6 mai 2016). L’Ensemble Konoya sera aussi à l’affiche. Après leur concert à l’édition 2016 du Festival «Jazz à Ouaga» (Ouagadougou, Burkina Faso), le directeur artistique, Abdoulaye Diallo, a défini la musique des Danois de «The Kutimangoes» comme «une combinaison rare et très réussie de musiques européenne et africaine. C’est Formidable». Ce premier séjour en terre malienne est donc un grand rendez-vous musical à ne pas rater pour les mélomanes, surtout les fans du Jazz à Bamako, au Mali !

Moussa BOLLY

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